Bienvenue dans le Sanctuaire virtuel de la Déesse irlandaise

Aspect souverain

Un peu surprenant, Mylène Farmer « Fuck Them All »

Un partage de Vincent Smile: « Vulgaire & franche mais pour moi bien Morrigan. »

« Fuck Them All »

La nature est changeante
L’on respire comme ils mentent
De façon ravageuse
La nature est tueuse
Au temps des «Favorites»
Autant de réussites
Pour l’homme qui derrière a…
Une «Belle» qui s’affaire… à
Faire… de leur vie un empire
Blood and tears!
Faire l’amour à Marie
Blood and tears!
Et « Marie » est martyre
Blood and tears
Sur le mur: nos soupirs!
Fuck Them All!
Faites l’amour
Nous la guerre
Nos vies à l’envers
Fuck Them All!
Faites l’amour
Nous la guerre
Saigner: notre enfer!
Fuck Them All!
Faites l’amour
Nous la guerre
Nos vies à l’envers
Blood And Soul
Faites-le nous!
Dans le texte
Le sang c’est le sexe
De nature innocente
L’on manie élégance
Et d’une main experte
D’un glaive l’on transperce
Les discours trop prolixes
Que de la rhétorique
Lâchetés familières
Qui nous rendent guerrières
Faire… de leur vie un empire
Blood and tears!
Faire l’amour à Marie
Blood and tears!
Et « Marie » est martyre
Blood and tears
Sur le mur: nos soupirs!
Hey Bitch, you’re not on the list
You Witch! You suck, you bitch! (they said)
Hey Bitch, you’re not on the list
You Witch! You suck, you bitch! (they said)
Hey Bitch, you’re not on the list
What’s your name again?
Hey Bitch, you’re not on the list
You Witch! You suck, you bitch!
Hey Bitch, you’re not on the list
Hey Bitch, you’re not on the list
You Bitch, you’re not on the list
You Witch! You suck, you bitch!

 

********************

Quelques mots pour introduire cette chanson et ce clip; on pourrait longuement disserter sur la question, mais je n’ai pas le temps. Le clip présente des corbeaux qui rôdent, une femme rousse aux cheveux longs en manteau noir, une femme rousse aux cheveux coupés enfermée dans une cage ; je ne peux me débarrasser de cette impression métaphorique de chasse aux sorcières. Mais il y a aussi la question du double, cette femme qui voit en réalité une autre partie d’elle-même, qui est morte, et dans laquelle elle plonge la main pour en ressortir une épée, symbole de souveraineté et de pouvoir regagnés. Les paroles jouent sur un caractère simple, mais proposent des jeux de mots ou des images intéressants. Elles dénoncent notamment une réification de la femme (faire d’elle un objet) par l’homme, donc s’adresse plutôt à certains clichés anti-féministes, comme celui de l’homme puissant qui a besoin d’une belle femme-objet pour asseoir et faire rayonner sa puissance, ou celui de la réduction de la femme à l’amour (faire l’amour), et de l’homme à celui qui fait la guerre. Je ne connaissais pas du tout Mylène Farmer, c’est une surprise de tomber sur ce texte.

Valiel.

Publicités

(trad) Que veut-dire récupérer sa souveraineté aujourd’hui ?

Texte original : 

Reclaim your sovereignty

Sovereignty is the right to rule and the obligation to rule rightly. Every person is born with inherent sovereignty and worth, but our world is filled with those looking to swindle or steal your sovereignty away from you… and they’re very good at what they do.

They tell us who we’re supposed to be, then they sell us an identity. They keep us in fear so we’ll vote for them. They keep us outraged so we’ll keep watching and listening and clicking. We have to consciously and intentionally take back what is ours.

Limit your news intake. Dig for facts and don’t settle for someone else’s opinion. Always ask “what is this person trying to get me to do?” Don’t make the problem worse by sharing lies and half truths on social media. And recommit to daily spiritual practice.

Own your mind. Own your soul. Own your thoughts. Reclaim your sovereignty.

– John Beckett, juillet 2017. 

 

Traduction proposée :

« Reprenez votre souveraineté

La souveraineté correspond au droit de diriger, et à l’obligation de diriger équitablement (justement). Chaque personne à la naissance possède une valeur et une souveraineté intrinsèques, mais notre monde est rempli de gens qui cherchent à nous arnaquer, à filer en douce avec votre souveraineté dans la poche… et ils sont très bons dans leur domaine.

Ils nous disent qui nous sommes censés être, puis ils nous vendent une identité. Ils nous gardent dans un état de peur afin que l’on vote pour eux. Ils nous gardent un dans état outré pour que l’on continue de les regarder et de les écouter et de cliquer. Il est nécessaire de reprendre ce qui nous appartient avec conscience et intention.

Limitez votre ration (consommation) de nouvelles. Creusez pour trouver les faits, et ne vous arrêtez pas à l’opinion de quelqu’un d’autre. Demandez-vous toujours « qu’est-ce que cette personne essaie d’obtenir de moi? ». N’aggravez pas le problème en partageant des mensonges ou des demies vérités sur les réseaux sociaux. Et engagez-vous de nouveau dans une pratique spirituelle quotidienne.

Soyez les détenteurs de votre esprit. Soyez les détenteur de votre âme.  Soyez les détenteurs de vos pensées. Reprenez votre souveraineté. »

 


Critique de l’image des femmes dans les dessins animés

Voici un article intitulé « Pour la défense des personnages féminins diabolisés » (dans la culture visuelle) découvert au hasard de Facebook grâce aux intérêts divers de mes contacts. On y retrouve un problème vieux comme le monde : celui de la représentation des femmes dans les histoires modernes, de cette perpétuation d’un schéma hérité des anciennes peurs patriarcales. Les femmes qui ont du pouvoir seront nécessairement des femmes viles, méchantes etc. Les exemples pullulent : les femmes qui deviennent reines deviennent de viles marâtres (cf: la belle-mère de Blanche Neige), et toutes les images de femmes sorcières aux pouvoirs très importants (cf: Ursula, Maléfique, …). L’article mériterait d’être lu en entier, je fais allusion à différentes idées pour les gens qui ne parlent pas l’anglais. Je me permets ici de n’extraire qu’une citation qui résume le problème :

‘We’re sold on the female protagonists, and I do mean sold. We admire their spunk and their tenacity, because it’s accessible—it’s rebellion in the form of wanting. It’s gazing at the stars at night after spending all day scrubbing the floors, and believing that wishing will be enough. But once they graduate to getting what they want? Once they’ve made real sacrifices in pursuit of their dreams? Once they’ve made it, or even once they’re almost there?

‘That’s when they become dangerous. That’s when they become the villainess. Somewhere in there, they stop caring about what other people think, and they get what they want, and they turn into cautionary tales: something bad is waiting for the woman who goes that way. We believe it. We repeat it. We look at women who are running things and we’re suspicious, because we’ve spent our whole lives looking at women with ambition and knowing that they can’t possibly be allowed to grasp whatever it is they’re reaching for.’

Traduction proposée : « On nous a vendu les personnages féminins, et j’insiste, vendu. Nous admirons leur cran et leur ténacité parce que c’est accessible – c’est une rébellion nourrie par le désir. C’est le fait d’admirer les étoiles dans le ciel de nuit après avoir passé toute la journée à récurer les sols, et croire que souhaiter sera suffisant. Mais qu’en est-il une fois qu’elles ont réussi à obtenir ce qu’elles voulaient ? Une fois qu’elles ont fait de réels sacrifices pour poursuivre leurs rêves ? Une fois qu’elles y sont parvenues, ou même lorsqu’elles y sont presque ?

C’est là qu’elles deviennent dangereuses. C’est là qu’elles deviennent des « méchantes » (cf: les gentils versus les méchants). Quelque part au fil de la route, elles cessent de prêter attention à ce que les autres pensent, et elles obtiennent ce qu’elles veulent, et elles se transforment alors en des contes d’avertissement : des ennuis attendent la femme qui emprunte ce chemin. On le croit. On le répète. Nous regardons les femmes qui sont au pouvoir et nous sommes méfiants, parce que nous avons passé notre vie entière à regarder les femmes qui ont de l’ambition tout en sachant qu’elles ne peuvent tout simplement pas être autorisées à obtenir ce qu’elles cherchent à atteindre. »

****

Alors oui. Les femmes fortes incarnent la transgression des frontières, des codes sociétaux, et sont tout de suite vues comme une menace, donc diabolisée. Et l’analyse visuelle a beaucoup de matière à se mettre sous la dent ! Regardez tous les codes graphiques ! A quoi ressemblent-elles ces méchantes ? Elles sont très maquillées, parfois les sourcils redessinées (même si vous ne parlez pas l’anglais, regardez les photos de l’article) ; elles ont des mimiques faciales osées, pleines de confiance, un port de tête altier souvent tourné en mépris (caractère hautain) par la perspective masculine ; elles ont aussi de l’argent (les manteaux de fourrure de Cruella d’enfer) ; elles vont être perçues comme agressives… Alors que non, on vous dicte de ressembler aux princesses, propres, blanches (souvent), pures, qui ressemblent à des poupées (Blanche-Neige pour ne citer qu’elle, Belle n’est pas mieux, Aurore), d’attendre le prince charmant qui viendra vous sauver, que le bonheur ne viendra que de lui (quid de l’ascension de Cendrillon, qui était une ménagère esclave, et qui est sauvée par le statut de noble de son prince?). C’est très étonnant d’ailleurs, car souvent les méchantes sont « affublées » d’un look très osé, modernes, en passant des bijoux au maquillage, puis aux coupes de cheveux (cf: Ursula!), tandis que les princesses doivent avoir des coiffures bien polissées (repensez aux façons tellement classiques d’attacher les cheveux de Cendrillon). Je pense que vous voyez le panorama. Je m’arrêterais donc là pour le résumé.

Enregistrer

Enregistrer


La guerre contre la culture du viol

Une affaire qui bat son plein aux Etats-Unis, au sujet d’un « fait de société » très répandu, ancré depuis des années, qu’il est toujours aussi difficile de déconstruire (les crimes commis leur des fêtes universitaires des fraternités). Je ne vais pas résumer ici l’affaire car je n’ai pas le temps, entre les faits, les propos entièrement choquants du père et de son fils comme défense, le verdict annoncé complètement ridicule de 6 mois de prison…. Non, si je viens aujourd’hui, c’est parce que j’ai été éberluée par la réponse d’un politicien à cette affaire :

Joe Biden s’est fendu d’une lettre ouverte particulièrement personnelle et lyrique, pour reconnaître la souveraineté de la jeune victime, et pour vanter son combat guerrier. Les détracteurs pourront reprocher qu’il s’agit d’une manœuvre politique, que, évidemment, ce n’est pas lui qui l’a écrite…. mais peu importe les circonstances. Ce qui me frappe aujourd’hui, c’est la teneur du fond. La justesse et la beauté d’un tel texte sur les combats des femmes, et aussi, remarquez-le des hommes. De toute une société qui doit travailler ensemble peu importe son genre, qui a des responsabilités, pour régler un fléau.

La chance ici c’est que j’ai trouvé une traduction française :

« Je ne connais pas votre nom – mais vos mots sont gravés à jamais dans mon âme. Des mots que l’on devrait faire lire aux hommes et aux femmes de tout âge.

Des mots que j’aurais voulu que vous n’ayez jamais eu besoin d’écrire.

Je suis impressionné par votre courage d’avoir parlé, d’avoir nommé si clairement le mal que l’on vous a fait, et d’avoir si passionnément défendu votre droit à une dignité égale à celle des hommes.

Et je suis empli de colère – à la fois que cela vous soit arrivé, et que notre société vous ait demandé encore de défendre votre propre valeur.

Cela devait être déchirant, de revivre ce qu’il vous a fait encore une fois. Mais vous l’avez fait quand même, dans l’espoir que votre force puisse empêcher ce crime de faire d’autres victimes. Votre bravoure me coupe le souffle.

Vous êtes une guerrière, vous êtes aussi solide que l’acier.

Je ne connais pas votre nom – mais je sais que beaucoup de gens vous ont abandonnée, cette terrible nuit de janvier et les mois qui ont suivi.

Tous ceux qui, à cette soirée, vous ont vue incapable de réagir et ont quand même choisi de regarder ailleurs au lieu de vous offrir de l’aide. Tous ceux qui ont balayé ce qui vous est arrivé en disant que ce n’était rien de plus qu’une énième “nuit de folie”. Tous ceux qui vous ont demandé “tu t’attendais à quoi ? Il ne fallait pas boire autant”, ou qui ont pensé que vous l’aviez cherché.

Vous avez été victime d’une culture qui existe sur nos campus, où une femme sur cinq subit une agression sexuelle, année après année. Une culture qui promeut la passivité, qui encourage les jeunes filles et les jeunes gens à fermer les yeux sur ce qui s’y passe.

Les statistiques des agressions sexuelles sur les campus n’ont pas baissé ces deux dernières décennies. C’est obscène, c’est un échec qui se tient là, sous nos yeux à tous.

Et vous avez été abandonnée par quiconque a osé questionner cette vérité simple et claire : un rapport sexuel non consenti est un viol. Point. C’est un crime.

Je ne connais pas votre nom – mais grâce à vous, je sais que les héros font du vélo.

Ces deux hommes qui ont vu ce qui vous arrivait – qui ont pris la responsabilité de s’interposer –, ils ont fait ce qu’ils savaient instinctivement être juste.

Ils n’ont pas dit “ce ne sont pas mes affaires”.

Ils ne se sont pas inquiétés des implications sociales, de leur sécurité, ou de ce que leurs pairs allaient penser, avant d’intervenir.

Ces deux hommes incarnent ce que signifie “être un témoin responsable”.

Faire autrement – voir une agression sur le point de se produire et ne rien faire – fait de vous une partie du problème.

Nous avons tous la responsabilité de faire cesser ce fléau de la violence faite aux femmes, une fois pour toutes.

Je ne connais pas votre nom – mais je vois que vous êtes invincible.

Je vois le potentiel illimité d’une jeune femme incroyablement talentueuse, pleine de promesses. Je vois les épaules sur lesquelles nos rêves d’avenir reposent.

Je vous vois.

Vous ne serez jamais définie par ce que le père de l’accusé a durement décrit comme “vingt minutes d’action”.

Son fils le sera.

Je rejoins le chœur de ceux qui vous soutiennent, car on ne dira jamais assez aux survivants : “Je te crois. Ce n’est pas de ta faute.”

Ce que vous avez enduré n’est jamais, jamais, jamais, JAMAIS de la faute d’une femme.

Et alors que la justice a rendu son verdict dans votre cas particulier, la nation n’en est pas satisfaite.

Et c’est pourquoi nous continuerons à parler.

Nous parlerons pour changer la culture de nos campus, une culture qui continue à poser les mauvaises questions : que portiez-vous ? Pourquoi étiez-vous là ? Qu’avez-vous dit ? Combien d’alcool aviez-vous bu ?

Au lieu de demander : comment a-t-il pu penser qu’il avait le droit de violer ?

Nous parlerons contre ceux qui veulent nier, contre ceux qui savent que ces crimes se produisent, mais qui ne veulent pas y être mêlés. Ceux qui pensent que ce crime atroce est “compliqué”.

Nous parlerons pour vous – vous qui restez anonyme non seulement pour protéger votre identité, mais parce que vous représentez si bien “n’importe quelle femme”.

Nous deviendrons des phares, comme vous l’avez fait, et nous brillerons.

Votre histoire a déjà changé des vies.

Vous avez aidé à changer cette culture.

Vous avez sorti des milliers de gens de leur torpeur et de leur indifférence envers la violence sexuelle, ceux qui permettent à ce problème de perdurer.

Vos mots aideront des gens que vous n’avez jamais rencontrés, que vous ne rencontrerez jamais.

Vous leur avez donné la force de se battre.

Et, je le crois, vous sauverez des vies.

Je ne connais pas votre nom – mais je ne vous oublierai jamais.

Les millions de gens qui ont été touchés par votre histoire ne vous oublieront jamais.

Et si tous ceux qui ont partagé votre lettre sur les réseaux sociaux, ou qui ont eu des conversations chez eux avec leurs fils et leurs filles, si tous ceux-là savent puiser dans cette passion, cette colère, cet engagement qu’ils ressentent en ce moment, la prochaine fois qu’ils auront le choix entre intervenir et passer leur chemin, alors je crois que vous aurez contribué à changer le monde, en mieux. »

Merci Le Monde pour cet article. (cliquez)


Une nouvelle année… difficile.

Les mots sont extrêmement difficiles à trouver. Toujours une question de recul et de nuances à avoir. Ne pas céder au flux de chaos.

J’enrage car au fond de mes tripes, je souhaiterais être avec vous. J’allais poster, je le voulais, un petit article pour la nouvelle année. Je n’ai pas annoncé l’anniversaire de l’Antre début septembre, j’étais en plein éclatement émotionnel à faire une transition physique et mentale, en pleine émigration. Personne n’y a pensé, personne n’était là pour me le rappeler, et quand je me suis rendue compte que la date était passée, que je n’avais pas eu l’énergie, pas le temps, pas un mot… j’étais triste. Et puis le temps a continué de passer. Et puis nous avons passé la nouvelle année également. Et les énergies de 2015-2016 ? Elles sont clairement « eerie », « weird », « twisted » tous les mots  que je peux trouver pour « étranges » et « tordues ». Si je ne devais retenir qu’une chose, pour l’anniversaire du sanctuaire, en fait, c’est de la gratitude. Vous êtes toujours extrêmement silencieux et parfois je suis triste que nous n’ayons pas plus d’échanges. Le forum n’a pas pris, le groupe FB est relativement discret, les commentaires ici sont rares. Mais nous avons quelques habitués qui osent montrer leur visage et qui commentent régulièrement. J’ai aussi de beaux échanges privés quand vous osez me raconter vos expériences ou me poser des questions. A travers vous je rencontre d’autres facettes de Morrigan, et parfois mêmes vous venez me donner une clé pour mon propre chemin. Ce que j’apprécie de plus en plus sur le sanctuaire, c’est cette multiplicité. J’aimerais sincèrement que l’antre soit plus incarnée, plus peuplée, plus vivante… Mais elle ira à son rythme. De même, j’ai été un peu déçue de n’avoir qu’aussi peu de réponses pour la proposition d’une anthologie pour Morrigan, car je ne peux pas faire un tel livre seule, sinon le terme « d’anthologie » n’a plus de sens… Mais peut-être que vous auriez eu besoin qu’on vous rappelle, relance, qu’on vous pousse. Peut-être qu’il aurait fallu porter le message dans d’autres sphères. Peut-être que le moment n’était pas le bon ? Peut-être que j’ai besoin de plus de temps, oh ça c’est certain, je suis dans un état trop critique. Quoiqu’il en soit, mois après mois, vous êtes toujours là, à poster sur le groupe Facebook, à lire, liker de temps à autre, commenter parfois. Et j’apprécie sincèrement votre présence et les échanges que nous avons.

Aujourd’hui je me rends compte que ces échanges me manquent, et vos présences. Avec ces événements dramatiques, je réalise qu’aujourd’hui, l’état dans lequel je suis, même s’il est très mauvais, fatigué, brisé pour bien d’autres raisons que ces attentats, dans ces circonstances malgré tout la pulsion est forte : j’aurais souhaité pouvoir rencontrer tous les gens qui lisent et commentent ici. Je souhaiterais découvrir ceux qui passent mais qui ne se sont jamais signalés. Je voudrais être avec cette micro-« communauté » qui tourne autour de l’Antre avec le temps, ces gens qui partagent leurs témoignages, leurs textes, leurs trouvailles, qui m’écrivent des mails magnifiques, qui me transmettent aussi des enseignements… Et j’aimerais tendre la main vers d’autres qui dans ces circonstances se sentent touchés par la Terre et la Morrigan. J’aurais aimé être incarnée pour une fois. J’aurais aimé franchir la barrière du physique, me déplacer, vous rencontrer, nous soutenir. Si j’avais été en région parisienne dans ma demeure, j’aurais ouverte les portes de ma maison pour d’autres, je vous aurais emmenés sur la Terre pour sentir, je vous aurais fait écouter et percevoir, et je vous aurais invité à ritualiser avec moi. J’aurais aimé qu’ensemble nous la fassions venir, j’aurais aimé que l’on prie, que l’on chante, que l’on danse, que l’on hurle à la lune. Que l’on réveille nos ventres et nos racines, que l’on appelle les énergies du Guerrier, de la Souveraineté et de la Justice. Mais je ne peux pas. J’ai traversé l’Atlantique, je suis sur une autre Terre, complètement à l’envers dans mon corps et dans mon esprit.

Je ne peux pas… mais je brûle à l’intérieur, et je La sens qui brûle et qui me pousse. Tout ce que je peux faire, c’est tenter de méditer, de prendre du recul, de trouver de la clarté, et tenter de la sentir Elle.

Quelque soit l’aspect que cela prend, la durée, ses multiples formes, le monde est en guerre. Regardons autour de nous. Nous sommes au beau milieu d’une crise environnementale sans précédent, commencée il y a déjà 10 ans, fomentée par des multinationales néo-capitalistes-ultra-libérales qui cherchent à tout prix le profit, en brisant des régions entière (sables bitumineux au Canada, régions forestières et minières ethniques en Inde…), en déchirant la terre, en expulsant voire en exterminant des populations (en détruisant leur terre, leur mode de vie…), en déversant tous ses polluants derrière elles, et puis en changeant de pays comme si de rien n’était sans réparer et sans être responsable. Sans payer le prix. Il est encore temps de limiter les dégâts, mais beaucoup des quotas irréversibles ont été dépassés déjà, la seule solution serait de stopper intégralement l’extraction de certaines ressources du sol (je vous invite à vous renseigner sur les travaux de Naomi Klein, « This Changes Everything », qui est un livre, et pour ceux qui préfèrent l’interactif, à vous procurer le rare documentaire qui en est sorti). Nous sommes en pleine crise politique où nous ne nous retrouvons plus dans la représentation des « partis », où les extrémismes de tout bord montent, où le gouvernement est lié à la finance et aux entreprises, … Nous sommes méfiants, colériques, et nous n’arrivons plus à dialoguer les uns avec les autres ; nous jugeons très vite, sur une apparence extérieure, sur des amalgames etc, en mettant toujours au premier plan la différence comme une barrière infranchissable. Si nous observons une carte du monde les conflits sur partout, avec une technique et une violence extrêmes.

Alors aujourd’hui, ce qui change, c’est que notre pays qu’est la France sent progresser sur son propre territoire ce qui avait toujours été maintenu à l’extérieur. Et le discours grossier des médias renforce les fantasmes au lieu d’éduquer. Aujourd’hui la crise économique stagne, et notre place de « leader » dans cette structure artificielle (terme purement factuel) et fragile qu’est l’Europe (UE) est remise en question. Nous avons vu nos voisins chuter, l’Espagne, la Grèce, nous avons vu les gens migrer pour venir chez nous, travailler, survivre, et puis d’un coup, nous nous sommes demandés si nous aussi nous allions devenir « comme la Grèce ». Il y a toujours eu des migrants, c’est un phénomène mondial et extrêmement ancien, mais les raisons des ces migrations ? Elles ont évolué. Elles sont complexes, multiples, y compris dans ce flot de migrants énorme venu de l’Est, entré en Europe, nous ne savons pas qui est qui. Ca me laisse d’ailleurs bêtement la sensation amère que les journalistes ne font pas leur travail. Qui sont ces gens ? D’où viennent-ils ? Combien étaient-ils ? Hommes ? Femmes ? Enfants ? Quels moyens ? Il y a en réalité de nombreuses tendances qui s’opposent, des gens perdus, qui voulaient juste survivre, et qui se sont arrêtés en Europe de l’Est, d’autres qui veulent aller le plus loin possible, d’autres qui ont eu des comportements violemment choquants (jeter de l’eau et de la nourriture offerte par des populations locales). Mais comme il est difficile de ne pas faire d’amalgames, de ne pas dire que tous sont comme ceci, que tous ont eu tels comportements, que tous ont les mêmes raisons cachées…

Aujourd’hui notre privilège d’occidentaux protégés s’effondre. Il nous arrive effectivement un « petit » « 11 septembre » à la française, et alors tout d’un coup nous sommes glacés. Nous ne voyons plus des tours s’effondrer sur un écran de l’autre côté de l’océan. Nous voyons notre capitale, nos concitoyens, nos amis, des amis des amis, à la télévision, meurtris. Chez nous. Les conflits du Moyen Orient importés à domicile, à la maison. Et nous savons, tous, que ça n’est pas fini. De la même façon que nous savions que les événements de janvier derniers n’étaient que les premiers, qu’ils marquaient une ouverture. C’est ça le monde dans lequel nous vivons, dans lequel vos enfants vivent ou vont vivre.

Ce que je ressens contre toute attente, de la part de Morrigan, de cette ombre dans mes tripes et qui planent sur mes épaules ? Du calme… Alors oui, ça gronde ; je ressens un tremblement sous mes pieds et dans mon être, dans mes fondations, ma structure, comme avant les grands événements. Mais…. il n’y a pas de cris, pas de griffes, de déchaînement, de violence. Seulement une colère immense – et sourde. Je serre les dents et les poings, et je sens dans mon être qu’il s’agit d’attendre. L’impression que j’en ai, c’est cette posture ancrée sur une branche, les griffes serrées, le regard extrêmement acéré. La vision pointue, tranchante, qui transperce l’horizon, les nuages, les distances. Le moment n’est pas venu d’agir encore, d’agir pour résoudre la crise elle-même en tout cas. Mais tous les muscles du corps sont attente, en tension ou pré-tension, chauffés à blanc, pour pouvoir frapper, foudroyer, quand le moment sera venu. Ce que je sens à la place, c’est une oraison, une litanie, un appel au sang froid.  Déchirant dans sa supplique, ce cri pour le rationnel au milieu d’un bain d’émotion… Voir plus grand, plus loin, s’ancrer dans la dignité.

14/11/2015 – 1h30.

« You will not despair
You will not fear
You wil keep a cool head
And you wil look for the signs
Because these are the conditions for actions
The past is done
Only the present remains
And if you wish for a future to exist
You need to cherish it and protect it.

There will and need be a moment for mourning
Expressing grief and anger
So are times for gathering together
But fear & panick & yelling
Will not be useful

It is time for taking a step back & thinking
It is time for finding solutions in the everyday

He or she who starts raging
Who starts rushing
Yelling, shouting, fighting
Will not find the truth in his or her heart
Will not reach the truth of the matter
Will not act where it needs be
Will not act in fairness

Feel for the Earth and the Dirt beneath your feet
For you will need to be balanced and grounded. »

Quelques sensations et idées ? 

Tout ce que j’arrive à grappiller à travers les filtres nombreux sont des sensations floues et éparses. Les choses qui pourraient nous aider, nous faire du bien, sont des pratique qui ancrent.

  • Marcher pieds nus sur la terre, fouler le sol, méditer en marchant ;
  • S’enterrer les pieds nus dans la terre (ou le sable) et méditer ;
  • Travailler avec un arbre, après offrande, s’il l’accepte. S’assoir au pied, s’appuyer contre le tronc, s’aligner avec lui, méditer ;
  • Bouger le corps, prendre des postures, danser, s’oxygéner et être vraiment bien conscient de son schéma corporel, s’ancrer dans le corps ; Ce type de chanson rythmé au thème « primordial » peut être utile ;
  • Dépolluer une forêt ou un parc, ramasser les ordures que nous croisons ;
  • Laisser des offrandes (éthiques) aux carrefours des forêts, dans les sous-bois (en se renseignant bien les matières utilisées, les choses toxiques pour certains oiseaux, animaux etc) ;
  • Cette prière guerrière d’équilibre de Brennos peut-être utile ;
  • Cette prière du jour de Caitlin Darkmoon pourra vous parler ;
  • Aménagez-vous un espace sacré dans le jardin pour vous y pratiquer des méditations et des ancrages avec la Terre ;
  • Si vous n’avez pas de jardin, aménagez-vous un nouvel autel à la Terre ; apportez de la terre d’un lieu qui vous est cher dans un bol ; placez des attributs de la Morrigan et/ou d’autres Dieux de la Terre qui vous sont accessibles ; etc. Recueillez-vous y le matin au lever, le soir au coucher 5 minutes, pour prier, méditer, songer, déposer une offrande ;

Si j’avais été sur place avec mes proches, et avec ceux qui l’auraient voulu, je pense que j’aurais emmené marcher les gens, dans la forêt, sur les collines. Longuement, en silence, et si possible pieds nus. Pour sentir, écouter. Ensuite nous aurions demandé l’accueil sur un lieu pour ouvrir les Portes Sacrées et communier avec les Esprits proches de notre monde et avec la Terre. Nous aurions appelés les ancêtres qui le voulaient pour des conseils. Nous aurions demandé aux Dieux des signes. Nous aurions respiré, crié, chanté, dansé, pour descendre en nous, dans notre Intime, pour s’y connecter et retrouver notre alignement et notre force. Nous aurions communié ensemble, dansé, chanté, prié, nous aurions peint nos visages et nos corps pour marquer ce passage et nous aurions demander quête de vision pour les événements à venir. Nous aurions médité ensemble, raconter les contes d’antan, et cherché des idées pour le quotidien, et les mois à venir. Nous aurions médité sur la paix, la guerre et surtout la Justice. Nous aurions médité sur la Terre. Nous aurions allumé des veilleuses, chanté pour les morts, prié pour leur paix et leur passage, nous aurions dressé un cairn. Et nous aurions réfléchi ensemble à ce que veut dire être humain, et comment agir, soi-même, au quotidien. Qu’est-ce qu’une valeur, et comment respecter sa cohérence, comment l’agir au quotidien.

Faire ce qui est juste est rarement facile. Prendre du recul quand on est bouleversé d’émotion est rarement facile. Mais c’est ce dont nous avons besoin. De reculer, de faire silence, de réfléchir, et de remettre en question. De trouver comment agir. Et pendant ce temps, nourrir les liens profond de solidarité avec nos proches, nos connaissances, nos membres de clan. Réfléchir à l’être ensemble, à construire.

For She breathes heavily over my shoulder, and over the shoulder of every devotee :

« Réveillez-vous ».


Le combat des femmes, un combat de l’Être commun à tous

Une vidéo fort étonnante. Découverte entre deux écoutes musicales sur Youtube, comme pub obligatoire. Alors oui, c’est bien un spot publicitaire pour Always (marque de serviettes hygiéniques et autres), c’est une opération de communication qui peut être ambiguë, et oui, peut-être qu’en cherchant un peu sur la réalité de cette entreprise, de son éthique, on trouvera des choses pas claires et décevantes, mais il n’empêche que je regarde ce spot et que je le trouve parlant et efficace. Il rejoint assez bien les quelques pensées que j’ai livrées pour illustrer le combat guerrier récemment, et il explique assez bien les limitations qui sont faites aux femmes, et qui « résument » entre autres le combat du féminisme.

Je ne suis pas là pour faire un débat sur ces définitions, est-ce que ça s’y résume vraiment, est-ce que c’est aussi simple, etc… Non, je souhaite simplement en illustrer un fragment. Et je souhaite aussi mentionner le fait que cette idée est bien plus vaste, il s’adresse aussi aux garçons que l’on a empêché de faire de la danse parce que c’est un sport de fille, aux hommes qui sont moqués parce qu’ils sont sensibles ou jugés « féminins ». Le problème des représentations cloisonnées du genre (gender), la binarité homme/femme, les rejets et intolérances vis à vis des homosexels (hommes ou femmes) des transexuels etc… est vaste. Ce sont des illustrations, des sous-catégories, mais je crois qu’en réalité c’est toute notre société qui est construite sur une telle violence normative, et que tout le monde, que cela soit à l’école, au travail, par sa famille… a pu déjà expérimenter de telles limitations à son Être. Et que tout le monde a besoin de se battre d’une telle façon.