Bienvenue dans le Sanctuaire virtuel de la Déesse irlandaise

Archives de mai, 2014

The Phantom Queen, reine de guerre

 

the_phantom_queen_by_nymonyrya-d782o06The Phantom Queen by Barbora Stratilova

Publicités

Morrigu

morrigu_by_pearl_of_light-d6uiaw9Morrigu par Katerina Poliakova


Souveraineté

Corneille, épée et souverainetéStark Sword by dashinvaine (Deviantart.com)

Roi et Reine réunis
Épées brandies

Engagements pris
Et seuil franchi…

Onde de choc inouïe
Sens du devoir qui œuvre, s’accomplit

Auprès de nous ta force, ô Morrigani.
Ton désir de règne demeure en nous inassouvi !

Honneur à toi Dame Elentári !
Gloire à toi, Grande Reine, dans l’infini !

Llyriann Taliesin


Méditation du 24/05/14 : la Colère

Il existe de très nombreux types de colère, dans sa nature et son intensité.

Quand j’ai commencé à travailler avec Morrigan, c’était un des points que je redoutais, car je ne me sentais pas prête… affronter la colère sourde, toutes les colères que j’avais refoulées… Mais je savais que cela viendra, je pensais même que ça serait la première chosee que j’allais devoir travailler. Et finalement non. Cette colère-là était toute personnelle, transformée et engluée par des années de silence, par un mouvement contre-nature de répression. Je me demandais comment allait se produire la remontée, le jour où j’allais soulever le couvercle de cette cocotte minute.

Aujourd’hui j’ai reçu un test, une énergie différente, un déclic. Ou la 3e onde d’une immense déflagration. Et je crois que le couvercle est ouvert désormai, contre toute attente. Sauf qu’au lieu d’avoir vu une énergie que je pensais venir de l’extérieur, des autres, des choses que l’on m’avait faites, je n’y ai vu qu’un miroir. Un visage tellement différent que je ne l’ai pas reconnu… Je me suis vue. J’ai vu toutes les choses que je me suis faite. Les violences pour me taire, pour m’écraser…. et les choses que j’ai laissées qu’on me fasse, que j’ai acceptées.

Aujourd’hui, j’ai découvert un nouveau visage de la colère : la fureur sacrée. Une fureur immense, qui me dépasse et qui m’emplit, et qui prend sa source dans autre chose…. que je n’identifie pas encore bien. Dans la terre ? La Terre… et/ou un archétype. Une colère qui émerge de l’injuste, d’une faute commise, et qui demande réparation, qui demande que je hurle pour dire non, pour dire stop. Une faute grave commise à l’encontre de ma souveraineté, de l’archétype lui-même. Une faute qui déclenche un cri guerrier, et qui fait prendre les armes au cas où il faudra se battre. La vraie et la seule guerre qui existe : la guerre pour le juste.


La puissance des serments

Voici une idée (présentée à la fin), détournée par une digression sur mon expérience des serments.

(c) Brian Froud

On me dit souvent que je suis très exigeante vis à vis des autres, mais je le suis d’abord avec moi-même. J’ai toujours été quelqu’un d’entier et de très « littéral ». Je possède cet esprit carré qui ne comprend pas l’inconstance et la non responsabilité. Quand rien n’engage obligatoirement les gens et qu’ils décident de dire, de proposer quelque chose, ne pas s’y tenir est déboussolant. C’est comme une case manquante dans mon cerveau, un vide, et je ne peux pas concevoir cette chose / action. Si on ne peut pas tenir quelque chose… pourquoi s’y être engagé ? Puisque rien ne nous y obligeait, pourquoi ne pas avoir pris une précaution (un « peut-être » ou un « je ferai mon possible » par exemple, qui laissent une ouverture) qui n’est pas simplement rhétorique ?

Pour toutes ces raisons, quand il s’agit de spiritualité, je suis encore plus exigeante. Un serment de type spirituel prend selon moi une charge supplémentaire car il est sacré, il engage encore plus mon âme par sa nature. Toute parole engagée dans la vie courante peut porter du sacré, mais lorsque le cadre spirituel se superpose, ça décuple je crois, par tous les niveaux impliqués imbriqués. Le fait que je travaille avec la Morrigan principalement a à la fois éclairé cette tendance que j’avais, mais l’a aussi renforcée. Plus j’avance, et plus j’intègre au quotidien, à chaque instant, cet idéal de droiture et de justice. Je suis tenue de l’incarner en fait. Cela touche les actes aussi bien que les paroles, et récemment principalement la parole. Bien souvent au quotidien il ne s’agit pas d’être courageux et de se jeter dans une mêlée. On fait aussi preuve de courage en prenant la parole en public, en exprimant une opinion à part, en défendant une idée… Et elle peut clairement prendre alors une coloration sacrée dans cette recherche de la Justice. Et pourtant, ça n’est « juste » qu’une parole, et pas encore un serment. Vous voyez probablement mieux maintenant la nuance que je fais, et pourquoi je prends autant de précaution avec les serments.

Quand je fais un serment devant les Dieux, bien que cela soit peut-être parfois de l’auto-dénigrement aussi (j’y travaille), je choisis toujours avec énormément de prudence mes mots, pour qu’ils soient « petits » : dans le contenu à mettre en actes, dans la durée, etc, je préfère commencer très bas pour être sûre de pouvoir remplir mon serment, quitte à le renouveler plus tard ou à le modifier. Mais toujours, partir du bas vers le haut. C’est comme ça qu’on avance, c’est progressif, comme de faire pas à pas. Prenons un contre-exemple : le jour où j’ai lancé ce sanctuaire, j’avais à la fois une certaine inconscience de ce que cela pouvait représenter (les implications) et une grande peur floue : la formulation de mon serment était trop floue justement, je n’avais pas de visibilité, mais j’avais déjà prêté / juré. Le noeud problématique principal était la durée de mon engagement, je n’avais pas défini des bornes claires. Est-ce que l’ouverture de la formulation me permettrait de le fermer à tout moment, ou bien est-ce que cela m’engageait sur une vie entière ? Un site, un partage personnel, fluctuent énormément dans le temps, selon que l’on peut accorder à nos recherches et pratiques personnelles, et aussi (surtout?) à l’écriture. Se rajoutent à cela les épreuves de vie, qui parfois chamboulent tout et nous éloignent. Comme rien n’existait de semblable à l’époque (en français), je m’étais dit que toutes recherches ne seraient-ce que compilées pour les autres trouveraient des intéressés. Animer le blog me passerait jouable. Mais au-delà ? Aucune visibilité. Un an c’est déjà beaucoup, se représenter, deux ans, trois ans d’animation, c’était impossible. Mais je voyais bien que j’étais déjà engagée. Cela a été très formateur finalement. C’était plus ou moins mon premier serment, et le plus difficile. Il m’a donc appris beaucoup pour la suite, cette prudence dont j’ai parlé, et la quête du raisonnable.

Or récemment, j’ai découvert quelque chose de nouveau, un fait troublant dans la mécanique du serment, et qui n’est pas pour me rassurer ! (lol) Je croyais jusqu’ici que les serments devaient avoir une forme solennelle. Cela n’engage pas nécessairement un rituel compliqué etc, mais ça ne doit pas juste être quelque chose dans la tête en passant. Je percevais la prise de serment comme un moment sacré, une suspension dans le fil du temps, le quotidien, un arrêt. Or il y a un peu plus d’un mois maintenant, je méditais sur un nouveau serment à prêter  à Morrigan. Etait-ce nécessaire ? Est-ce que ça me ferait avancer ? Etait-ce « contraint », ou bien quelque chose qui émanait de mon coeur ? En accord avec l’éthique développée plus haut, je réfléchissais à le teneur qu’il pourrait avoir, sa durée, son contenu, le travail que ça représenterait, ce que j’étais capable de promettre ou pas, et puis comment formuler tout ça… Je trouvai quelque chose mais j’ai cru que c’était trop simple ou trop vague, ça m’est tombé dessus d’un coup et je pensais alors que ça n’était pas très « réaliste », pas forcément quelque chose qui venait du coeur, mais peut-être plutôt une idée intellectuelle de surface. Du coup, doutant de moi, je le notais dans un coin au brouillon, dans mon journal, pour éviter de l’oublier (mon grand problème). Et je comptais attendre que cela décante tranquillement. Visiblement ça n’était pas censé arriver comme ça, car quelques jours plus tard, vraiment à peine deux, trois max, je me suis retrouvée avec une épreuve initiatique sur les bras ! Pas quelque chose de mystico-trippé, non, j’entends par là une épreuve de vie, une épreuve spirituelle ; des actes à faire qui semblaient hors de ma portée, et des choix cruciaux. Je n’avais pas cru avoir « arrêté le temps » et juré comme je le définissais plus haut a priori, j’étais dans une attente la plus complète de peaufiner mon travail, d’acter mon serment… mais l’épreuve est arrivée dans les termes mêmes, mots pour mots, de mon serment soit disant « brouillon »… L’épreuve constamment renouvelée de la Souveraineté. Sans rituel, sans cadre, sans certitude, il avait suffit d’une micro bulle pour enclencher la machine. Est-ce lié à l’intensité de mon travail avec Morrigan ? Etait-ce une boutade ou un test de sa part justement ? Est-ce que j’ai intégré à ce point ce « code d’honneur », pour que la parole chevauche celle, silencieuse, qui se déroule parfois dans ma tête ?

Je ne saurais pas, mais j’ai rigolé jaune, et appris à mes dépens que je dois désormais être encore plus prudente qu’avant (il faut le faire) ! Je suis soulagée d’avoir pu tenir ma parole et remplir mon devoir, mais songeuse pour l’avenir. Eviter de se faire épingler sur un serment que l’on n’avait pas juré officiellement… et peser bien chaque mot, même s’il n’est pas prononcé. *On n’est pas sorti des ronces (sic)*


Méditation du 01/05/14 : la Souveraineté

Résultat d’une petite méditation sur la Souveraineté. Une mise en mots d’observations qui durent depuis des mois. Rien de transcendant, mais ça prend forme pour moi.

***********

La Souveraineté est une figure nomade, circulatoire. Elle ne demeure jamais ancrée à un endroit, mais elle erre, elle traverse le pays, le continent. Elle va, vient, arrive dans un village, un pays, fait son oeuvre qui peut durer plusieurs années ; puis, elle se retire, elle se remet en route. Elle va d’un clan à un autre, d’un roi à un autre. Elle n’appartient à personne, elle est totalement libre et fluide. C’est d’ailleurs une des erreurs la plus courante et « lourde » des hommes qui la rencontrent : ils la prennent pour acquise, ils supposent qu’elle a pris racines, qu’elle va demeurer, qu’elle est devenue l’une des leurs… Sauf que quand le moment est venu, Elle disparaît, et c’est un choc, ils sont pris de court. De la même façon, lorsqu’ils font pas preuve de justesse dans le temps, s’ils ne sont pas constants, la souveraineté partira beaucoup plus tôt, voire elle retirera violemment les bienfaits qu’elle avait apportés. Un oubli que la justesse se trouve dans chaque acte, et que c’est donc une recherche permanente.

Je perçois ainsi mieux la nature de la relation entre la figure de la Souveraineté, la Terre, et le serpent. Il s’agit d’un mouvement de va et vient, ou de « circonvolutions », des ondulations. Elle peut être à l’image de ce qui se passe dans le sous-sol, des flux énergétiques / telluriques.