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Correspondances

A la recherche de la Souveraineté

Je n’en finis jamais de ce thème.

Ce n’est pas faute d’avoir tenté d’explorer la guerre, la magie, l’enchanteresse du Sidh… J’ai eu plein de pistes intéressantes, j’aime cette recherche perpétuelle. Mais je suis toujours ramenée à ce chemin là. Alors rien ne sert de lutter, depuis Septembre 2013, je n’ai pas arrêté ce travail qui rempli tout mon horizon. Malheureusement, je n’arrive toujours plus à vous parler de moi et de mes pratiques personnelles. Ce qui se passe me regarde, c’est mon cocon, mon travail, et je n’arrive vraiment pas à mettre les mots dessus, même quand je crève d’envie de partager des choses avec vous. Je suis venue du coup pour vous livrer des éléments un peu plus « factuels », des images, des thèmes, quelques mots, pour nourrir ce sanctuaire, partager avec les personnes qui sont dans la suite de Morrigan comme moi.

Voici les « thèmes » qui m’habitent donc en ce moment :

Les symboles associés à Morrigan et au combat : l’épée et le bouclier surtout, le torque en parallèle. Des rêves étrangement symboliques, des fragments de vision pour un futur recueil. Qu’est-ce que porter une épée à son flanc ? Quand l’utiliser ? Et le bouclier ? Quand partir au combat ? Est-ce qu’une épée ne sert qu’à combattre ? Que peut-elle représenter d’autre ? Aujourd’hui dans une pratique moderne, quelle pourrait être l’utilité d’une épée ? A noter : en dehors d’une pratique wiccane, puisque je ne le suis pas. Donc pas nécessairement en rituel, rien à avoir avec un athamé, etc. Elle me montre qu’il serait bon que j’en vienne à les utiliser, et jusqu’au mois de janvier 2014, il est vrai que je n’avais jamais creusé la question, et j’ai eu besoin de le faire pour voir si cela m’était possible. Plus j’avance sur le chemin et plus il est vrai que je commence à ressentir le besoin de les avoir. Qu’ils me seront réellement utiles… Une grande nouveauté, car jusqu’ici ma pratique avec Morrigan était purement dévotionnelle et dématérialisée, comme très souvent dans ma pratique. Je peux offrir beaucoup de choses, mettre des symboles, des autels… mais dans la pratique elle-même, pas d’outils. Voilà un gros point de changement pour moi, c’est prometteur. Une note intéressante aussi : si j’ai pu intégrer le bouclier et l’épée… le torque me fait encore peur, au sens propre, même si ça reste « raisonnable ». Il devrait représenter ma souveraineté, pas nécessairement la royauté, mais je n’arrive toujours pas à l’approcher… 

Les mythes. J’avais jusqu’ici voulu travailler avec la Déesse et rien qu’avec la déesse, sans filet de tradition, comme toujours dans ma pratique (c’était pareil au Nord avec mon autre panthéon majeur). Je suis dans l’expérience et pas dans la théologie, du coup je n’étais pas allée lire les sources primaires. Pour la première fois depuis très longtemps, en février dernier j’ai commencé à prendre goût aux mythes (et parallèlement a commencé mon exploration des Eddas, j’étais mure). J’en ai lu quelques uns en ligne, j’aimerais vraiment acquérir une version papier pour que ça soit plus facile, mais quoiqu’il en soit je vais enfin venir aux sources de la mythologie, non racontée par quelqu’un non plus, mais bien les textes premiers.

La symbolique / mythologie arthurienne. Alors celle-ci je ne l’avais pas vue venir, mais elle m’est tombée dessus très violemment lol ! Ce n’est pas à prendre au sens littéral, c’est un réel outil de réflexion et de pratique sans fond. Le travail sur le guerrier et la souveraineté m’a mené sur le chemin de la chevalerie, aidé par mes méditations sur l’épée. C’est venu d’un coup. J’y retrouve les couronnes, les épées, les boucliers, et les coupes… Pas grand chose à dire encore. Mais ce qui est chouette, c’est qu’au même moment un autre outil a débarqué sur ma route, je l’ai saisi au vol ! Un article à venir à la fin du mois sur cet outil. EDIT : Voici le lien.

Des méditations sur la Terre et la Souveraineté. Pas seulement l’idée de la femme qui fait le roi, mais de la Souveraineté comme figure à mi chemin entre une divinité et un esprit, une émanation du la Terre (Land)… Des travaux énergétiques sur certains sols, des recoupements avec un travail plus chamanique avec les Esprits. Que peut représenter un mariage du roi et de la reine, ou du roi et de la souveraineté, ou des mariés à la Terre elle-même ? J’ai un petit fragment de méditation sur ce sujet aussi, tracé depuis l’étude des mythes citée plus haut, mais le plus intéressant est que j’ai pu vérifier ça dans la pratique, avec des personnes de chair et d’os. Un article avec une petite « méditation » (réflexion) à venir dans quelques jours, j’essaie de lui trouver une intro… Mais pour l’instant je n’ai que le paragraphe brut. J’aimerais bien aussi approcher les aspects du mariage, mais je devrais voir si c’est trop personnel ou pas pour les personnes concernées. EDIT : Voici le lien.

Je rajouterai les liens à cet article au fur et à mesure. 

 

 


Morrigan et Lammas

Voilà que Niniane m’a beaucoup intriguée l’autre jour en postant une photo de blé pour Lammas sur le groupe Facebook de l’Antre. Une démarche anodine s’il en est, mais cela m’était complètement sorti de la tête ! Et puis tout d’un coup je me suis mise à réfléchir… Morrigan et Lammas, qu’est-ce que ça donne ?

Effectivement Morrigan est très « volatile » ces derniers temps. Elle va et elle vient, elle me fait des coucous puis s’efface complètement… Qu’est-ce que Lammas finalement, et quel rapport à Morrigan ? Et bien cette année j’ai passé une étape supplémentaire dans la compréhension de ce festival. Cette année j’ai fait pousser des plantes et des fruits moi-même de la terre. Alors on a eu du temps pourri, bizarre, détraqué, mais y a quand même des charnières. Et là maintenant qu’on est en Août, j’ai l’impression que les plantes sentent que c’est la « fin de la saison »; Mes tomates murissent doucement, mais plus qu’auparavant et j’ai mangé pour la première fois des fruits entretenus et récoltés de mes mains. La lavande aussi va demander bientôt à être récoltée pour être séchée et servir en petits sachets…

Le moment de la récolte prend un autre sens. C’est aussi le moment de voir, de s’interroger : qu’est-ce qui a poussé jusqu’à maturité ? et donc quels soins ont été les plus appropriés ? Si ça n’est pas poussé, mal poussé, quelles en sont les raisons ? qu’est-ce qu’on peut ajuster pour l’année d’après ? Mon rapport à la terre s’intensifie. Je ressens en moi, et si je n’arrive pas à écouter, à ressentir, alors je suis les symptômes. Mais tout d’un coup je réalise aussi : quels sont mes fruits à moi ? Mes fruits personnels ? mes fruits spirituels ? qu’est-ce qui a poussé, qu’est-ce qui est mort ? S’il y a des choses qui sont absentes, est-ce parce qu’elles n’ont pas poussée ou bien parce qu’elles ont peut-être été délaissées, oubliées ?

Finalement j’ai un grand sentiment d’espace. Comme une transition : un espace qui a été choyé et qui apporte aujourd’hui des fruits, mais un espace en voie de renouvellement aussi. Le début d’un déclin pour faire place à autre chose… Plein de pistes intéressantes cette année, de façon imprévue.

Je devrais vraiment prendre sur moi de « pas être dans le mood » et faire quelque chose. J’ai fait une prière à la lune cette nuit, quand j’ai pris le soin d’arroser mes plantes, de voir dans quel état elles étaient, la lune est soudainement sorti d’une énorme couche de nuage, juste en face de moi… et j’ai senti sa force. Alors je lui ai demandé une bénédiction pour la fertilité. Un grand moment, purement simple, mais le genre qu’on ne peut pas remplacé.


Morrigan et les runes

« Les runes de la Morrigan », un texte d’Aranna

Avant tout, une petite mise au point : les runes ne sont pas celtiques, c’est un amalgame très fréquent qui date de la fin du XVIIe et du regain d’intérêt pour les civilisations celtes et nordiques. D’un point de vue strictement scientifique, la Morrigan n’a pas de lien avec les runes. Cependant un certain nombre d’entre elles, par leurs significations et leurs utilisations possibles en magie, me semblent être en étroite corrélation avec certains aspects de Morrigan.

Les interprétations qui sont données ici sont subjectives et non exhaustives.

Gebo : la Grande Reine

D’après Freya Aswynn, le nom en vieil-anglais de Gebo est Gifu. Le verbe Giefu a donné To give en anglais moderne, c’est-à-dire, donner. Un extrait du havamal concernant la rune gebo nous dit

« Mieux vaut ne pas demander
Que trop sacrifier.
Qu’il y ait toujours récompense pour don.
Mieux vaut ne pas offrir
Que trop immoler. »
(traduction de Régis Boyer)

La rune gebo est la rune du don, de l’échange, des contrats de mariage et de l’union sexuelle mais aussi du sacrifice, il faut être en mesure de rendre les dons qui nous sont fait, sinon, mieux vaut ne pas les accepter. Cette idée de sacrifice s’accorde parfaitement avec l’histoire de la Morrigan et de Cúchulainn : c’est Morrigan qui initie Cúchulainn (initiation sexuelle et guerrière) et lui accorde la Souveraineté. Quand elle revient vers lui, il la repousse, écartant symboliquement les devoirs qu’implique cette notion. (Voir l’article Morrigan et Cúchulainn)
Le visage d’initiatrice, de la sexualité libérée mais aussi de la Souveraineté que représente Morrigan sont exprimées ici.

Laguz : la Prophétesse

Laguz est la rune du lac. Elle symbolise l’eau et la magie, plus spécifiquement la magie féminine. Elle est liée aux rêves et à la notion de prophétie. Morrigan est couramment décrite comme étant une prophétesse (La Seconde Bataille de Mag-Tured) et une magicienne.
La figure de Morgane Le Fay est souvent présentée comme étant une survivance ou une interprétation de la déesse Morrigan. En gaélique, morgane vient de muirgen qui signifie « née de la mer ».

Eihwaz : La Changeforme, la Reine-Fantôme

Eoh est une rune de mort, de voyages entre les mondes et de transformations. Ce type de voyages inclut les voyages dans le monde des morts ou les métamorphoses. Dans La razzia des vaches de Cooley on apprend que Morrigan, poursuivant Cúchulainn, a pris successivement plusieurs formes. Elle est également la Reine Fantôme, gardienne de l’autre-monde (que ce soit le monde des morts avec les banshees ou le Sidh).

Thurisaz : La Guerrière

Peut-être davantage que les autres aspects précédemment traités, Morrigan est connue pour être une déesse guerrière, la déesse des champs de bataille. Thurisaz est une rune de destruction extrêmement puissante, mais peut également être utilisée comme rune de protection. D’autres parts la rune Thurisaz est appelée Thorn, l’épine, dans le futhark anglo-saxon : associant depuis longtemps Morrigan à l’épine noire (le prunellier) pour plusieurs raisons, j’ai tendance à y voir un niveau d’association supplémentaire.