Un poème pour Morrigan (US)

Voici un texte de Morgan Daimler.

« She is blood and battle and death
The blade that cleaves flesh from bone
That cuts the old from the new
That reshapes, remakes, redefines us
Blood is not to be feared; it is the current of life
Battle is not to be feared; it is the price of sovereignty
Death is not to be feared; it is the end of the old…
And a new beginning, endlessly »

Traduction avec l’autorisation de l’auteur :

« Elle est le sang, la bataille et la mort
La lame qui détache la chair des os
Qui tranche entre l’ancien et le nouveau
Qui nous reforme, recrée, redéfinit
Le sang n’est pas à craindre, il est le flot de la vie
La bataille n’est pas à craindre, elle est le prix de la souveraineté
La mort n’est pas à craindre, elle est l’achèvement de l’ancien…
Et un nouveau recommencement, perpétuellement »

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La Marche à la guerre

Un instrument qui me fascine, et je n’ose pas imaginer (je ne peux pas) l’effet que pouvait produire ne serait-ce que 15 de ces instruments en tête de ligne pour aller au front…

Découvrir Morrigan et se découvrir polythéiste

Voici un témoignage touchant comme on les aime. A la fois une sorte de parcours spirituel dans la progression vers la croissance, et aussi la découverte d’une divinité et le début d’un travail polythéiste. Je vous poste l’introduction, précédée du lien pour voir directement l’article sur la page originale d’Aelthan.

« Quand j’étais ado, il y a eu quelques années où j’ai cru en Dieu. Je dis en Dieu, je veux dire le Dieu judéo-chrétien. A cette période, j’ai eu un moment où les idées me séduisaient beaucoup. Mais tout le reste, autour, me gênait. L’hypocrisie d’un système richissime prétendant être tourné vers les pauvres, toute la grandiloquence des mises en scène et le comportement très prétentieux d’une bonne partie de ses suiveurs, du mépris vers les autres croyances. Et puis les limitations, les obligations… J’ai gardé ce point de vue de se dire « ça n’est pas parce qu’il y a des conneries marquées dans la bible qu’il n’y a que des conneries ». Et après ça, j’ai arrêté de croire. Cela me manquait parfois, mais je ne me reconnaissais nullement dans ce Dieu là, et les autres ne n’allaient pas plus que ça.

Et puis Elle est arrivée. »

Je ne suis pas une prêtresse

Voici un article « brouillon », avec plusieurs pistes de réflexion différentes sur la prêtrise à notre époque.

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Il y a de nombreux mois maintenant, j’avais trouvé cet article de John Beckett sur mes réseaux US qui exposait tel quel dans le titre « Pas son prêtre », et qui m’avait frappé justement car l’article que je publie aujourd’hui était déjà en brouillon sur mon wordpress à l’époque. Non seulement il m’avait passionné car il s’agit d’un témoignage masculin pour une fois, mais aussi car il allait me fournir un miroir pour mes propres réflexions. En résumé, cet homme explique qu’il est très impliqué spirituellement, qu’il est prêtre de Danu et de Cernunnos dans différentes structures, et que oui, il a énormément parlé de Morrigan. Cependant, ça ne fait pas de lui son prêtre, mais si de l’extérieur le travail fourni a l’air d’être le même. Il a conduit des rituels, initié des personnes, il la prie toutes les nuits… mais il n’est pas son prêtre. Un extrait clé qui résume :

« For now, and speaking as a devotional polytheist, let me simply say that priesthood is defined not only by what a priest does but also by the nature and structure of the relationship between the priest and the God.

Our differing examples of priesthood (Catholic, Protestant, Wiccan) create confusion for some people coming into devotional polytheism from our wider culture, or even from other forms of Paganism.  I hear many people say they feel like they should be a priest, or that if they don’t have a patron deity there must be something wrong with them.

I’m a proponent of forming and maintaining strong reciprocal relationships with Gods, and with ancestors and other spirits.  But you don’t have to be a priest to pour a libation.  You don’t have to be a priest to tell the stories of a Goddess.  You don’t have to be a priest to make a request, or to pay your debts if that request is granted.  You don’t have to be a priest to hear the call of a God and to respond. »

Non, pour ma part, je suis pas une prêtresse. Je suis dans le même cas. J’offre des choses, je pratique énormément, mais je n’ai pas ce titre. Un ami a déjà fait cette bourde de m’appeler ainsi, et cela a déclenché mes foudres. Signe tout à fait évident d’une Ombre mal digérée… Mais je n’arrivais pas à mettre le doigt sur les causes nombreuses du problème. Il fallait du temps, plus de temps, et je crois que seulement aujourd’hui j’y vois clair et suis enfin apaisée. Ce terme je le refusais, pour de multiples raisons : trop de doutes, trop d’humilité, trop de perfectionnisme, pas assez d’expérience. Et je le refuse encore, avec justesse il me semble. Si je devais reprendre les points principaux pour vraiment illustrer :

  • L’importance du temps. Après avoir été très enthousiaste et dans l’action les deux premières années, j’ai adopté par la suite une position de recul et de silence. J’ai souhaité me replier pour apprendre dans mon coin. Je voulais me former, découvrir, expérimenter. Je voulais cheminer. J’ai eu la sensation que j’avais été un peu vite en besogne. Aussi, je vois le titre comme une forme de reconnaissance au bout du chemin, or je l’ai à peine commencé…
  • Dans cette veine justement, je me suis rendue compte que nous avions des aînés pour ça. Alors, même si en France le polythéiste possède une autre forme (que celle des US), et s’il est plus couramment vécu dans les deux traditions les plus fortes comme le druidisme et le « nordisme » (pour faire vaste) qui n’ont pas vraiment de système de prêtrise de ce type, malgré ça, il y a des aînés, comme les druides (c’est juste un exemple), des gens qui ont passé plus de temps sur le chemin avant nous. J’ai voulu regarder ce qui se faisait ailleurs sur le terrain, et ne pas manquer de respects à ces gens qui ont fourni le travail correspondant, même juste pas « inadvertance ».  Je suis retournée sur mon chemin et vers la Déesse pour me former.
  • Même s’il ne s’agit pas nécessairement que d’une question de temps et d’attendre 30 ans, le fait est que selon la définition de toute façon je n’ai pas prêté serment encore. J’en ai fait d’autres, mais pas le serment de prêtrise. Je suis encore en recherche, en définition, c’est beaucoup trop tôt.
  • Aussi, la question de la communauté est problématique encore. La prêtresse sert, techniquement une communauté… Mais laquelle ? Seulement si elle est dans un temple en dur et qu’on vient lui rendre visite ? Quand on est dans un groupe spirituel, alors on possède au moins cette communauté-là, mais quand ça n’est pas le cas ? On ne se crée pas une communauté pour pouvoir servir… Je m’en rends toujours à Morrigan en fait, au-dessus de tout. C’est Elle que je sers. Le reste en découle. Je suis plutôt à l’image d’un moine / nonne dans ce sens.
  • Finalement, comme je l’écrivais dans un article récent, que je ne prends pas les serments à la légère. J’ai vu trop de fois des gens prendre un serment de prêtrise pour l’abandonner plusieurs mois (années) plus tard, et je ne peux pas concevoir d’abandonner une divinité, d’abandonner un serment que j’ai moi-même prêté sans demande extérieure. Chacun sa définition, mais je ne peux pas fonctionner sur ce modèle, ça me semble anti-nommique.

Cependant, tout cela m’a été rappelé quelques mois plus tard au cours d’un article court, mais toujours aussi touchant, de Thorn Coyle. Le terme de prêtresse je le refuse pour l’instant ; j’ai tendu vers cet idéal pendant plusieurs années, poussée par un élan né de mes expériences avec l’Autre Monde (de 2009 à 2011), mais je ne l’ai jamais utilisé, et je ne souhaite pas que l’on m’appelle ainsi, c’est inapproprié. Un ami m’a cependant fait la réflexion sur ce thème mais « à l’envers » : malgré tout, parfois les actes sont là, et du coup on a des choses à offrir. Et oui, effectivement, cela a toujours été le but de ce sanctuaire : offrir, mes modestes recherches et réflexions ; nourrir ; créer un point d’ancrage, un réseau. Rien de plus, et pas besoin d’être une experte ; juste d’être, d’avoir le mérite d’avoir créé ce site, et partager tous ensemble. L’article de Thorn Coyle mentionne donc que ça n’est pas parce qu’on n’est pas une prêtresse que l’on a rien à offrir, et que le monde n’est pas construit que sur les experts du sacré.

« Sometimes we need to stop hiding from the truth about ourselves…

We do know. We know a lot.
We all have skills and talents that we’ve trained ourselves toward.
Sometimes we don’t feel we have expertise, but we do have experience to offer.
Sometimes we don’t have experience, but we can offer presence.

Sometimes that last is just enough. All that is required.

What are you an expert in, however large or small?
What experiences have you had, that have shaped your knowing?
When can you offer simple presence to another, or some small kindness?

Are you are hiding in plain site, in the center of the circle, voice loud, arms outstretched? Are you are hiding in the corner, on the edges, quiet as a caterpillar waiting for a change?

You have something to offer the world. We all do.
We find it in the face of love. »

Voilà qui bouclait la boucle, l’article de Thorn Coyle adoucissant un peu mon rejet, m’aidant à travailler mon Ombre, mais faisait écho à celui de John Beckett pour m’aider à trouver le noeud conceptuel qui me manquait : ce qui différencie le travail du dévot et du prêtre pour lui est la nature de la relation : liée par un serment, qui demande de dédier sa vie entière à une divinité, ce qu’il n’a pas fait pour Morrigan, quels que soient les actes. Et moi non pour l’instant.

Et aujourd’hui, seulement aujourd’hui, après des mois de travail intensif sur la Souveraineté et le Guerrier, je comprends, et je suis revenue à cet article dont j’avais complètement oublié la partie finale. Ce n’est pas faute de l’avoir lue plusieurs fois, mais je n’avais pas les « armes » pour comprendre et intégrer cette partie :

« Why was that not good enough to be a priest of the Lady of Sovereignty?    

Eventually the answer came.  The Battle Raven wants warriors, and I am no warrior.

If She has called you and you are not a warrior, that’s between you and Her.  Like all the Gods, She calls who She calls.  For me, Her priesthood and warriorship go hand in hand – accepting one means accepting both. » 

Il est évident qu’il y a de très nombreuses définitions de la prêtrise quand on va dans le détail. Que chaque prêtre incorpore dans la définition son individualité, ce qui les rend tous uniques, et alors il y a autant de types de prêtres que de prêtres. C’est un cliché qu’il est presque honteux de rappeler ici, mais bon, c’est utile. Ensuite, chaque divinité appellera des prêtres qui auront des spécificités propres à sa nature, sa symbolique, etc. Je pense qu’il est possible que Morrigan aient besoin de prêtres et prêtresses telle que les francophones le décrivent le plus souvent : servir une communauté, procéder à des rites, avoir un temple en dur, produire des sacrifices / offrandes quotidiennes, etc. Mais pour ma part, j’ai compris que ça n’était pas ce qui résonnait en moi, et qu’en fait je n’étais pas la seule.

Si jamais je finis par le choisir et par prêter serment, ma vie pour Morrigan, ma prêtrise sera à son service à Elle, et seulement ensuite aux Hommes. Elle me montrera le chemin, je serais amenée à procéder à des rituels pour autrui, à parler d’Elle, etc, mais ça n’est pas ma priorité. Mon chemin ne sera pas que ça, au contraire. Le Temple que je dois ériger pour Morrigan doit être mon corps, et il doit rayonner au quotidien. Le code que je dois suivre est strict, et je dois rayonner sa valeur dans mes paroles tous les jours. J’ai enfin fini pour voir un schéma se dessiner sous mes yeux : mes pas m’ont rapprochée du guerrier, ou du chevalier même, pour être plus précis. Une personne qui n’est pas dans un temple, et qui n’est pas fixe. Une personne errante, qui se déplace, voyage, dans la solitude comme une moine, mais un moine combattant d’une certaine façon. Une personne qui doit trouver ses frères et soeurs, et c’est cette communauté là qui l’habite, plus qu’une communauté de dévots. Réveiller la Morrigan sur son chemin, mais son prosélytisme. Répandre les valeurs de plutôt.

Je sens aujourd’hui que mon travail s’approfondit, et qu’il devient en réalité possible que je prête serment à la Grande Reine. Mais je me laisse le temps, nous n’y sommes pas et tout peut changer. Aussi, une fois que j’y serai, je crois que comme ces dernières années depuis 2011, plus que des termes je préfèrerais me focaliser sur les actes : je dirais simplement que j’ai dédié ma vie à la Déesse. Peut-être dans 15 ans, si nous y sommes toujours, alors peut-être le terme de « prêtresse » pourra prendre place dans ma bouche ou dans celle des autres ; s’il convient à ce que je fais, si la « prêtrise » de Morrigan ne demande pas plutôt un autre terme… Selon comment je me sens, selon comment Elle le souhaite. Mais je crois que je me sens très bien dans la peau d’une simple cheminante, je fais mes racines, il y a déjà bien assez de travail et de responsabilités. Je laisse la place aux aînés qui ont fait le chemin avant nous pour prendre des titres qu’ils ont mérités.

Nouvelle anthologie collective aux USA

By Blood, Bone, and Blade: A Tribute to the Morrigan

BBBaBKindleCoverCollecté par Nicole Bonvisuto Edité par Neos Alexandria Prix : $12.99 sur createspace pour l’instant (je ne connais pas le prix des fdp). Si j’ai bien lu, le livre sera accessible plus tard par amazon. Date de publication : le 1er mai 2014 ISBN: 978-1497358096 / 1497358094 Pages: 284

Résumé : « Phantom Queen. Night Hag. Mistress of Battles. The Great Raven.    She is both benevolent mother and righteous wrath. She is creative destruction and destructive creation. She is inspirational, and perplexing, and maddening. She drives us forward in times of defeat, and offers succor in times of pain and hardship.     She is loved, and she is feared.    Honored across ancient Ireland, she has never been forgotten. In this anthology, her modern-day devotees offer poems, short fiction, rituals, essays, and artwork to The Lady in all her many splendid and terrifying forms.    Hail The Morrigan! »

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Voici donc la fameuse anthologie annoncée il y a plus d’un an. J’avais proposé aux lecteurs du sanctuaire et membres du forum d’y participer, j’avais même proposé de traduire leurs textes. Je crois que finalement personne n’a poussé l’aventure plus loin sauf moi. L’éditrice était débordée et impossible à joindre pendant un long moment, du coup, seuls ont été retenus mes deux plus anciens textes, les premiers fragments qui ont alimenté l’Antre… Pas mes morceaux préférés, mais assez symbolique du coup. C’est très étrange de se retrouver dans ce collectif de dévots de la Morrigan. Vous trouverez ici la page officielle où vous pouvez consulter la table des matières (malheureusement non formatée, et donc illisible à mon goût ^^’)

J’ai comme la sensation que ce n’est que le début d’une aventure, car je ressens beaucoup de ferveur autour de cette Déesse. Morpheus Ravenna notamment prépare un très gros livre sur le sujet, et j’ai l’impression que nous serons d’autres à vouloir renouveler l’aventure collective également. En tout cas pour ma part, je ne peux pas me résoudre à voir ce « tome » isolé. De plus, de mon côté, j’ai toujours ces brouillons en préparation dans mes tiroirs…

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