Bienvenue dans le Sanctuaire virtuel de la Déesse irlandaise

Découvrir Morrigan

Un nouveau livre approfondi de M. Daimler sur Morrigan

A venir à l’automne prochain, cela va être dur d’attendre ! Je vous en dirai plus dès que Morgan aura partagée plus d’informations.


Retrouvons notre souveraineté individuelle et collective – Notes d’écoute

Notes d’écoute de l’excellent podcast « Floraisons« , que j’ai présenté sur le forum à la suite des demandes qui m’ont été faite au sujet de la lutte environnementale.

Je manque de temps long pour me poser, car une telle émission demande d’être vraiment présent pleinement, d’écouter attentivement, souvent plusieurs fois, et à mon avis de prendre des notes. Mais je trouve ça beaucoup trop important pour le laisser passer et pour attendre que j’ai l’entiereté du temps idéal que j’imagine pour l’écouter, ainsi que celui que j’aimerais passer à transcrire le texte, rapporter les idées, et les commenter… Donc je vais me contenter d’un tout petit article qui pointe deux trois choses qui ont retenu mon attention, un peu comme je l’ai déjà fait avec le format vidéo (fiches de synthèse des vidéo de Lora O’Brien, qui étaient des résumés par contre, pas des citations). Au pire, je me dis, je reviendrais avec le temps ajouter des éléments quand je peux.

L’épisode 5, donc, s’intitule « La radicalité est oligatoire ». Il est magnifique, bien que je n’ai pu que l’écouter en sessions fragmentées et distantes dans le temps. J’ai appris à me dire que « ça ne sert à rien de se presser », ça infuse en moi. L’invitée cette fois-ci est Isabelle Attard, ancienne députée écologiste qui explique extrêmement bien comment se passe l’arrivée à un statut politique, l’attraction du pouvoir, l’illusion de pouvoir jouer un rôle dans les structures en place, et son réveil imprévu à l’anarchisme. Ce qui est vraiment génial selon moi avec ce podcast, c’est que contrairement à beaucoup sur le lien que je vous ai donné dans le titre, on a accès à un petit résumé de la structure de l’épisode, à la présentation de l’invité(e), et ensuite à une présentation synthétique du contenu idéologique ou historique présenté (avec une bibliographie aussi). Alors ça ne remplace pas une transcription, mais c’est un gros atout d’avoir un support écrit en plus de la piste audio.

Nota : je ne suis pas aujourd’hui là pour promouvoir des idées politiques. Je cherche à vous donner des informations, des concepts, des idées, et des points de vue qui sont rattachés à la Souveraineté que l’on aborde en ce lieu sacré.

 

Thèmes que je retiens pour nous aujourd’hui : la perte du lien et la perte de la souveraineté.

[Autour des 38 min pour celles et ceux qui veulent retrouver le passage]

Idée 1 : L’anarchisme c’est retrouver du lien.

Comment redevenir maître de sa vie, de sa propre liberté ?

L’animateur : « Tout ça n’est pas possible sans démanteler les structures de domination qui existe malgré les prises de conscience personnelles, parce que nous on a beau prendre conscience de choses, on n’en reste pas moins dominé politiquement, par l’Etat, sa police, physiquement, économiquement, par le patronat, le capital, les relations. Et l’anarchie ce n’est pas seulement effectivement, une remise en question personnelle mais une remise en question des structures qui font qu’on est dans cet état. »

Isabelle : « C’est ça, de comprendre comment on en est arrivé là., de quelle façon on pourra en sortir. Et surtout, cela fait réaliser quelque chose qui fait mal, c’est qu’aujourd’hui on a perdu la solidarité. Et quand on revient sur les textes et la création finalement du mouvement anarchiste dans le monde entier, ce qui apparaît le plus (…) c’est la solidarité entre et les gens. Et ce qui m’attriste le plus aussi, c’est (…) de voir cette solidarité disparaître. Parce qu’on a tout fait pour qu’on soit dans un monde où l’individualisme règne. »

Idée 2 : Le vice de la pensée positive.

Ça n’est pas formulé exactement comme cela, Isabelle Attard ne prononce pas le terme de « pensée positive » qui a cours dans notre milieu spirituel. En revanche, elle parle de « psychologie positive » (qui pour moi a été importé chez nous via la mode du développement personnel, qui est devenue capitaliste) et ausi de « l’injonction au bonheur ». C’est cette dynamique là, le contenu qui est décrit, qui me fait trouver une correspondance exacte avec le problème du New Age et de toutes les spiritualités « positives » actuelles (dans leurs excès essentiellement, mais pas que).

Isabelle (suite) : « Et c’est très important pour moi de relier tout ça à ce qu’on appelle la psychologie positive, le fait d’inverser la pyramide de Maslow [ndt: la pyramide des besoins]. C’est à dire que, pour résumer, avant on avait [à la base des besoins] satisfaire nos besoins primaires, qu’on ait de quoi manger, un toit, (…) des vêtements, etc. de façon à avoir cette sécurité qui nous permet la réflexion, qui nous donne la capacité de remettre en cause un système. Parce que quand on n’a pas besoin de lutter pour se nourrir, c’est une première sécurité. Aujourd’hui, la pyramide de Maslow [est] inversée, puisqu’en premier on doit chercher le bonheur, on doit être heureux, c’est une injonction à être heureux. Et cette injonction [est] importante pour moi parce que finalement elle fait en sorte qu’on ne se regarde que le nombril, parce que nous sommes responsable de notre propre bonheur, si on n’est pas heureux c’est de notre faute. Et donc elle empêche toute remise en question [ndt: cad. toute lecture et analyse des systèmes de pouvoir], toute condamnation, toute lutte contre un patron autoritaire, contre un Etat autoritaire, contre un gouvernement qui ne fait pas son travail. Y a une inversion complète du rapport de force, c’est soi-même, soyons heureux, et si je critique je deviens une personne nuisible, parce que finalement je n’incarne pas le bonheur absolu, je ne souris pas tout le temps (…). Et c’est surtout une (…) injonction à rester seul chez soi, et à ne pas se regrouper avec d’autres, à la fois pour chercher de l’aide, pour se joindre à une lutte, pour défendre des opprimés etc. Tout ça est annihilé complètement. (…) Les conséquences de tout ça sont beaucoup plus dramatiques que ce que j’imaginais, sur l’isolement, sur le repli sur soi, et sur la non solidarité, et finalement on ne voit même plus qu’il y a une possibilité d’échapper au système actuel… »

Y a tellement d’expressions choisies qui retiennent mon attention, ça a été difficile de me retenir de souligner le texte partout pour vous montrer ce que je vois… Mais je me suis dit que cela gênerait la lecture. J’ai à peine mis quelques mots importants en italiques. En revanche, j’extraie une autre dérive qui vient réduire à néant la souveraineté personnelle et collective : « Si je critique je deviens une personne nuisible ». Le modèle qui nous a élevé, culturel d’abord, puis renforcé et broyé par le capitalisme, empêche la critique. Et la pensée positive vient complètement s’embarquer là-dedans. On n’a plus le droit de remettre en question, on n’a plus le droit d’être critique. Il faut tout accepter, tout le temps, et ne jamais « dépasser ». Pour moi c’est symptomatique du fait qu’on gobe tout ce qu’on nous dit, tout ce qu’on nous vend, etc, sans jamais juste observer clairement, analyser une chose. Dire qu’il y a du négatif n’est pas mauvais en soi, et ça n’enlève pas les choses qui ont été bien faites. Rien n’est tout noir ou tout blanc. Et côté développement personnel c’est vraiment encore plus malsain, car la pensée positive rejette la remise en question des comportements à la fois individuels et collectifs. Si on critique, cela veut dire qu’on projette. Impossible de pratiquer à une réelle remise en question. On nage en pleine transgression de la souveraineté des personnes, de leur liberté de penser. Cela revient à une injonction à « filer droit » autoritaire, totalitaire même (rejet de la dissension).

En résumé, voici que je vois : la « pensée positive » (notamment) brise les libertés et la Souveraineté individuelles, bride la vision, empêche de poser des questions, de critiquer, de remettre en question, et évacue toute forme de dissension. C’est presque une dérive totalitaire.

Voici pour ce premier fragment de l’émission. Je reviendrais si j’arrive à extraire d’autres passages.


Poème pour Macha

Un poème de Phro Nesis, qui nous invite à réfléchir à l’aspect « sauvage » de la Morrigan à travers son visage de Macha.

A titre personnel, j’y vois une forme de méditation et de louange de la puissance de vie de Macha. Ce texte mélange ainsi une ode guerrière au visage traditionnellement plutôt Souverain de Morrigan. (Dans les mythes, Macha n’est pas celle qui se bat sur les champs de bataille à proprement parler, mais plutôt celle qui, dans un mariage juste, accorde l’abondance souveraine. C’est plutôt un aspect de la Terre souveraine.)

Macha
Rouge comme les flammes que ton sang guerrier épuise
Rouge comme le soleil couchant sur ta Terre que tu défends ardemment.
Macha, gardienne de mes territoires secrets et intérieurs, fertiles et extérieur,
Tu es mon bouclier face à toutes les invasions.
Ta couleur est la trace indélébile de tes séjours dans l’Autre Monde d’où tu viens et où tu vas.
Dame nourricière tu nous apprends où chercher nos ressources et à réclamer ce qui nous est dû.
Pour survivre, jamais pas avidité, tu nous aides à devenir guerriers.
Que le soleil soit ta trace, de l’aube au couchant , de l’hiver au printemps.

 


Poème de travail sur la Souveraineté personnelle, par Phro Nesis

C’est avec un immense plaisir que j’ai reçu de nombreuses contributions de Phro Nesis par email. Pour rappel, vous pouvez toujours soumettre vos textes personnels sur l’Antre, et quand j’ai un moment je les lis attentivement pour voir s’ils peuvent convenir à l’Antre.  Vous trouverez ici un poème de travail sur la Souveraineté personnelle.

Tu es vie, tu es mort
Souveraine déesse
Coasse, coasse encore
Corneille prophétesse
Toi qui prends et donnes le pouvoir à toute chose
Ton cri perçant, du plus profond de la nuit,
Ouvre mes perceptions et m’incite à me reconquérir, à me relever.
Plus jamais à genoux !

.


La Reine guerrière, par Ashcoloured

Merci infiniment Ashcoloured et Nox Lux de m’avoir autorisée à poster cette illustration de la Morrigan. A force d’avoir vu passer beaucoup trop d’images de guerrières complètement dénudées ou avec des « armures » qui ressemblent plus à des bikinis, j’ai été en amour tout de suite avec cette illustration assez sobre mais très vibrante, très puissante. Outre la présence du corbeau (très romantique…) et adorée des païens, on retrouve cette fois-ci également la référence historique à l’anguille, qui prend de plus en plus de sens pour moi quand on lit des travaux sur la sorcellerie irlandaise (des choses à venir dans un futur livre de Morpheus Ravenna).

Notez qu’elle provient d’un projet d’oracle en cours.

Page originale d’Ashcoloured
Page originale de Nox Lux


Review complète de l’Oracle de Morrigan

Bonjour à tous et à toutes !

Il m’a fallu quelques mois, mais je me suis procurée l’Oracle de Morrigan de Morpheus Ravenna dont j’avais parlé à sa sortie. Pour tous les curieux qui se demandaient à quoi ressemblait le jeu, j’ai réalisée une présentation détaillée.

  • Si vous n’aimez pas les vidéos, vous aurez une synthèse écrite sur mon site spécialisé.
    (C’est aussi utile pour retrouver les informations mentionnées dans la vidéo après-coup, plutôt que de tout reparcourir, surtout que j’avais laissé passer quelques erreurs !)
  • Pour le reste, je pense que vous pourrez apprécier la vidéo pour voir les cartes en grand détail :

EDIT : notez que j’ai déjà commencé à ajouter plein d’autres petites informations utiles qui n’apparaissent pas dans la vidéo sur l’article du site. 🙂


Rédaction du livret pour débuter (2)

Pour ceux qui auraient raté, je me lance dans la rédaction d’un livre pour débuter. Infos ici (cliquez). Voici ce qui a été défini pour l’instant avec les suggestions de quelques uns d’entre vous :

1°) Je devrais garder un titre légèrement « poétique » + un sous-titre descriptif. Voici les exemples du moment :
– (titre) « Sur les pas de la Morrigan »
– (titre) « A l’Ombre de Morrigan »
– (titre) « Premiers pas à l’ombre de Morrigan »
– (sous-titre) « Guide pour débuter la pratique »
Je m’interroge sur l’idée que les personnes visées n’ont jamais pratiquées avec Morrigan, qu’elles ressentent sa présence sans être sûres que c’est bien ça, etc… Il reste l’idée qu’on cherche à identifier s’il s’agit bien de Morrigan, et aussi celle de répondre à une présence / demande. Je continue d’avoir en tête ces personnes qui cherchent à « Répondre à l’appel de la Morrigan »…

2°) Pour le contenu du livre et sa structure, je suis embêtée car je ne voudrais vraiment pas répéter ce qui a été dit ailleurs. Les mythes sont disponibles, en anglais et en français. L’excellent livre introductif de Morgan Daimler vient d’être traduit. Je ne peux pas traduire un travail d’autrui sans autorisation comme ça, et proposer le contenu tel quel. Soit un garde la source d’origine et on la  traduit, on la rend accessible (ça demande un contrat, c’est un travail à part entière). Et ce n’est pas le but du livre, vu que pour cette partie, on trouve déjà de l’info. Mais malgré tout, la demande revient de proposer un condensé / résumés des informations en français au même endroit… Du coup ça me paraît délicat que ça n’apparaisse pas du tout.

A l’heure actuelle, je visualise donc un livre en deux parties :
– partie 1, « identifier la Morrigan » ; soit une partie théorie ; savoir identifier une divinité, la mythologie très résumée (mythes principaux, et correspondances sourcées), … ;
– partie 2, « guide pratique » ; soit une deuxième partie purement pratique (offrandes, invocations, prières, …) ;
bien que je m’interroge sur l’étendue de la première, l’équilibre à obtenir.

Quels sont les besoins que vous ressentez dans votre pratique ? Quelles informations vous manquent ? Que chercheriez-vous ?


Un oracle de la Morrigan !

Je débarque à peine. Morpheus Ravenna a réalisé un livre pour enfant sur les mythes de la Morrigan cet automne, et je viens de découvrir qu’avec une de ces connaissances elles en ont extrait des images pour construire un oracle de 62 cartes ! Malheureusement je suis tout juste tombé dessus, et je ne l’ai pas moi-même, donc je ne peux en rien attester du fonctionnement du jeu, ni du livret etc.

Voici le lien : https://www.drivethrucards.com/product/269837

Et des illustrations officielles tirées du site de vente :


Rédaction d’un livret pour les débutants

Bonjour à tous,

Cela fait déjà des années que je me rends compte que je n’ai pas rédigé une synthèse des informations primordiales sur la Déesse Morrigan. Il y a notamment plein de TRÈS vieux articles dans la catégorie « correspondances » qui n’ont jamais été complétés, je n’ai jamais rédigé de « FAQ » pour les gens qui découvrent Morrigan, etc, et j’ai toujours su que c’était un gros manque. Le temps avançant, j’ai de moins en moins de temps pour moi et je dois trier (désolée si je le répète souvent), et je voyais cette situation en me disant « un jour je vais le faire », « un jour je vais y arriver ». Mais je n’ai pas pu mettre en place les choses pour. Or un membre de notre communauté est venu vers moi en posant toutes les questions que je voyais manquer au site. Exactement toutes les questions qu’on se pose quand on ne pratique pas le paganisme depuis longtemps. Forcément, je me suis sentie prise la main dans le sac. Tous les manques auxquels je disais « c’est bon, j’ai le temps », et PAF, non t’as pas le temps. Et je sais que d’autres se posent la question sans le dire, ou que d’autres après-eux. De fait, à mon avis, tout comme les vidéos qui déconstruisent les clichés sur la Déesse Morrigan, il faut que cet objectif devienne prioritaire sur l’Antre.

La résolution est donc prise : je vais commencer la rédaction d’un document à l’usager des « débutants » sur le chemin. Il sera probablement synthétisé au format PDF au bout du compte, et disponible sur le blog.

Ce que j’aimerais beaucoup, c’est que même si j’effectue la synthèse, il soit également en partie alimenté par la communauté, par vous. Tous vos retours seraient les bienvenus, je viens d’ouvrir une section du forum pour accueillir plus facilement les échanges, suggestions, etc, pour que ça soit structuré. Comment vous pourriez aider ? Tout le monde aider, y compris les « débutants » justement, c’est le moment de poser vos questions, d’apporter votre regard.

  • Vous pouvez m’aider à choisir le titre du livret. Est-ce qu’on garde « livret » ? Est-ce que je l’intitule à la façon moderne « FAQ-quelque chose » ? Ou bien par la question telle que se la formalise les « débutants » ? …
    + Je cherche un terme autre que « débutant » pour le titre, parce que dans notre société actuelle il a tendance à sonner comme un jugement (et péjoratif). Je suis donc ouverte à toutes vos suggestions ;
  • J’aimerais rassembler toutes les questions pratiques : quelles sont les choses que vous cherchiez quand vous vouliez pratiquer avec Morrigan la première fois ? Quelles sont les questions que vous vous êtes posés, vous posez encore ?
  • A terme j’aimerais bien aussi proposer les questions sous forme de questionnaire, et laisser tous les membres répondre, pour collecter des variétés de pratique (cf. Non pas chercher ce qui est « juste » par rapport à une « tradition », mais chercher les expériences de chacun)
  • Vous avez peut-être dans votre sac / ordinateur déjà des ressources sur ce sujet : des articles, des livres, des sources etc. On pourrait les mettre en commun sur le forum.
  • Il me faudra probablement un coup de main sur la mise en page si on veut faire quelque chose de joli qui dépasse le simple « document word ».
  • Si on a quelques illustrations, ça serait plus sympa.

Y a plein de choses à faire, à définir, à questionner. Je viens tout juste de formuler l’idée, donc je n’ai pas plus à en dire pour l’instant. Mais je serais ravie que l’on se retrouve autour de ce projet à délivrer à l’ensemble de la communauté francophone.


Accéder à son pouvoir : tirage d’Iria Del

Voici un tirage avec des énergies parfaitement guerrières réalisé par Iria Del (page originale) :

« 🍎EMPOWERMENT🍎

Tu veux accéder à ton pouvoir? Sans peine, sans te salir, sans effort, sans larmes, sans difficultés… Le vrai pouvoir n’est malheureusement pas un shoot lumineux prêt à mâcher livré sur un nuage cotonneux par des anges bienveillants. Bien souvent, c’est une chute dans l’abîme, une quête effrayante, non balisée, une invitation à croquer le fruit interdit qui te guérira ou t’empoisonnera. Les garanties n’existent plus ici. Tu es sur le territoire des saintes guerrières, de celles qui arrachent leur droit à être elles-mêmes parce que personne ne les laissera incarner leur vérité. Plus de permission à demander. C’est seule que tu pourras y arriver. En gardant tes trésors pour toi au lieu de les déposer aux pieds de ceux qui les piétinent. Si tu as besoin de temps pour laisser ce pouvoir exploser, sois patiente et stratège. Joue le jeu de la sérénité. Et le moment donné, abats tes cartes.« 


Déconstruire des clichés : Morrigan et l’Autre Monde, pas le Monde d’en Bas

Connaissez-vous l’origine du design de l’Antre ? Ceux qui suivent le blog depuis la première heure auront probablement fait le lien, mais ça n’est pas le cas de tout le monde, alors je reviens dessus pour éviter d’entretenir un mythe.

Lorsque j’ai créé le sanctuaire (l’Antre), je l’ai fait sur demande et inspiration de la déesse (Morrigan). À l’époque j’avais encore très très peu de connaissances théoriques sur le sujet, car je l’avais découverte il y a « peu ». J’étais dans une phase de ma spiritualité / religion où je souhaitais effectuer le chemin inverse de celui qui m’avait été appris. Plutôt que de lire tout ce que je pouvais sur une divinité et d’aller la chercher ensuite, je suis allée à la rencontre de la divinité. Comme je l’ai relaté dans le passé (lien de l’article), j’ai été guidée lors d’une méditation-visualisation de la période sombre, et je ne savais pas qui je trouverais au bout du chemin. Ce moment a été tellement clé pour moi, que lorsque j’ai créé le blog un an plus tard environ et que j’ai dû trouver une « iconographie », un thème, impossible pour moi de sortir de cette métaphore de la caverne. D’où le titre retenu, et le design sombre avec sa bannière à image de grotte. Parce que c’est là que j’ai rencontré la déesse, et que, par la suite, les premiers travaux que j’ai dû faire étaient des travaux sur l’Ombre (concept symbolique, psychologique, jungien).

Cependant, je crois qu’aujourd’hui, pour les nouveaux venus et les gens qui ne connaissent ni le blog, ni la déesse, il est temps de rappeler les fondamentaux mythologiques. Si j’ai associée la déesse à la grotte sombre, et s’il existe une grotte célèbre en Irlande (la Grottes aux chats) Morrigan n’est pas associée par les sources premières aux dessous de la Terre. Elle n’est pas une déesse dire « chtonienne », du monde d’en bas et des morts. L’autre monde chez les celtes (irlandais) n’a rien à voir avec une absence de lumière et les entrailles de la terre. Nous n’avons ni similarités avec la mythologie chrétienne, ni le mythologie grecque.

Lora O’Brien a partagé une vidéo rapide à ce sujet récemment. Je me permets d’en synthétiser les d’éléments majeurs pour les non anglophones ici sous la vidéo.

Points essentiels :

  • Dans la mythologie irlandaise, il n’y a pas de « monde d’en bas » (Underworld) qui soit le royaume des morts ; les morts vont notamment sur une île plus ou moins ou sud ouest d’Irlande (quelques autres endroits sont mentionnés dans les textes) ;
  • « l’Autre Monde » (Otherworld) n’est pas « le monde d’en bas » (Underworld) ;
  • L’Autre Monde était un élément essentiel de la religion / spiritualité de nos Ancêtres, toute chose religieuse / spirituelle était issue de ou concernait l’Autre Monde ; c’était un monde parallèle, tout juste contre le nôtre ;
  • Difficile de faire des généralités sur l’Autre Monde, car c’est très vaste, il y a plein de subtilités et variations (de la même façon que la « Terre » est vaste et variée, avec des tas d’être vivants différents etc) ;
  • La Morrigan est associée à l’Autre Monde (Otherworld) comme tous les Tuatha De Danann et au « Sidh Mound » (les monts du Sidh, les collines de fées, les tumulus, etc) ;
  • La Morrigan n’a pas d’association à la mort en tant que telle ;
  • Il y a une association très lointaine de Morrigan avec la banshee, mais c’est une conception tardive dans le folklore autour de cet être ; « banshee » veut juste dire « femme fée », « femme du Sidh » ; par la suite, la banshee a pu être un esprit ancestral de certains clans irlandais importants, elle apparaissait avant une bataille, lavant les vêtements de ceux qui mourraient le lendemain au champ de bataille ; ceci est associé au personnage du « washer at the ford » (lavandière du gué), mais qui n’est pas la Morrigan en soi, c’est un « type » d’être de l’Autre Monde ;
  • Ces associations auraient probablement dû être faites plutôt à propos de Badbh qui est liée au champ de bataille et au fait de collecter les morts plutôt que Morrigan ;
  • Morrigan n’est pas Hel(a), la reine de l’Autre Monde, la reine des Morts, etc ;
  • Pour en revenir au « Sidh Mound », n’oubliez pas qu’elle a son propre Tumulus, « Oweynagat », la grotte aux chats ; c’est une des entrées majeures vers l’Autre Monde ;
  • Lora a travaillé des années en tant que manager de cet endroit, et de façon personnelle (spirituelle) ; dans son expérience et sa compréhension du lieu, Maeve était la responsable de toutes les affaires de « notre » côté / monde, les domaines communautaires et ancestraux, tandis que la Morrigan était responsable des affaires de l’Autre Monde ; Maeve représentait le souverain de notre Monde, tandis que Morrigan représentait le souverain de l’Autre Monde ; attention, le « souverain » n’est pas à prendre dans notre sens contemporain de roi / reine, Lora n’est pas sûr qu’il y ait un grand souverain générique pour l’ensemble de l’Autre Monde ; c’est plus dans le sens de responsabilité et de gardiennage ;

Traduction réalisée par mes soins (Valiel), et avec l’autorisation de Lora O’Brien pour l’Antre.


Cathubodua, Thalia Took

Une représentation très graphique, en 4 couleurs, de Thalia Took (Page originale).


Justesse de notre Être et de nos Actions

Source : une publication du groupe Facebook  « Morrigu’s Daughters: A Sisterhood Dedicated to The Great Queen »:

« Un magnifique message sur la Justesse de notre Être et de nos Actions. » – Valiel

Version originale :

Good evening everyone! Lately I have been reading all over FB hate spewed from both sides of an argument, which led me to question- is there even a right side to be on anymore?”

Sat down with The Great Queen and started writing and thought I would share. Would love to hear how we, as daughters of the the Great Queen, can lead by example and rise above.

“Remember don’t just talk the talk, but walk the walk. Live at a higher vibration and do not judge others – their journey is not the same as yours.

Learn something from everyone you meet. You may be surprised at how you evolve.

Pointing fingers at another does not make you the better person. Actions speak louder than words.

Accept your mistakes and make them a platform to learn from, breaking the cycles and change future outcomes, while healing your past.

Apologize when necessary but remember you are not a sorry person. We all make mistakes and every decision we make leads us to the next step of our journey. Find the beauty of being imperfect.

Honor those who came before you. It is where our wisdom lies. The stories, parables and whispers of our ancestors is part of our legacy and will remain for generations to come.

And make this lifetime something magickal and worth remembering!”

Much love and many blessings!
-Ivy

Traduction semie-automatique (l’automatique était vraiment trop mauvaise, j’ai procédé à des modifications – Valiel) :

Bonsoir tout le monde ! Dernièrement, j’ai lu partout sur fb de la haine crachée des deux côtés d’un débat houleux, ce qui m’a conduit à me poser des questions – Existe-t-il seulement un côté juste à choisir ? »

Je me suis assise avec la grande reine et j’ai commencé à écrire et j’ai pensé que je pourrais le partager. J’aimerais savoir comment nous, en tant que filles de la grande reine, pouvons montrer l’exemple et nous élever.

« Souviens-toi, ne te contente pas de parler seulement, mais joins le geste à la parole. Vis sur une vibration plus élevée et ne juge pas les autres – leur voyage n’est pas le même que le tiens.

Apprends quelque chose de tous ceux que tu rencontres. Tu es peut-être surpris(e) de la façon dont tu évolues.

Pointer quelqu’un du doigt ne fait pas de toi quelqu’un de meilleur. Les actions parlent plus fort que les mots.

Accepte tes erreurs et fais-en une plate-forme pour apprendre, brise ainsi les cycles et change les résultats futurs, tout en guérissant ton passé.

Excuse-toi si nécessaire, mais souviens-toi que tu n’es pas une personne autocentrée qui passe son temps à s’apitoyer sur son sort. Nous faisons tous des erreurs et toutes les décisions que nous prenons nous conduisent à la prochaine étape de notre voyage. Trouve la beauté d’être imparfaite.

Honore ceux qui sont venus avant toi. C’est là que se trouve notre sagesse. Les histoires, les paraboles et les murmures de nos ancêtres font partie de notre héritage et resteront pour les générations à venir.

Et faire de cette vie quelque chose de bienfaisantes et qui vaut la peine de se souvenir ! »

Beaucoup d’amour et beaucoup de bénédictions !
– Ivy


Comprendre la différence entre l’appropriation culturelle et l’appréciation culturelle

Voici une vidéo essentielle de Lora O’Brien (que vous pouvez retrouver sur Facebook, sur Youtube, sur Patreon etc) dont je partage souvent ici les travaux. Elle est relativement courte (20 min) étant donné la densité du sujet, elle est vraiment limpide et pleine de suggestions concrètes ! Pour moi, la question de la décolonisation et de l’appropriation culturelle est essentielle, bien que je pratage très peu dessus car je me sens absolument novice. Cela entre pour moi pleinement dans la phase guerrière et juste (justice) du travail avec la Morrigan. Aussi, comme le signifie Lora à la fin de sa vidéo, le paganisme irlandais (et dans mon cas, le paganisme « celte ») est fondé sur ce principe clé de la relation juste. Pour équilibrer les relations, et les dynamiques de pouvoir, nous avons tous besoin de prendre du temps de réfléchir à ce sujet et de procéder à des actes clairs pour réparer ce qui a été fait, et sortir des schémas du passé.

Avec l’accord de l’auteure, je transcris ici un résumé de la vidéo. Il ne s’agit pas d’une transcription fixe, ligne à ligne, mot à mot. Je résume les grandes idées, je mets en forme des titres, j’ai arrangé l’ordre, et j’ajoute parfois des exemples.

Note préliminaire : il est assez délicat de savoir comment traduire en français le mot « native ». Il y a 15 ans je me serais posée moins de questions je pense, mais avec la montée des extrêmes en Europe, certains termes ont pris une connotation terrible. « Native » peut se dire « natif », mais le mot n’est pas toujours explicite en contexte ; l’expression de base est une personne « de souche », qui est devenue très connotée racisme d’extrême droite… Pour cette raison, vous trouverez partout dans le résumé des guillemets autour de cette expression, parce que je l’ai trouvée problématique (mais ça ne devrait pas en fait, c’est factuellement ce sens-là.)

Quelle est la différence entre le fait d’aimer, d’apprécier, une culture, et le fait de se l’approprier ?

[Note contextuelle de Valiel] Cette réflexion découle des mouvements de décolonisation qui ont eu lieu partout dans le monde depuis le milieu du 20e siècle : l’appropriation culturelle est un comportement colonisateur non acceptable.

[Résumé de la vidéo de Lora]

L’appropriation culturelle découle d’une attitude de besoin et de satisfaction immédiate : j’adore cette chose (ndt: les attrapes rêves, la roue de médecine, les chakas, la kundalini…), elle me plaît, je la veux, je la prends ; souvent, je la sors de sa culture, de sa langue, de son contexte. Si on voulait le résumer en un mot, l’appropriation culturelle c’est « prendre ».

Petit résumé d’introduction :

Vous êtes sur un terrain sain, vous n’êtes pas en situation d’appropriation culturelle, si :

  • Vous ne gagnez pas d’argent avec
  • Vous ne l’enseignez pas
  • Vous n’avez pas gagné un statut social supérieur uniquement sur cette base

L’exemple d’appropriation classique :  enseigner cette / ces chose(s) alors qu’une personne « native », de souche, pourrait / devrait le faire. Dans ce cas-là, vous prenez la place (physique, morale, et « vocale ») qui devrait être occupée par une personne de souche (native), mais à laquelle on ne donne pas cette place (ndt: par interdit, par manque d’attention, etc ; c’est un privilège, parfois lié à la couleur de la peau mais pas forcément). Vous pourriez donc être dans l’intention bienveillante de promouvoir à tout prix une culture, alors que vous vous êtes en réalité approprié un fragment d’une culture qui ne vous appartient pas.

Si vous retrouvez dans les cas mentionnés ci-dessus : il va falloir s’asseoir un long moment et réfléchir à ce que l’on fait. Ensuite, se rendre compte que pour rééquilibrer cette dynamique (appropriation) il est possible de « rendre », de donner au lieu de prendre. Par ailleurs cela est nécessaire pour tout le monde, également si l’on est dans « simple » démarche d’appréciation culturelle. Il est essentiel de rendre à cette culture qui nous a tant donné (puisque l’on apprécie autant).  Lora nous donne des conseils pratiques pour rétablir l’équilibre et donner :

  • Soutenir des créateurs et artistes « de souche » (tout type de contenu ; des écrivains, des musiciens, des peintres, des vidéastes… etc) ;
  • Souscrire à des Patreon, des crowd-funding (type kickstarter), acheter des livres de personnes « de souche », …
  • Regarder des vidéos qui viennent de sources « originales » (des personnes ou groupes de personnes dont c’est la culture d’origine)

Il s’agit donc de vérifier toujours ses sources et de les interroger :

  • (exemple) Qui a fait ce film sur l’Irlande ?
  • De quelle origine est le réalisateur ?
  • De quelles origines sont les acteurs ?
  • Est-ce qu’il y a une star irlandaise ?
  • Est-ce que c’est tourné en Irlande ?

Les conseils pratiques quand nos budgets sont limités : on dit bien « le temps c’est de l’argent », donc on peut donner de notre temps :

  • Écrire des revues / critiques (reviews) de livres / jeux / films / etc de la culture donnée, exécuté par des personnes « de souche » ;
  • Laisser des évaluations sur les sites de ces créateurs ;
  • Aller à des événements organisés par eux ;
  • Amplifier les messages de ces personnes, artistes, créateurs, enseignants, sur les réseaux sociaux ;
  • En parler à nos proches, nos amis, partager nos ressentis sur vos blogs ou vos pages ;
  • Trouver des causes charitables et les soutenir (des associations locales)

Au sujet de ce dernier point, Lora rappelle que si ces personnes, dans leur pays, sont actuellement en situation de crise, si elles sont cantonnées à « survivre » plutôt que « vivre », elles ne pourront pas créer, enseigner, développer, promouvoir leur culture, faire survivre leur langue etc. Quelques exemples de causes : les abris pour les femmes, pour les sans-abris, de l’activisme écologique, la défense de la faune et flore, du paysage, etc. Qui essaie de défendre la société, la vie de ses habitants ? Si vous appréciez une langue, une musique, une culture, etc, ce sont les gens qui la créent, et s’ils sont dans le besoin ils ne pourront pas le faire.

Le cas de la langue est également très marquant, beaucoup de langues sont en danger de disparaître (y compris l’irlandais) :

  • nous pouvons les apprendre ;
  • donner à nos proches l’envie de les apprendre ;
  • cherchons des ressources de qualité, et partageons-les autour de de nous ;
  • donnons un peu d’argent à ces organisations de sauvegarde lorsque nous pouvons (des bibliothèques par exemple, des projets d’archives en ligne etc)
  • Exemple : si nous sommes intéressés par le paganisme irlandais, Lora nous invite à nous rendre sur le site de https://www.duchas.ie/  et nous renseigner pour aider à transcrire la collection folklore (National Folklore) ;

Un autre rappel : « Never speak over, for, or instead of a native person« . Autrement dit :

  • never speak over : ne coupez pas la parole ou ne parlez pas plus fort qu’un natif  (ne prenez pas tout l’espace de parole) ;
  • never speak for : n’exprimez jamais les convictions ou la position d’un natif ;
  • never speak instead of : ne parlez jamais à la place d’un natif.

Ce n’est pas parce qu’une personne travaille avec une culture depuis longtemps qu’elle sera plus qualifiée qu’une personne « de souche ». Les créateurs et les enseignants natifs ont souffert d’un grand trauma de dépréciation générationnel. Leur culture a longtemps été insultée, vue comme inférieure, arriérée, etc (c’est le processus de colonisation), et donc il est très difficile d’avoir confiance en ce que l’on fait, de prendre la parole, de promouvoir ce qui a été dégradé. Ils auront tendance à se sentir systématiquement moins bon qu’un autre. C’est important de prendre quelques pas de recul, et de laisser la place à un natif, pour booster sa confiance en soi, pour redonner une place qui leur a été volée aussi.

 

– Valiel.

 


Morrighan par Iecee

Un vrai coup de cœur

Morrighan by Iecee

Morrighan par Iecee,
En argile cuite et émaillée.

Source: https://www.deviantart.com/iecee/art/Morrighan-33472582

Aubépine


« La Morrigan: à la rencontre des grandes reines » de Morgan Daimler

« La Morrigan : à la rencontre des grandes reines » de Morgan Daimler
Parution le : 24/01/2019
Éditeur(s) : éditions Danaé
Traducteur : Hervé Solarczyck
ISBN: 979-10-94876-32-9
Prix: 12 €

Jusqu’ici le seul livre francophone était le très bon et très universitaire « La souveraineté guerrière de l’Irlande » de Françoise Le Roux et Christian-J. Guyonvarc’h (Référence ISBN 978-2-36747-019-1 pour les intéressés)

Selon toute vraisemblance, les éditions Danaé nous offrent ici la traduction de « The Morrigan: Meeting the Great Queens » de Morgan Daimler, un livre considéré comme un livre de référence sur La Morrigan. 

Morgan Daimler est depuis des années une référence dans le milieu païen anglophone, connue principalement pour être une « spécialiste » de la Morrigan et de Faery. Elle fait partie des personnes qui emploient une approche systématiquement sourcée et appuyée sur beaucoup de rigueur intellectuelle, ayant un travail proche (voire identique?) de la démarche académique. Parallèlement à ses livres, qui sont de véritables condensés synthétiques sur un thème donné, elle a publié intensément sur son blog (Living Liminally) depuis de nombreuses années, autant des poèmes que des micros articles à thème sur la Morrigan et le domaine des Êtres du Sidh, entre autres.  Récemment, elle a commencé également à y vulgariser et à proposer des articles un peu moins « austères ». Auteure, elle compte de nombreux livres à son actif, dont des introductions à la religion polythéiste irlandaise, à Manannan Mac Lyr, à Brigid, mais aussi également de la fiction.

Mot de l’éditeur: Morrigan, déesse de la guerre, de la bataille, de la pophétie, de la mort, de la souveraineté et de la magie, continue encore aujourd’hui d’affirmer sa présence et son importance, avec la même force que dans les siècles passés. Ce livre constitue une introduction à la Morrigan et à plusieurs déesses apparentées qui partagent son titre (y compris Badb et Macha). Il vous permettra d’en apprendre davantage sur elle et de vous préparer à travailler avec elle dans les meilleures conditions. Car jusqu’ici, répondre à l’appel de Morrigan signifiait souvent relever le défi de trouver son histoire et son mythe dans un océan de désinformation, de suppositions et de textes anciens devenus difficiles à trouver. Grace à cet ouvrage, toutes les informations nécessaires sont désormais à votre portée.

La Morrigan : à la rencontre des grandes reines


« Badb Catha » de Bridget Underwood

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« Badb Catha » de Bridget Underwood (c)


Lauren Daigle, « Rescue »

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas fait cette expérience bouleversante… Un grain de voix que je ne connais pas mais qui semble racler le fond de mon estomac, foudroyer mes intestins. Quelques mots que j’entends, reconnais, et qui transpercent mon cœur, agité soudain de soubresauts incompressibles. Je ne suis pas sûre que cette chanson ait quelque chose d’original ou de particulier, mais son émotion s’est alignée avec mon corps et a fait déborder le vase. Peut-être que parmi vous, anonymes qui lisez ce blog, qui connaissez ou non la Déesse Morrigan, peut-être que vous aurez également besoin d’entendre ces mots. Juste au cas où, juste pour que vous sachiez que vous n’êtes pas seuls, je dépose ici cette chanson pour d’autres que pour moi.

[Verse 1]
You are not hidden
There’s never been a moment
You were forgotten
You are not hopeless
Though you have been broken
Your innocence stolen

[Pre-Chorus 1]
I hear you whisper underneath your breath
I hear your SOS, your SOS

[Chorus 1]
I will send out an army to find You
In the middle of the darkest night
It’s true, I will rescue you

[Verse 2]
There is no distance
That cannot be covered
Over and over
You’re not defenseless
I’ll be your shelter
I’ll be your armor

[Pre-Chorus 1]
I hear you whisper underneath Your breath
I hear your SOS, your SOS

[Chorus 2]
I will send out an army to find You
In the middle of the darkest night
It’s true, I will rescue you
I will never stop marching to reach you
In the middle of the hardest fight
It’s true, I will rescue you

[Bridge]
I hear the whisper underneath Your breath
I hear you whisper, you have nothing left

[Chorus 2]
I will send out an army to find You
In the middle of the darkest night
It’s true, I will rescue you
I will never stop marching to reach you
In the middle of the hardest fight
It’s true, I will rescue you

[Outro]
Oh, I will rescue you


Liste de références sur la Morrigan

Bon, il était temps. quand j’ai vu qu’encore un membre du groupe facebook était venu demander des références de livres sur la Morrigan, je me suis dit qu’on avait trop attendu pour créer ce post et le compléter collectivement. Posez donc toutes vos questions en commentaires, ajoutez vos avis, ajoutez vos propres références, et on fera un mélange !

Valiel

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Sources primaires

Liste des histoires irlandaises associées à Morrigan à consulter:

– Cét-Chath Maide Tuired
– Cath Maige Tuired
– Lebor Gabala Erenn, volume 4
– Banshenchas
– Dindshenchas, particulièrement Odras, Berbas, et Bru na Boinde
– Adventures of Nera (Echtra Nerai)
– Cattle Raid of Regamna (Tain Bo Regamna)
– Cattle Raid of Cooley (Tain Bo Cuiligne)
– Wooing of Emer (Tochmarc Emire)
– The Death of  Cu Chulainn (Aided Cuchulainn)

D’autres textes existent concernant Badb et Macha. Merci à Morgan Daimler pour cette liste, qui nous indique également que ces textes sont accessibles en bilingue sur le site de Mary Jones : http://maryjones.us/ctexts/index_irish.html

Je vous conseille également de consulter la bibliographie absolument géniale du groupe du Coru que je viens de découvrir ! (je suppose que la page a été créée ou complété récemment) On vous y nomme très bien dès le départ la classification et les noms des cycles irlandais originaux, avec une phrase-résumé. S’ensuit une longue liste de textes de références, dont je me rends compte qu’elle recoupe les recherches que j’ai faites récemment moi-même.

Pour ce qui est du « Táin Bó Cúailgne », Lora O’Brien en a réalisé un guide de lecture sur son site (des explications ; un résumé du texte ; des références académiques ; une série vidéo de lecture du texte).

 

Sources secondaires universitaires

Strictes

– CAREY, John, “Notes on the Irish war-goddess”, Éigse 19:2 (1983): 263–275.
– DUMEZIL, Georges, « Le trio des Macha », in Revue de l’histoire des religions, tome 146, n°1, 1954. pp. 5-17. (article en français ; lien Persée.fr)
– HENNESSEY, WM, « The Ancient Irish Goddess of War« , in Revue Celtique 1 (1870–1872): 32–55, 55–57, 501. (Court texte disponible au format texte sur le site de Sacred Texts ou au format pdf sur archive.org)
– LE ROUX, Françoise, GUYONVARC’H, Chr.-J., La Souveraineté guerrière de l’Irlande, Yoran Embanner, 2016. (ouvrage en français)
– MOWAT, Catherine : “The ’mast’ of Macha : The Celtic Irish and the War Goddess of Ireland. ”, Barbara Roberts Memorial Book Prize Winner, Athabasca University, 2003.

Comparatives

– BECK, Noémie, « Goddesses in Celtic Religion – Cult and Mythology: A Comparative Study of Ancient Ireland, Britain and Gaul », thèse de doctorat en études anglophone, sous la direction de Neil DAVIE et Daithi O HOGAIN, Université Lumière Lyon, 2009, 603p. (ouvrage en français ; accessible en ligne). Note: c’est le chapitre 3 qui nous intéresse, portant sur les divinités celtes du territoire et de la guerre.
– EPSTEIN, Angelique Gulermovich, “The Morrígan and the Valkyries”, in: Greppin, John, and Edgar C. Polomé (eds), Studies in honor of Jaan Puhvel, 2 vols, vol. 2: Mythology and religion, JIES Monograph 21, Washington, DC: Institute for the Study of Man, 1997. 119–150.
– EPSTEIN, Angelique Gulermovich,  » War Goddess – The Morrigan and her Germano-Celtic Counterparts », dissertation at the University of California, Los Angeles, 1998. (Une version pdf disponible ici)

Pour d’autres ressources académiques, je vous invite à consulter la bibliographie du Coru mentionnée plus haut. Pour l’instant je n’ai moi-même pas pu poursuivre mes recherches (et je reste centrée sur la divinité elle-même, pas sur le culture irlandaise en général).

Sources contemporaines

LES livres de référence sur la Morrigan à mettre entre toutes les mains

– DAIMLER, Morgan, Pagan Portals – The Morrigan: Meeting the Great Queens, Moon Books, 2014. (ouvrage traduit en français : voir cette page)
– LE ROUX, Françoise, GUYONVARC’H, Chr.-J., La Souveraineté guerrière de l’Irlande, Yoran Embanner, 2016. (ouvrage en français)
– RAVENNA, Morpheus, The Book of The Great Queen: The Many Faces of the Morrigan from Ancient Legends to Modern Devotions, Concrescent Press, 2015.

Les textes acceptés

– WOODFIELD, Stephanie, Celtic Lore & Spellcraft of the Dark Goddess, Invoking the Morrigan, Llewellyn Publications, U.S., 2011  (infos ici sur l’Antre)
– By Blood, Bone, and Blade: A Tribute to the Morrigan, éd. Nicole Bonvisuto, Neos Alexandria, 2014  (un article ici sur l’Antre, une édition corrigée existe)
– MARZIN Suileabhan, « Un paganisme sombre dédié à Morrigan », disponible sur son blog (en ligne ou en pdf). (article en français) Note: Je n’adhère pas du tout à tout ce qui est dit, mais pour une fois on a droit non seulement à un écrit contemporain français (et d’un pratiquant), mais aussi à un écrit rigoureux : rédigé clairement et sourcé (citations et vraie bibliographie).

Les livres à éviter ! 

– RANKINE, David, D’ESTE, Sorita, The Guises of the Morrigan, Avalonia Books, 2005.
– PENCZAK, Christopher, Feast of the Morrighan, Copper Cauldron Publishing, 2012.

 


Un tarot thématique sur le corbeau

Je ne connais pas du tout l’artiste, je viens à peine de découvrir l’information, donc je n’ai aucune recommandation à faire, ou aucune mise en garde. Mais je partage pour celles et ceux que cela pourrait intéresser. Un projet de tarot (américain) entièrement centré sur la figure du corbeau. Un projet qui n’a plus que 2/3 jours pour clôturer, proche du but mais pas encore. Cela pourrait intéresser certains ici :

 

https://www.indiegogo.com/projects/fly-through-the-veil-with-the-crow-tarot

EDIT : après un balayage rapide de la page, et pour les personnes pas très à l’aise avec l’anglais, ce passage important : « The deck is scheduled to be released by U.S. Games Systems later this year – but you can be one of the first to get your copy as soon as it is released by supporting my Crow Tarot Journal project and because the decks will be shipped to be for distribution – I will sign each box and add a little hand-written note of thanks!  » ==> Le jeu sera publié avec US Games plus tard (automne 2018?), mais acheter le jeu maintenant c’est soutenir l’artiste, avoir une copie en avance et signée, et un petit mot manuscrit.

On dirait que l’auteur a fait énormément d’ajouts aux récompenses, vraiment, la page est à lire, un site web est disponible, elle présente un journal de travail (workbook) qui accompagnera le tarot et le livret… Il y a de la matière pour réfléchir. Il y a un site web, un facebook….


Le foyer après la guerre

Coup de cœur pour ce magnifique récit…. Il faut pouvoir apprécier la langue dans sa beauté, mais malgré tout, une traduction sommaire donnera probablement une bonne idée du contenu même si le côté littéraire sera « perdu » : « Home is where the Hearth is » par Scealai Beag.

******

She stopped outside her home and dropped her shield and spear upon the ground.  Tired aching pained muscles shirked the pack from her shoulders.

Walking into the welcoming darkness of her home she moved towards the back and froze.

She was not alone.

Her eyes roamed the space as her hand drifted towards the blade at her hip, warrior instinct triggering a primal warning in the recesses of her brain.

There.

The fire had been banked before she left for the Battle. Now it danced merrily in logs that must have been burning for hours, her cauldron strung over the heat, yet no scent of cooking filled the space.

Inhaling deeply she picked up a smell from the second alcove of the cave, where the spring filled the pool. The movement of the water and the damp earthy aroma almost masked the scent, one that was strangely more earthy than the very rock and clay around it.
Moving forward confidently now, she entered the back of the cave knowing full well who was there.
The hulking broad figure was silhouetted by the candles at play about the pools edge and she heard a strange noise as something, blocked from her sight, dropped into the water’s depths.
How is it that you come so freely into this space?
Her voice cracked the silence wide open with its demand. Her Will driven into the words, a Will that commanded armies and made the very air freeze, and time cease its march.

The figure stood slowly, turning towards her.

As His eyes fell upon Her, the primal part of her brain shuddered and a need to fight or flee skittered its way toward her thoughts only to be crushed mercilessly by her Will.

She was the better of most and the equal of only one, She would dictate her path.
She alone.

Her eyes fell to his hands. Broad and strong, with skin creased from work, they were held palms up, out towards her.
In the darkness, she could barely see his face but the smile he wore was as plain as the dawn and almost as bright.
Silence, warm and comfortable rolled itself back into the space.
Stepping forward she spread her arms out wide. They had played this game before.

With gentle hands, he pulled the léine from her shoulders and the trews from off her legs.

With vestments of war left in a bloody pile on the rock, he lead her to the pool. As her foot touched the water she could not suppress her hiss of surprise.

The water, normally cool and refreshing, was warm as steam rose from its surface.

Her eyes locked on his as her brain worked rapidly. Her exhalation had not gone unnoticed and a soft chuckle rumbled from his chest.
 
Rocks. Heated on the fire and placed in the water. 
It was a statement of a truth discovered with quick thinking and perception, and though there was no question to it, he nodded in answer.
Stepping down into the rock pool She turned to see if he would follow. Surprised again, she took pause to watch as the game changed further, he sat upon the pool’s edge and lifted a comb into his hands.

Turning her back to him She settled into the water, then felt his big gentle hands undoing her war braids one at a time, lifting water cupped in his palm to wash and work the blood and viscera from her mane.

As the last braid was cleansed the heat had soaked its way into her, relieving her war weary muscles of their aches.  With her hair fanned out about her she felt the comb enter her tresses.
 
Welcome home my love.
The basso voice slipped softly through the silence, and as the rumbling relaxing song began on his lips, the Dagda began to comb the Morrigan’s hair.

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*********

 


Morrigan et la guerre, littéralement

Un bon article de rappel sur Morrigan en tant que Déesse de la guerre. (Source: Patheos, Morgan Daimler)

Cela ne nous plaît pas toujours aujourd’hui de la voir dans cet aspect « sanglant », mais cela n’est pas une raison pour le nier et « déformer » la signification de la Déesse. L’auteur rappelle d’abord les sources antiques que nous avons (ex: Strabo) qui explique que les Celtes étaient des guerriers accomplis qui « aimaient » la guerre, que Morrigan est connue pour inciter / encourager les guerriers au combat (ex: dans le  Cath Maige Tuired, elle encourage notamment Lugh ; mais aussi dans le Tain), et pour terroriser les ennemis. Dans « son » « aspect » Badb, elle incarne littéralement le carnage (Cath Maige Tuired Cunga), le sang, la charogne qui vient grignoter les cadavres.

Puis, il explique que certains caractéristiques peuvent rattacher Morrigan à la paix, mais pas celle que l’on pense au premier abord (pas le pacifisme). Premièrement, c’est plutôt dans son aspect prophétique, quand elle est représentée comme celle qui peut dire quel camp va gagner. Deuxièmement, la paix entre en compte quand on la définit comme « liberté » : être libre de la peur, de la violence, de l’oppression. Or justement, la « paix » paradoxalement demande parfois qu’on se batte. A priori, quand Morrigan défend un camp, incite à la guerre, il s’agit de libérer un peuple de l’oppression, de regagner cette « paix »-là. La paix n’est pas gratuite, elle demande un coût.

L’auteur conclut en expliquant que selon lui nous affaiblissons les Dieux si nous les modelons selon nos désirs (pour les adoucir ou autre).


Un peu surprenant, Mylène Farmer « Fuck Them All »

Un partage de Vincent Smile: « Vulgaire & franche mais pour moi bien Morrigan. »

« Fuck Them All »

La nature est changeante
L’on respire comme ils mentent
De façon ravageuse
La nature est tueuse
Au temps des «Favorites»
Autant de réussites
Pour l’homme qui derrière a…
Une «Belle» qui s’affaire… à
Faire… de leur vie un empire
Blood and tears!
Faire l’amour à Marie
Blood and tears!
Et « Marie » est martyre
Blood and tears
Sur le mur: nos soupirs!
Fuck Them All!
Faites l’amour
Nous la guerre
Nos vies à l’envers
Fuck Them All!
Faites l’amour
Nous la guerre
Saigner: notre enfer!
Fuck Them All!
Faites l’amour
Nous la guerre
Nos vies à l’envers
Blood And Soul
Faites-le nous!
Dans le texte
Le sang c’est le sexe
De nature innocente
L’on manie élégance
Et d’une main experte
D’un glaive l’on transperce
Les discours trop prolixes
Que de la rhétorique
Lâchetés familières
Qui nous rendent guerrières
Faire… de leur vie un empire
Blood and tears!
Faire l’amour à Marie
Blood and tears!
Et « Marie » est martyre
Blood and tears
Sur le mur: nos soupirs!
Hey Bitch, you’re not on the list
You Witch! You suck, you bitch! (they said)
Hey Bitch, you’re not on the list
You Witch! You suck, you bitch! (they said)
Hey Bitch, you’re not on the list
What’s your name again?
Hey Bitch, you’re not on the list
You Witch! You suck, you bitch!
Hey Bitch, you’re not on the list
Hey Bitch, you’re not on the list
You Bitch, you’re not on the list
You Witch! You suck, you bitch!

 

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Quelques mots pour introduire cette chanson et ce clip; on pourrait longuement disserter sur la question, mais je n’ai pas le temps. Le clip présente des corbeaux qui rôdent, une femme rousse aux cheveux longs en manteau noir, une femme rousse aux cheveux coupés enfermée dans une cage ; je ne peux me débarrasser de cette impression métaphorique de chasse aux sorcières. Mais il y a aussi la question du double, cette femme qui voit en réalité une autre partie d’elle-même, qui est morte, et dans laquelle elle plonge la main pour en ressortir une épée, symbole de souveraineté et de pouvoir regagnés. Les paroles jouent sur un caractère simple, mais proposent des jeux de mots ou des images intéressants. Elles dénoncent notamment une réification de la femme (faire d’elle un objet) par l’homme, donc s’adresse plutôt à certains clichés anti-féministes, comme celui de l’homme puissant qui a besoin d’une belle femme-objet pour asseoir et faire rayonner sa puissance, ou celui de la réduction de la femme à l’amour (faire l’amour), et de l’homme à celui qui fait la guerre. Je ne connaissais pas du tout Mylène Farmer, c’est une surprise de tomber sur ce texte.

Valiel.


Morrigan d’Adrian von Ziegler

Morrigan composition d’Adrian von Ziegler