Bienvenue dans le Sanctuaire virtuel de la Déesse irlandaise

Archives de décembre, 2010

Un avant-goût

Juste pour vous donner une idée de tout ce qui se trame ici malgré mon silence profond par moments.

Articles en cours d’écriture :

Probablement que tout sera d’ailleurs passé sur l’égide « Les visages de Morrigan »
– Morrigan et la Musique
– Morrigan et la Silence (fait)
– Morrigan et Avalon (fait)
– Morrigan et le Sombre
– Morrigan la shifteuse (peut-être que les deux seront liés)
– Morrigan, une mère ?

Autres :

– voir le sujet memo pour toutes les autres recherches parallèles.

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Morrigan et la Neige

Un point récent avec la météo française exécrable, je m’interroge….

Morrigan n’est pas une déesse nordique, bien celtique, alors l’association possible avec la neige ne m’était jamais venue à l’esprit. Dans les îles britanniques, pouvait-il y avoir beaucoup de neige ? ou de la neige tout court ? Et en Europe  de l’Ouest chez nous ? Je ne crois pas avoir non plus croisé d’allusion à ce sujet dans les textes…. Et pourtant depuis quelques semaines ça m’apparaît comme logique.

– La Saison : Morrigan est plus présente en hiver, et on l’associe aussi à la Cailleach, figure de la Crone et de l’hiver. L’analogie semble tout à fait possible. Maintenant j’ai également posté mon message sur Morrigan et les saisons que l’hiver était une des saisons les plus importantes de Morrigan en terme d’énergies et de présence (à cause des thèmes, de la végétation etc). Et puis hier, en discutant avec Eilean justement, j’apprends que dans l’Est on dit parfois que les corneilles peuvent annoncer la venue de la neige. Et cette année, cela a été particulièrement remarquable, je suis venue exactement à ce moment précis ! Les corneilles messagères de la Morrigan, aussi messagères de la neige. C’était trop important pour ne pas être noté, sachant que sur place j’ai eu un ressenti très fort, ça part d’un vécu intérieur et pas d’un lien intellectuel.

J’aimerais donc bien creuser le sujet par curiosité. En tout cas ça méritait un tout petit article pour lancer une piste.

[Mise à jour]

Je me disais bien que j’avais oublié les pistes qui m’étaient venues en tête dans le train. Voici d’autres liens entre Morrigan et la Neige :

– Le Mystère : que l’on habite ou pas en altitude, la neige possède un pouvoir de fascination sur l’homme. Nous avons tendance à percevoir quelque chose de mystérieux, de caché, d’inexpliqué…. Voir de l’invisible et de féérique. Pour moi c’est tout à fait similaire à l’attitude que nous pouvons avoir face à Morrigan, qui reste seulement partiellement connue ou visible, toujours cachée sous son voile ou sa cap, pleine de secrets.

– Le Silence : tout le monde je pense l’aura remarqué au moins une fois dans sa vie, lorsque la neige tombe ou lorsqu’elle est tombée en abondance, le monde s’arrête et tout est silencieux. On n’entend plus les voitures, le chant des oiseaux, le bruit du vent…. Plus rien. On est dans une atmosphère confinée, comme une bulle (renforcée par la ciel bas), et étouffée, comme si la neige agissait comme un absorbeur de bruit. Or Morrigan est vraiment une divinité avare de paroles, je souhaitais justement écrire un article à ce sujet. Elle est très souvent immobile, comme la neige, et muette.

Voilà les pistes supplémentaires.


Morrigan et les saisons

Un petit sujet qui m’est venu en traversant le pays sous la neige.


Quelle est la présence et le rôle de Morrigan selon les saisons ? Il est clair que ces saisons de prédilections restent incontestablement l’automne et l’hiver. Néanmoins les Dieux sont présents en tout temps, et leur énergie se fait sentir différemment selon la Roue.

Automne

Remarquez que je place l’automne un peu différemment que les dates « officielles » et séculaires. Selon les celtes, elles étaient légèrement décalées, car par exemple, Beltane célèbre le début de l’été (et non pas à Litha, qui n’est le pic, le début du déclin).  L’automne ne commence donc pas seulement à Mabon pour moi, il y a quelque chose dans l’air avant, à la fin de l’été (séculaire), en août, début septembre.

La lumière commence à décliner avant l’automne, néanmoins, l’automne a une qualité particulière qui nous plonge un peu plus vers la fin de l’année, et vers la période sombre. Ce point, cette extrémité, est en soi intéressante vis à vis de Morrigan, qui règne sur les transformations et la mort (entre autres). Le Sombre, ai-je encore besoin d’expliquer ? C’est une plongée progressive vers la dominante de Morrigan donc (sombre), et vers ce qui est caché, notre conscient. Moment très propice aux dédications à cette Déesse, et aux étapes d’initiation. C’est aussi le début de la période d’introspection, de repli, doux au rafraîchissement, à l’humidité, et au sombre.

Hiver

L’hiver commence pour moi un peu après Samhain, je dirais en fait à la pleine lune du mois de Novembre (dite Lune de Glace il me semble justement).

L’hiver est une période particulièrement propre à l’introspection lourde, à la remise en question, au travail sur soi, le propre de Morrigan qui nous fait affronter nos faces sombres. C’est également une phase de repli sur soi, d’immobilité volontaire pour économiser son énergie. Morrigan se manifeste plus discrètement qu’en automne, mais on la sent présente partout, même quand on ne la voit pas. C’est le temps des évolutions et des choses sous-jacentes, souterraines. J’associe tout à fait Morrigan au froid, puisqu’elle est une Déesse chthonienne, et même plus particulièrement, souterraine (si vous avez déjà visité des mines, des grottes souterraines, vous savez bien qu’il y a fait froid).

L’allongement de la durée des nuits est aussi importante : Morrigan peut rôder de plus en plus souvent sur la Terre….

Voir aussi le post sur la Neige.

Printemps

A venir, je verrais ça en 2011. Mais pour l’instant je visualise l’aspect renaissance, lié à Morrigan, sa puissance de transformation. Après une croissance souterraine, une gestation, on éclot.

Été

Là je vois encore moins pour l’instant… Rendez-vous cet été !

Ceci reste un aperçu bref, pour aller plus loin, il faut se pencher sur toute la Roue de l’Année. Et c’est mon but en créant de toute pièce un bréviaire.


Mistress of the Night

Morrigan par Eyne81

Merci à Sarasvatya pour sa contribution.


La puissance de Morrigan, l’essence de la vie

Un magnifique témoignage de Sylvia qu’il m’est impossible de commenter tellement un est intense et profond…

Morrigan m’a approchée plusieurs fois dans ma vie sans que je la reconnaisse mais en me laissant toujours de très fortes impressions. Ces souvenirs remontent à ma mémoire peu à peu depuis que je suis entrée dans l’Antre et ils me donnent l’intime conviction qu’à chaque fois c’était Elle.
Je crois qu’elle a commencé à se manifester à moi lorsque j’attendais mon fils il y a 17 ans.
Pendant ma grossesse très heureuse, j’ai pris conscience du caractère mystérieux et sacré de la vie et de la mort. J’ai senti s’éveiller en moi une puissance ancestrale qui me dépassait totalement. Mais peu avant la naissance j’ai eu des problèmes de santé assez sérieux qui ont beaucoup compliqué la mise au monde de mon enfant et m’ont plongée ensuite dans un énorme baby blues.
Enfermée dans ma chambre d’hôpital, seule avec mon bébé, j’ai senti pendant plusieurs jours l’ombre de la mort planer sur moi et un sentiment très fort que la vie me quittait entre ces 4 murs dont je ne pouvais sortir. Mon bébé serré contre moi je fixais sans cesse le carré de ciel par la fenêtre en pleurant toutes les larmes de mon corps.
Nous étions en décembre, c’était un ciel gris et neigeux assez morne sans aucun intérêt et pourtant je ne le quittais pas des yeux et cela m’apaisait. Et puis un jour mon carré de ciel s’est soudain animé, des dizaines de corbeaux noirs étincelants ont surgi et ne sont plus repartis. Jour après jour, ils m’ont redonné foi en la vie juste en les regardant déployer leurs ailes sombres en d’incessants ballets. Les corbeaux m’ont dit qu’en donnant la vie j’avais touché la mort du doigt mais seulement touché et que j’allais m’en sortir. Quelques jours plus tard je sortais de l’hôpital, très faible encore mais hors de danger, serrant sur mon cœur mon adorable nourrisson et fière, extraordinairement fière d’avoir gagné!
La Vie, la Mort, lorsque Morrigane nous approche ces mots prennent un sens profond, effrayant, ils nous placent au cœur des choses, on ne peut plus ni tricher ni fuir, on ne peut qu’accepter l’épreuve qu’Elle nous envoie et plonger dans la bataille.
Je te vénère O Morrigane dans ce temple qui t’est dédié.


Le trouble des Déesses patronnes identiques

Je me rappelle avoir répondu à plusieurs personnes sur des forums différents à des questions sur ce sujet. Il n’est pas rare que des personnes soient troublées, voire très troublées, d’avoir la même Déesse patronne que d’autres. La rapport peut être si spécial, si intense, que les païens n’imaginent pas que la Déesse puisse parler à d’autres…. et quand on s’ouvre sur le sujet, ça mène souvent à de grosses surprises. Je pense que c’est dû à plusieurs raisons, que j’expose ici, comme je l’avais promis il y a probablement déjà un mois (ou deux?).

– L’isolement : dans le rapport aux Dieux, même si beaucoup vivent par procuration, on apprend globalement seul, on n’expérimente seul, sans références extérieures. C’est une force, mais cela provoque aussi des surprises quand on explore sur le net justement : d’autres décrivent, semble-t-il, les mêmes choses que nous, avec la même divinité, les mêmes ressentis etc…. On peut être parfois ravi, et mais au départ souvent on manque de distance et réagir de façon étrange : la solitude peut nourrir quelques illusions. =>

– Il y a en effet des confusions sur l’idée de déesse patronne. Je pense que dans les faits, au fond de soi on est toujours conscient de la réalité, mais en surface on se fourvoie. Le Dieu patron, comme tous les Dieux d’ailleurs, ne s’occupera jamais uniquement d’une personne, de vous. Et il peut également nourrir des relations très spéciales avec tout un chacun. L’isolement renforce souvent ce point trouble, et crée une fort sentiment de possessivité. [Mon expérience est différent personnellement : je n’ai jamais considérée Morrigan comme une déesse patronne, seulement un Guide, un Dieu qui voulait lier des liens particuliers avec moi. J’ai répondu à son appel, je ne me suis pas posée de question, et je n’ai pas voulu mettre un mot. Je considère que tous les Dieux peuvent faire de même, et que ça pourrait m’arriver demain.]

– Le manque de confiance en soi. Tellement laissé de côté, mais je pense que c’est un des critères les plus importants ! Et pourtant c’est probablement aussi un des réflexes n°1. Ça se mélange avec la possessivité :  la personne se sent plus forte d’être intimement liée à un Dieu, ou de s’y être dédié. Mais lorsqu’elle se heurte à l’altérité, un autre qui est dans un cas similaire, elle se sent… trahie, dépossédée. Elle se pensait différente et se retrouve alors banale. En réalité elle n’a pas confiance en elle et n’est donc pas capable de voir nos singularités propres.

Quelques petites précisons (rappels) importantes :

– La relation de chaque Dieu à chaque croyant est unique, car les Dieux sont trop complexes, et nous sommes multiples, tous uniques. Donc même si plusieurs personnes ont la même divinité patronne, cela reste des relations différentes et uniques pour chacun.

– De même pour les « prêtresses » et « apprenties prêtresses » : elles sont toutes uniques dans leur personnalité comme dans l’exercice de leur foi. Même si deux prêtresses qui se spécialisent sur une seule Déesse choisissent la même, elles auront des rapports différents à cette Déesse, et elles auront une « médecine » (des centres de pratique) différentes, sans parler de leur façon de procéder.

Voilà mes pistes de réflexions.