Bienvenue dans le Sanctuaire virtuel de la Déesse irlandaise

Morrigan et les autres Dieux

Le foyer après la guerre

Coup de cœur pour ce magnifique récit…. Il faut pouvoir apprécier la langue dans sa beauté, mais malgré tout, une traduction sommaire donnera probablement une bonne idée du contenu même si le côté littéraire sera « perdu » : « Home is where the Hearth is » par Scealai Beag.

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She stopped outside her home and dropped her shield and spear upon the ground.  Tired aching pained muscles shirked the pack from her shoulders.

Walking into the welcoming darkness of her home she moved towards the back and froze.

She was not alone.

Her eyes roamed the space as her hand drifted towards the blade at her hip, warrior instinct triggering a primal warning in the recesses of her brain.

There.

The fire had been banked before she left for the Battle. Now it danced merrily in logs that must have been burning for hours, her cauldron strung over the heat, yet no scent of cooking filled the space.

Inhaling deeply she picked up a smell from the second alcove of the cave, where the spring filled the pool. The movement of the water and the damp earthy aroma almost masked the scent, one that was strangely more earthy than the very rock and clay around it.
Moving forward confidently now, she entered the back of the cave knowing full well who was there.
The hulking broad figure was silhouetted by the candles at play about the pools edge and she heard a strange noise as something, blocked from her sight, dropped into the water’s depths.
How is it that you come so freely into this space?
Her voice cracked the silence wide open with its demand. Her Will driven into the words, a Will that commanded armies and made the very air freeze, and time cease its march.

The figure stood slowly, turning towards her.

As His eyes fell upon Her, the primal part of her brain shuddered and a need to fight or flee skittered its way toward her thoughts only to be crushed mercilessly by her Will.

She was the better of most and the equal of only one, She would dictate her path.
She alone.

Her eyes fell to his hands. Broad and strong, with skin creased from work, they were held palms up, out towards her.
In the darkness, she could barely see his face but the smile he wore was as plain as the dawn and almost as bright.
Silence, warm and comfortable rolled itself back into the space.
Stepping forward she spread her arms out wide. They had played this game before.

With gentle hands, he pulled the léine from her shoulders and the trews from off her legs.

With vestments of war left in a bloody pile on the rock, he lead her to the pool. As her foot touched the water she could not suppress her hiss of surprise.

The water, normally cool and refreshing, was warm as steam rose from its surface.

Her eyes locked on his as her brain worked rapidly. Her exhalation had not gone unnoticed and a soft chuckle rumbled from his chest.
 
Rocks. Heated on the fire and placed in the water. 
It was a statement of a truth discovered with quick thinking and perception, and though there was no question to it, he nodded in answer.
Stepping down into the rock pool She turned to see if he would follow. Surprised again, she took pause to watch as the game changed further, he sat upon the pool’s edge and lifted a comb into his hands.

Turning her back to him She settled into the water, then felt his big gentle hands undoing her war braids one at a time, lifting water cupped in his palm to wash and work the blood and viscera from her mane.

As the last braid was cleansed the heat had soaked its way into her, relieving her war weary muscles of their aches.  With her hair fanned out about her she felt the comb enter her tresses.
 
Welcome home my love.
The basso voice slipped softly through the silence, and as the rumbling relaxing song began on his lips, the Dagda began to comb the Morrigan’s hair.

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Les corneilles de bataille, extrait de thèse

Voici une trouvaille de notre ami google, je cherche encore l’auteur et la thèse complète, je ne sais pas pourquoi il n’affiche qu’un extrait. Aussi, le contenu est en français, or ça a l’air d’être une thèse de l’université de Lyon 2, et donc elle devrait être disponible dans notre belle langue ! En attendant, voici toujours un premier lien pour lire cet extrait : « Divine Crows of War : Badb, Cathubodua and Cassibodua« .

Entre temps j’ai retrouvé les informations. Vous pouvez aller directement à la partie citée plus haut, et en-dessous explorer l’ensemble de la thèse axée sur d’autres divinités celtes. Il y a toute une partie qui aborde la guerre, et donc ce qui peut être relié à Morrigan, et aussi à ses « soeurs » gauloises.

Auteur : BECK Noemie
Année : 2009
Titre : « Goddesses in Celtic Religion — Cult and Mythology: A Comparative Study of Ancient Ireland, Britain and Gaul« . C’est à dire : « Les divinités féminines de la religion celtique. — Culte et mythologie : Une étude comparée de l’Irlande ancienne, de la Grande-Bretagne et de la Gaule. »
Langue : Malheureusement l’étude en anglais contrairement à ce que je pensais, car elle est rattachée à des études de lettres et langues irlandaises.
=> Infos sur la thèse
=> Lire la thèse en ligne 


[Odin Project #10] Odin et Morrigan

L e    C a i r n

Avec le temps, je suis devenue plus sceptique sur le mixage de déités provenant de différents panthéons, pour diverses raisons. Cependant, je comprends que cela puisse avoir du pour beaucoup personnes : il est toujours intéressant d’écouter le parcours de quelqu’un et sa rencontre avec les déités qu’elle honore, ce qui l’a amené au point où elle en est à l’heure actuelle. En revanche, je continue de trouver fascinant l’étude d’autres figures, et de voir parfois des traits communs qui se détachent de deux déités différentes.

Cela fait un moment que je trouve que Morrigan et Odin partagent certains aspects, certaines fonctions (note : d’ailleurs en écrivant l’article, je trouve que l’on pourrait en dire autant pour le parallèle Morrigan / Freyja). En voici un bref aperçu, des pistes d’exploration pour celles et ceux que cela intéresse.
En matière de mythologie celtique (ici plus spécifiquement irlandaise) je dois bien…

Voir l’article original 671 mots de plus


Hekate et Morrigan, différences & ressemblances

Voici une vidéo de Sorita d’Este sur Hekate et Morrigan :


Des pendants masculins de Morrigan ?

Un sujet qui a intéressé plusieurs personnes au cours des derniers mois, et il se trouve que c’était un de mes sujets d’étude… Donc voici mes pistes !

Dagda, dieu irlandais seigneur de vie et de mort car il peut ressusciter des guerriers dans son chaudron, et peut-être avec sa massue aussi. Il est considéré comme l’époux de Morrigan.

Sucellos, un dieu gaulois proche du Dagda. Il est un maître initiatique, qui règne sur la mort, la transition vers l’autre vie. Il possède également un symbole de la massue très important, « le bon frappeur », qui pourrait tuer ou ressusciter avec (je dois vérifier)

Manannan Mac Lir : ‎pour moi il résonne d’une énergie sombre très proche de Morrigan ! Essentiellement Roi de Mer et des éléments, il a un côté très primordial comme Taranis. Mais comme l’ouest de la mer était associé au Sidh, c’est aussi un Roi de Faery… Donc très semblant à Morrigan : il règne sur les instincts, les profondeurs (de la mer). Peut-être un Dieu guerrier aussi, je dois chercher, ce qui le rapprocherait encore plus de Morrigan !

Dionysos dans les autres panthéons, je vous renvoie à l’article écrit récemment (disponible sur le forum et sur le site)

Peut-être Esus également, mais mes recherches actuellement ne m’ont pas tout à fait convaincue. Je dois poursuivre.


Morrigan et Dionysos

Voici une découverte absolument fantastique que j’ai faite la semaine dernière, ou peut-être celle d’avant, c’est une sorte de révélation interne qui m’est brutalement apparue : Dionysos et Morrigan sont des Dieux cousins. Et c’était tellement important qu’il me fallait l’écrire pour moi, car cela touche à mon cheminement le plus intime (la présence de Dionysos depuis cet été, le pourquoi, et sa nature de guide), mais aussi finalement pour enrichir le sanctuaire, pour échanger sur un sujet finalement « inédit » je crois.

Mes quelques amis anglais étant vivement intéressés par ce point, j’ai rédigé mon article dans cette langue (surtout que c’est ma langue de pratique, il s’est présenté ainsi) sur mon blog réservé pour ce public :  sur cette page. Mais dites-moi si vous ne comprenez pas l’anglais, ou pas assez, et je ferais une traduction pour tous ceux-là (de toute façon le temple a vocation d’être en français, donc il me faudra le faire, mais si pour vous c’est peu accessible, j’essaierai de le faire passer dans mes priorités).

UPDATE TRADUCTION

Maintenant je sais ! Après… voyons-voir, 6 ou 7 mois, j’ai désormais perçu un rayon de lumière. Je comprends pourquoi Dionysos m’accompagne ! Et je sais qu’il est là définitivement, c’est simplement que je n’étais pas capable de le voir. Les choses sont soudainement si claires, cela semble vraiment étrange que même deux mois auparavant je n’avais toujours aucune piste ! Si j’essaie de rester synthétique dans ces réflexions submergeantes du moment, voici ce que ça donne :

La raison de la venue de Dionysos

Premièrement, la chose la plus évidente que je ne pouvais voir, est que Dionysos est le Dieu changeant et multiple par excellence (bon, ils le sont tous d’une certaine façon, sauf les Dieux de la constance et de la stabilité, mais il en est vraiment l’incarnation et le principe parfaits). Il est donc le Dieu de l’inattendu : les mots inattendus, les situations, les événements… et les lieux. Il semble posséder cette qualité perturbante d’être constamment là où et ce que l’on n’attend pas justement. Et en effet, je n’attendais absolument pas qu’il vienne vers moi, et ne parlons pas d’une présence et d’une aide durable !

J’avais quelques intuitions sur la seconde raison de sa venue, mais j’étais complètement incapable de la formuler dans mon esprit jusqu’à ce que je trouve une piste sur le blog que quelqu’un qui suit également Sannion. J’ai lu un texte de cette personne qui avait été écrit pour l’introduction ou l’appendice du prochain livre de Sannion, et j’y ai trouvé cette idée : Dionysos est un Dieu liminal, et un Dieu de la transition, du passage. Et c’est exactement ça ! Je pensais plutôt rattacher cela à Hermès, mais après réflexion j’ai trouvé cela particulièrement révélateur, illustrant parfaitement ma propre expérience avec Dionysos. Il correspond à des états de crises personnels, et à des états intermédiaires, d’entre-deux. Si vous sortez de votre chemin, il semble que Dionysos sera toujours présent, et vous aidera à passer de cette étape vers la prochaine. Il vous donnera des indices, parfois des révélations très intenses, et il encouragera la transition. En tout cas c’est ce qu’il a fait pour moi, et il continue d’être le long de mon chemin, juste au bord, à me suivre, comme un garde-fou : si je perds pieds, il est là et il me guide avec une justesse impressionnante. Il m’a aidé à traiter plusieurs de mes crises les plus intenses du moment : les charges spirituelles, les morts, la transe et le chamanisme, la musique… et je pense même qu’il est aussi là du côté de ma vie personnelle, du développement du Moi, de la personnalité, du potentiel… être capable d’accepter ce que les autres ne peuvent pas, ne pas m’écraser, guérir mon Moi et ma Voix…

La troisième raison de sa venue, celle qui est la plus incroyable pour moi, est qu’il correspond apparemment exactement à ma « médecine », mes qualités / mon potentiel spirituels les plus personnelles et essentielles (et donc mes « charges » aussi). Cela a à voir avec l’expérience que j’ai vécu avec lui, d’empowerment (je crois que ce concept n’est pas traduit en français). et de ma personnalité, mais aussi des Morts. Je vais développer tout cela juste après, car c’est mon second point, la révélation plus percutante de ces derniers jours :

Dionysos est le cousin de Morrigan, c’est la raison pour laquelle il est venu et qu’il m’a aidée dans mon travail avec elle

C’est si évident maintenant, ils sont tellement similaires ! Pas identiques bien sûr, mais similaires.

Premièrement, le point le plus controversé, qui correspond à mon ressenti très personnel : j’ai fait l’expérience d’un visage de Dionysos qui est exactement comme celui de Morrigan (et qui m’a surpris en comparaison de sa réputation « sauvage ») : il a un tempérament très intense, qui est très calme et posé (et silencieux) en fait, très direct aussi. Il est un Dieu « perçant », qui ne parle pas beaucoup, mais qui dit les choses abruptement et les expose avec une lucidité presque douloureuse, de la même façn que Morrigan (Déesse de prophétie et de vérité). Je n’avais jamais pensé que je puisse avoir une relation si posée avec lui, il était complètement placide et lucide, tout était absolument évident. Il est une sorte de porteur de lumière au milieu de l’obscurité, porteur d’une révélation intense, ce qui correspond exactement à ce qu’est Morrigan. Et pourtant, comme elle, il est très détaché de tout, distant dans la relation (en tout cas avec moi).

Mais examinons les connexions les plus profondes, les ressemblances. Morrigan et Dionysos sont tous les deux à l’écart du reste du Monde et des Dieux pour moi. Ils partagent cette même qualité que possèdent tous les Dieux chthoniens, Dieux du Monde d’en Bas (comme Hel, Hadès, Perséphone etc) : ils ne sont pas comme les autres Dieux ou créatures vivantes, et donc ils ne vivent pas dans les mêmes endroits, ils sont à part. Ils ont des lieux spécifiques comme le(s) monde(s) d’en bas, les endroits liminaux (les seuils). D’une part, étant les Dieux d’en Bas, ils règnent sur la vie et la mort, le principe de la vie même quand il est invisible, et sur les Morts. Cela ne m’avait jamais frappé avant, c’était hors du champ des possibilités dans mon esprit, mais puisque Dionysos s’est présenté à moi comme un Dieu sombre (une énergie sombre et aussi littéralement un visage sombre/noir). Je pense que c’était le masque du Seigneur des Morts (et des pulsions refoulées), et c’est pour ça que je ne l’ai pas reconnu au début, n’ayant pas connaissance de cet aspect – et justement, c’est précisément ce que je dois travailler à la fois pour me cheminement polythéiste et aussi pour mon cheminement chamanique – . D’autre part, si ce sont les Dieux d’en Bas, à l’écart, c’est parce qu’ils incarnent toutes les pulsions qui sont jugées sombre et/ou effrayantes, et en tous cas ce qu’il faut rejeter. Morrigan est plus sur le versant de l’inconscient, de ce qu’on ne voit pas, tandis que Dionysos est plus du côté de ce qui est délibérément rejeté (l’anormal, le marginal etc). Et c’est ce qu’on peut regrouper sous son étiquette de « Dieu de la nature sauvage » (la nature à l’état sauvage, et votre nature intérieure sauvage). Ainsi tous les deux sont mis à part parce qu’ils sont liés à ce que nous ne voulons pas voir et nous occuper (consciemment ou non). Et en plus du cycle de la vie et de la mort et du monde d’en bas, cette qualité leur confère une dimension de mystère très profonde , à la fois dans le sens commun (attrait mystérieux) et le sens littéral (les mystères spirituels, l’initiation). Et justement, en plus de tout ça, ils ont ce même rapport à l’illusion et aux masques. Ce sont tous les deux des Dieux masqués : Morrigan est une Déesse sans visage, avec « trou » à la place du visage, un visage vide et sans trait, et donc un visage qui porte un masque pour le cacher (ou pour cacher son vrai visage) ; Dionysos lui, comme le Dieu au visage sombre, Dieu du sauvage et du mystère. Il m’est vraiment apparu comme un Dieu de l’Obscurité et de la Terre, dans son aspect très matériel, la terre, le sol, la boue. J’ai ainsi tendance à l’appeler le Dieu du trouble, du malaise, exactement comme Morrigan.

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