Bienvenue dans le Sanctuaire virtuel de la Déesse irlandaise

Archives de août, 2015

Le combat des femmes, un combat de l’Être commun à tous

Une vidéo fort étonnante. Découverte entre deux écoutes musicales sur Youtube, comme pub obligatoire. Alors oui, c’est bien un spot publicitaire pour Always (marque de serviettes hygiéniques et autres), c’est une opération de communication qui peut être ambiguë, et oui, peut-être qu’en cherchant un peu sur la réalité de cette entreprise, de son éthique, on trouvera des choses pas claires et décevantes, mais il n’empêche que je regarde ce spot et que je le trouve parlant et efficace. Il rejoint assez bien les quelques pensées que j’ai livrées pour illustrer le combat guerrier récemment, et il explique assez bien les limitations qui sont faites aux femmes, et qui « résument » entre autres le combat du féminisme.

Je ne suis pas là pour faire un débat sur ces définitions, est-ce que ça s’y résume vraiment, est-ce que c’est aussi simple, etc… Non, je souhaite simplement en illustrer un fragment. Et je souhaite aussi mentionner le fait que cette idée est bien plus vaste, il s’adresse aussi aux garçons que l’on a empêché de faire de la danse parce que c’est un sport de fille, aux hommes qui sont moqués parce qu’ils sont sensibles ou jugés « féminins ». Le problème des représentations cloisonnées du genre (gender), la binarité homme/femme, les rejets et intolérances vis à vis des homosexels (hommes ou femmes) des transexuels etc… est vaste. Ce sont des illustrations, des sous-catégories, mais je crois qu’en réalité c’est toute notre société qui est construite sur une telle violence normative, et que tout le monde, que cela soit à l’école, au travail, par sa famille… a pu déjà expérimenter de telles limitations à son Être. Et que tout le monde a besoin de se battre d’une telle façon.

Publicités

Avancer sur la voie spirituelle vs être « avancé » spirituellement

J’ai trouvé une citation qui résume parfaitement les questionnements, doutes, rejets que j’ai eus par le passé au sujet de la prêtrise, de la voie guerrière et du cheminement spirituel il y a quelques années. La raison pour laquelle j’ai longtemps refusé ces signes, ces pistes qui m’étaient envoyés, ces demandes qui m’ont été faites, cette voie naturelle qui se présentait à moi. Probablement aussi à cause d’un système éducatif européen, non pardon, français, qui a longtemps placé l’enseignant sur un piédestal dans l’inconscient collectif (probablement à cause des débuts de la IIIe République). L’enseignant possède un rôle fondamental, mais on en rencontre malheureusement beaucoup « d’anciens » qui sont devenus très sûrs d’eux et rigides, et qui s’adaptent peu aux profils variés des jeunes, qui se remettent peu en question. — Attention, qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit, je ne suis pas ici pour lancer un débat sur les enseignants, qui sont d’ailleurs depuis très mal vus. Peut-être qu’il y en a une minorité de professeurs rigides et bougons, autoritaires. Je parle ici uniquement de la vision qui se trouve inconsciemment dans beaucoup de têtes, et qui fut la mienne étant jeune, que l’enseignant est « au-dessus » et qu’il a probablement toujours raison. Du coup, malgré mes expériences ultérieures qui m’ont fait rencontrer des professeurs forts intéressants, humbles, qui n’avaient pas de honte à dire « je ne sais pas », cette vision s’est facilement étendue à d’autres types d’enseignements, d’ateliers (y compris créatifs…) où la personne qui guide doit nécessairement tout savoir à fond, et ne faire aucune erreur. Etrange reflet de perfection que je sais ne pas exister, mais qui revient toujours à l’assaut de l’esprit quand on n’y prête pas attention ! Je me suis longuement battue contre, pour prendre du recul. Malheureseument, le phénomène de « gouru », bien répandu dans le milieu ésotérique et spirituel, n’a pas aidé. Même si je ne parle pas nécessairement du gouru perverti qui cherche à mettre les gens sous sa dépendance pour l’argent ; non, je parle simplement de la tendance à penser avoir la grande vérité. Tout le monde n’est pas comme ça et heureusement, mais certaines personnes, derrière leur écran ou en face de moi, étaient trop promptes à asséner leurs  « grandes » expériences sur les plus jeunes ou plus débutants (puisque ça n’est pas qu’une question d’âge). On devait rester poser là, écouter, et dire oui à tout parce que l’on n’avait pas l’expérience nécessaire (on était jugé comme tel). Bref.

Quoiqu’il en soit, nous nous battons au quotidien. Contre nous-mêmes. Pour être conscients, lucides, et apprendre le détachement ; juger moins. C’est très difficile. Ce que j’ai appris avec le temps, compris, vraiment observé et intégré, notamment au contact d’amis, d’autres praticiens, de druidisants (qui ont une fonction sacerdotale bien identifiée dans leur tradition cadrée), et autres, c’est que nous devons garder à l’esprit que nous sommes perpétuellement étudiants. Alors oui, elle est évidente cette phrase, on la connaît depuis longtemps en fait. Mais je me suis rendue compte qu’il y avait un décalage énorme entre la connaître et la vivre. C’était le garde-fou que je cherchais, pour clarifier ces histoires de légitimité, d’ego, etc. Intégrer que je peux effectivement avoir prêté un serment, porter un titre, avoir des devoirs, sans pour autant être parfaite, sans pour autant avoir 60 ans, sans pour autant être un imposteur. Parce que je ne prétends rien. Parce que j’ai passé du temps, j’ai vu, testé, appris, mais que je continue de le faire. C’est « juste » un bagage qui se construit, dans des domaines spécifiques, et mis en oeuvre pour moi et autrui dans des buts spécifiques. Il ne s’agit aucunement d’être « avancé » spirituellement. Tant que nous ne reculons pas, nous avançons tous, perpétuellement. Nous ne sommes tous que des cheminants. Avec plus ou moins de volonté d’engagement, d’implication, de serments prêtés, aux hommes, aux Esprits, aux Dieux, de responsabilité, et ainsi de suite.

Voici donc la citation, qui résume tout ça :

« I do not pretend to be enlightened, spiritually advanced, or complete in my learning. I consider myself a determined Warrior and a sassy Goddess, a fabulous work in progress. I’m a woman, like you, learning, growing, laughing, and crying. I make mistakes. I step on people’s toes. I get caught in fear and self-doubt. I still take things personally. Sometimes I feel invicible, sometimes I feel fragile and vulnerable. I honor and cherish all these parts of myself – even the ones I don’t like so much. »

—- Warrior Goddess Training (xxi), Heatherash Amara

Ma traduction en français :

« Je ne prétends pas être plus éclairée, spirituellement avancée, ni avoir achevé mon apprentissage. Je me considère comme une guerrière déterminée, une déesse fougueuse, un fabuleux ouvrage en cours de développement. Je suis une femme, comme vous, qui apprend, grandit, rit, et pleure. Je fais des erreurs. Je marche sur les plates-bandes des autres. Je me fais piéger par la peur et le doute. Je prends encore les choses personnellement. Parfois je me sens invincible, parfois je me sens fragile et vulnérable. J’honore et chéris toutes ses parties de moi, même celles que je n’aime pas trop. « 


Une pluie de plumes….

Je reviens de balade et de rituel, et après avoir soumis une question/demande, j’ai trouvé 36 (!) plumes sur le chemin…. Alors que je n’en trouve jamais aucune d’habitude. Jamais. En me baladant. (Les gens m’offrent parfois des plumes noires, mais j’en ai peut-être trouvé 5 à tout casser.) Une période de Lughnasad très particulière…

Hail Morrigan !


Faire ses premiers pas sur la Voie Guerrière

Depuis le temps que je devais en parler… Je me dis qu’au final, mieux vaut des petites suggestions à droite à gauche que rien du tout. Soyons modeste et patient. La période de Lughnasad vient de s’ouvrir, alors non seulement je vous souhaite à tous de bonnes célébrations, mais en plus c’est le meilleur moment pour venir parler de combat et d’estime.

Il y a un an, j’avais semé des graines ici et là sur ce thème, et plusieurs personnes étaient venues me voir pour me demander de quoi il s’agissait. La Voie Guerrière est un sujet passionnant et très délicat car il existe de nombreux courants, et donc de nombreuses voies guerrières, des traditionnelles comme des modernes. Ici je ne parlerais évidemment pas de ce qui ne me concerne pas, comme les traditions soit-disant ancestrales toltèques (Note: il est dans mes projets d’aller fouiller de quoi il retourne réellement dans les traditions polythéistes et animistes sud-américaines pour voir si ce courant a de « vraies » racines traditionnelles, mais je manque de temps ; en attendant, je suis extrêmement sceptique car j’ai vu beaucoup d’auteurs se justifier et se chercher une légitimité par ce faux argument, d’où le « soit-disant » ; ce sont généralement des courants New Age, que j’affectionne très peu), ou les traditions asiatiques, pour n’en citer que deux.

Comme dans d’autres courants sans rapport direct, qu’ils soient ésotériques, martiaux, tout commence par le « connais-toi toi-même » et la maîtrise de soi. Le fait de se connaître, de s’accepter, de se respecter et de s’assumer pleinement. Il s’agit d’un travail que tout Homme (au sens « humain ») peut faire sur lui-même en termes de psychologie. C’est la première chose à déblayer afin de s’avancer sur une Voie Guerrière spirituelle « appliquée », dans le sens où elle s’avancera dans des pratiques concrètes de principes divers (polythéistes, animistes, autre).

Il est évident que dans les deux cultures qui m’habitent, le Nord et les Celtes, la question du Guerrier est lié à celle de la souveraineté, dans son sens personnel. C’est souvent cet aspect qui est travaillé en premier spirituellement, avant d’entrer dans le second sens, celui du rapport à la Terre (Note: c’est un point commun au deux cultures, mais j’ai cru observer que le Nord possède plus de possibilité de « voies » et « rôles » différents pour le terme guerrier). En effet, avant de pouvoir servir une cause, le guerrier doit d’abord être très au clair avec lui-même et se respecter entièrement, de façon à posséder l’attention, le sens de l’objectif et la détermination nécessaires.

Pour être équilibré, le guerrier doit avoir le sens de soi. Il doit savoir qui il est, où sont ses faiblesses, ses forces, quels sont ses principes, ses croyances, ses besoins. Il doit reconnaître quand il est bien équilibré, quand il est vulnérable. Il doit reconnaître sa propre valeur. Et dans notre société actuelle, c’est une chose qui a l’air difficile pour tous, car les schémas autant sociétaux, que familiaux, qui nous modèlent dès l’enfance et les premières interactions, ont tendance à nous décentrer. Ce qu’il être juste de faire, ce qui est pli, ce qui est nécessaire, ce qui est interdit, ce qui serait mieux, la note qu’il faudrait obtenir, etc… Nous devons (ré)apprendre à nous savoir complet, en soi, et non par une justification extérieure (ex: ni par notre travail, ni à travers les yeux d’une personne (les parents, les amis, l’aimé, etc). Nous avons des forces et des faiblesses, des défauts, mais nous sommes très bien ainsi. Tant que nous sommes conscients, lucides, volontaires, et que nous faisons de notre mieux.

Se connaître soi, c’est savoir qui l’on est réellement, à l’intérieur, de quoi nous sommes faits, de quoi nous avons besoin, et briser le cycle de la quête du formatage, être la personne que l’entourage veut que nous soyons. A partir de ce moment, nous pouvons commencer à nous exprimer clairement, et à mettre en place le nécessaire pour « former », créer autour de nous les situations, les relations, les projets qui nous correspondent.

On dit souvent que le Guerrier est au service du Juste et de la Vérité, et cela commence par la quête de l’authenticité personnelle, être en accord avec soi. Par la suite, la quête aura d’autres applications.