Panorama

Ajout d’une catégorie supplémentaire car je ne pouvais pas poster cet article dans la partie qui concerne mes études personnelles. Surtout avec un tel article !! Flidais Airmeith m’a autorisée à poster ici son texte sur Morrigan, originellement écrit pour Amma Dea. C’est un des rares articles complets que j’ai trouvés, et il a la particularité étrange d’avoir recoupé tout mon travail effectué ici… Alors pourquoi s’en priver ? Et même si c’était une vision différente, autant confronter ici les points de vue pour enrichir.

*****

S’approcher de La Morrighane

À défaut de pouvoir l’apprivoiser, voici quelques petites choses, qui pourront nous en rapprocher. Car elle est dépeinte comme tantôt une horrible femme colérique, ensuite comme une créature diabolique aux mœurs légères. Car elle fait peur ou qu’elle semble difficile à comprendre ou approcher… Alors voilà quelques bribes sur, comment JE La vois.

L’Arbre de la Morrighane

Près d’un arbre mort
Est agenouillée la Fille du Nord.
Priant silencieusement,
Étreignant le tronc inerte, pieusement.

L’une de ses joues
Posée sur la chair rêche,
Et sur l’autre exposée au soleil,
Roule une larme cristalline.

Sa longue cape noire,
La couvre en entier,
Se répandant sur la Terre,
Comme une main noire.

De tristesse, point de reflet.
Simplement un émoi,
Qui surgit plus grand que soi.
Elle repose son âme,

Aux côtés de celui qui fut.
Elle entend encore son chant silencieux,
Quand le Vent par ses pores béants
Laisse filtrer le souffle des souvenirs.

Car le Vent chantant
Est aussi grand conteur…
Le soleil filtre lui aussi,
Au travers de la chair craquelée.

Réchauffant le corps sans Vie.
Crochu et fièrement dressé,
Dans la Forêt de nulle part,
L’arbre mort tend les bras au ciel
Et au-delà de la Mort,

Ses racines plongent encore dans la Mère.
Dans son visage figé et tordu,
La Fille du Nord a vu,
Le signe de la Dame Noire.

Elle s’est inclinée, puis abandonnée.
Les genoux dans la neige
Lui chauffant les chairs
Comme un feu blanc.

Quand elle ouvrira les yeux,
Sur une branche au-dessus de sa tête,
Elle verra un corbeau de jais.
Et elle comprendra…

Voilà ce qu’à vu ce matin,
Une fée sur la route des perces-neige.

21 décembre 2004.

Ce poème illustre d’une manière simple et parfaite pour moi, comment La Morrighane peut se présenter à nous. Outre que dans un rêve ou lors d’une méditation alliée à une visualisation, outre qu’en « flash ». Elle est pour moi, une Divine, qui enseigne beaucoup, quand elle va à la rencontre d’un être vivant. Tour à tour jeune, séduisante et d’une sexualité assumée et vieille, ténébreuse et grondante… Elle est puissante guerrière et magicienne, elle est femme qui se donne (corps-sexualité-Vie)) et prends ( âme-Vie). Elle est celle qui change de forme (louve, vache,corbeau, guerrier,vipère,anguille) sur les champs de bataille, entre autre, Elle est orgueilleuse et colérique. Elle est l’amante libre, mais jamais libertine; elle est profondeur de ténèbres, profondeur du cœur de la Terre. Elle est le pont qui fait traverser les âmes du monde des vivants à celui des morts. Cela fait peur et pourtant, à quelque part, c’est comme si en venant nous chercher, elle nous tendait la main pour nous conduire à nouveau dans le Ventre de la Mère. Il y a rien là de hideux ou de démoniaque; ce n’est que Naturel. Elle est tour à tour désirable et repoussante. Si elle était femme, je dirais que c’est une femme qui a du tempérament; qui a du chien!

Elle est rouge et noire, comme la nuit, le sang, la mort, la terre. Les Dieux meurent en elle de la petite mort commune aux hommes… Nous mourons tous par elle… Elle est femme sacrée par qui l’être ou la Vie se transforme pour voyager vers la Mort. Une mort physique ou une autre forme de mort parfois.

Déesse et Reine… Reine des fantômes, des spectres et des esprits. Reine de la Grande et Longue Nuit Noire… celle dans laquelle tout les mondes plongent à Samhain quand le temps est suspendu. Quand l’hiver arrive, froid comme la Mort, et que s’allonge la Longue Nuit pour que naissent les rêves nourriciers. Reine des Lunes Noires, où elle est si présente, car elle est fin et commencement… Déesse de tout ce qui retourne dans les chairs sombres de la Terre pour mieux renaître. Elle arrive et la mort la suit! Les feuilles tombent sur son passage, et le vent hurle douloureusement… Elle porte la Mort comme un fardeau ( deuil et chagrin des vivants) ou un cadeau ( renaissance, régénération).

On pourrait dire d’Elle, qu’Elle est dure, exigeante, dangereuse et implacable. Mais ne pourrait-on pas en dire autant de la Vie, d’un certain angle? Elle est la Mort au cœur de la Vie. Les deux sont liées dans le Grand Cercle. Elle fait ce qui doit être fait, quitte à en paraître cruelle, pour celui qui ne regarde que d’un œil aveugle. Elle est vérité insoutenable, aussi Elle ne vous leurrera jamais. Sa justice est tranchante comme la faucille sacrée, mais elle est équilibrée. Elle est fracassante, dans sa vérité, ses combats et ses amours. Pourtant elel peut-être silencieuse, voyageant sans traces et sans bruits…
Elle est courage et sans pitié, elle insuffle aux siens du courage et à leurs ennemis, la peur. Elle est donc protectrice aussi, Protégeant sa Terre et les siens. Sa protection est grand eet devant Elle, l’ennemi tourne les talons. Ce qu’elle donne ou accorde, on le lui rendra tout au tard; c’est Sa justice, son équité; le don et le contre-don. Elle est aussi mort tendresse et respectueuse, quant elle lave les corps et les armures des corps ensanglantés de ceux tombés au combat.

Elle enseigne si bien comment apprivoiser la Mort… Comment s,en approcher sans tomber dans la peur ou la fascination. Elle exprime aussi si bien, toute la colère qui brûle au fond de soi ,mais que l’on doit occulter. Elle nous montre qu’on a le droit et qu’on doit, vivre sainement nos colères. Pour ne pas qu’elles blessent en explosant ou qu’elles n’empoisonnent. La colère est laide mais, présente et il faut apprendre à la gérer, à vivre avec le mieux possible. Idem avec la Mort. C’est se donner le droit de crier, c’est s’assumer et être libre, et fort de ce fait. Elle incarne à l’extrême l’esprit de la colère, mais elle est de nature divine, ne l’oublions pas. Avec sagesse et bon sens (un peu de jugeote) elle nous trace l’un des chemins qui nous permet d’être complet et bien avec toutes nos facettes. Elle ne se cache pas; elle vit à fond ses états dans toutes leurs teintes. Cette Déesse forte, libre et assumée, presque rebelle, ne répondra pas aux esprits fourbes. Si elle le fait, elle leur enseignera par une inoubliable leçon. On ne joue ni ne triche avec Elle.

Elle est illusionniste et prophétesse; elle annonce la mort et la porte en Elle. Elle tient les lignes de nos mains, dans les siennes… Elle se transforme et fait jaillir le feu. Elle assourdit de son chant qui rend fou; un chant strident ou un hurlement insoutenable. Prenant son visage hideux : celui qu’on lui connaît le mieux. Elle se métamorphose et se dissimule. C’est méconnu, mais Elle est aussi Barde à ses heures… Versée dans la satyre, elle connaît l’Art des vers prophétiques, se spécialisant dans ceux à saveur dramatique. Comment peut-il en être autrement quand on porte la Mort sur nos épaules, dans nos bras et dans nos mains? Mort libératrice, mort salvatrice mort vers la renaissance, mais mort tout de même. C’est en vers qu’elle déclare ses malédictions et ses prophéties, avec un talent sans égal. Sa poésie est tour à tour, poignante et lourde. Elle peut vous glacer le sang ou vous offusquer; versant aussi dams l’ironie et le cynisme grinçants et intelligents. Quand elle se moque, usant des mots pour vous enfoncer doutes et mots-lames dans le cœur et l’esprit. Dans la bataille, elle peut donc se battre, mais elle peut aussi engager une joute de mots, et d’incantations… Elle y excelle et elle est dangereusement habile… Ces mots sont des couteaux ou des plumes noires… Lourds ou légers… Ils ne laissent jamais indifférents, et elle ne déclame jamais pour rien… Ses mots peuvent êtres destructeurs, forts et meurtriers… Sa langue peut-être celle d’un vipère à l’esprit vif et brillant… Elle assène de grands coups à coups de mots…

Belle? Laide? Les deux… dans sa fureur, elle est le visage de la colère… de la rage même… Cheveux hirsutes ( noirs et rouges), yeux blancs striés de rouge, crocs et griffes sortis… Hideuse Elle est alors… Effrayante et même repoussante. Grande Reine et porteuse de Mort, elle est froide, et intouchable, d’une beauté peu commune, que tous ne peuvent apprécier… Amante, elle a la beauté d’une femme fauve, libre et sauvage… Noirs sont ses yeux et ses cheveux, sa peau est tantôt blanche, car elle est Reine de la Nuit… Blanche et pâle comme la Lune, soleil de ses nuits… blanche et froide, à l’image des spectres dont elle est la Reine… Amante, elle est celle qui erre sous le soleil, la peau brune, une beauté indisciplinée et désordonnée… Elle est celle qui est désirable, jeune ou moins jeune… Elle n’a pas d’âge, et au fond, qui peut se vanter d’avoir contempler son vrai visage?

Celle qui livra bataille à Cuchulainn après avoir tenté de le séduire, celle qui se fait l’amante de Dagda dans le lit de la rivière Boyne sous les étoiles. Celle que l’on représente par trois corneille ou trois corbeau, demeure un profond et noir mystère de visage…

La Fille d’Ernwas des Tuatha de Danann , est celle qui est invoquée par des croassements. On dit des morts tombés au combat, qu’ils sont les « glands de Morrigane ».

Morrighane et les éléments ?

Pour moi, elle est très « Terre »… cette terre fertile, qui donne Vie par l’accouplement… Celle qui la reprend, et l’emporte vers la Terre profonde, en dessous … Déesse de la Mort, de la Fertilité-sexualité… Telle la Terre, Divine Mère…
Pourtant, elle est aussi Air… cet air qui porte le Corbeau, qui danse avec la Corneille… Ce souffle qu’Elle insuffle aux combattants devant l’ennemi… L’Air du courage sans peurs, ou de la couardise terrible, pour les ennemis… Souffle de Mort, souffle de Vie… Le souffle de Morrighane… Ses ailes noires portées par le Vent furieux et caressant. Corneille perchée sur la tête sans vie de Cuchulainn…

Qui pourrait douter qu’elle soit Feu aussi ? Le Feu rouge de sa furie, de ses emportements, du sang et de ses cheveux… Feu rouge de la vache rouge… Feu sacré… Feu dévastateur qui détruit, mais permet de tout recommencer… Feu de guerre, feu de camp, feu de passion et de colère.

Et l’Eau ? Oui, l’Eau ! Morrighane est aussi l’eau… l’eau dans laquelle elle fait tomber Cuchulainn en anguille ( ou vipère)… L’eau dans laquelle elle lave corps et armures des guerrier tombés au combat… Rivière dans le lit de laquelle elle reçoit en Elle le Dagda… Eau féminine, fertile, eau purifiante, qui nettoie, lave…

Et que dire de la Brume ? Prophétesse, magicienne, Dam d’Avalon … Elle est illusionniste, elle possède la Brume, s’en drape dignement… Y fait voyager les morts, l’espace d’un moment indéfini… Insaisissable brume, mystérieuse Louve Grise qui nargue…la Vie… telle la Morrighane.

Elle brûle d’un feu rouge dévastateur… un feu sacré… un feu à la fumée noire, tel une brume noire… Feu purificateur, feu libérateur, feu magique, feu qui détruit mais permet la renaissance… Elle est la Mort au Cœur de la Vie…

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~ par Valiel Elentári sur janvier 6, 2011.

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