Bienvenue dans le Sanctuaire virtuel de la Déesse irlandaise

Le Cheminement de Valiel

Autel extérieur, une proposition

J’aime énormément les autels extérieurs ; de la même façon que pour moi les rituels « doivent » avoir lieu dehors. On y rejoint les Dieux, les Esprits, les Ancêtres, la « nature ». Je reconnais tout à fait qu’il y a dans ces ressentis une part d’idéalisation et de fantasme du passé, c’est difficile de faire sans, mais je rationalise autant que faire ce peu par des recherches, et par le fait que c’est un ressenti subjectif aussi. Quoi qu’il en soit, le geste de sortir, et d’aller faire mes offrandes (et mes rituels) dehors possède intrinsèquement quelque chose « d’autre », « à part », qui corresponde à ce basculement vers le sacré. Je sais que l’on peut franchir un seuil et marquer un espace sacré par tout un tas d’autres gestes, et y compris à l’intérieur, mais je préfère ce premier seuil-là, de sortir, et d’aller « au contact » de. Bref. Tout ça pour dire que régulièrement je laisse des « autels » à l’extérieur, ou tout simplement des lieux consacrés (grosso modo : où j’ai appelé les ancêtres, l’esprit du lieu, les esprits alentours,  où je me suis présentée, j’ai fait offrande, demandé autorisation etc). La théorie, c’est que les intentions projetées et les gestes répétés dans le temps s’accumulent, dégageant et / ou attirant de l’énergie « sacrée » (ou autre, ou divine, etc). C’est aussi cela qui fait la force d’un lieu (qui est majoritairement découplée dans les lieux sacrés et de pèlerinage, parce qu’ils ont été choisis pour leurs emplacements très particuliers énergétiquement parlant).

Récemment donc, maintenant que je suis de retour, je tente différentes expérimentations. J’ai retrouvé cet « autel consacré » après deux ans d’absence, à me demander ce que je sentirais à mon retour. Je songe à y laisser des choses « non naturelles » constamment, des statuettes, ou d’autres choses, qui pourraient tenir l’épreuve du temps et de la météo. Un remerciement au lieu et à deux divinités ici pour mon retour :

(cliquez pour voir en plus grand)

Ce qui me trotte dans la tête aussi, depuis probablement plusieurs années maintenant, c’est le fait de pouvoir se rassembler ou partager des dévotions ensemble dans le concret. Dans les premiers temps de la création de l’Antre, j’avais utilisé un site web qui proposait des « autels virtuels » où l’on « allumait » des « bougies » et où l’on pouvait écrire sa prière. J’aimais que cela soit un lieu commun. Encore et toujours, ce qui manque je trouve, c’est le collectif. Pratiquer ensemble de temps à autre, prier ensemble, savoir que les autres dévots sont dans une dynamique similaire, partager des récits, des expériences etc. Le sanctuaire avait ce but dès l’origine. Partager mon des informations sur la Déesse, et mon chemin puisque je n’étais pas un puits de science, et pour que cela soit une fois vivante et pas un musée, et puis accueillir le collectif. Des annonces, des prières, des récits, des dessins/autres, et des services au collectif. Qu’est-ce qui pourrait être plus concret ? Des rencontres. Et des services non virtuels. Comme toujours, de l’autre côté de l’Atlantique on observe beaucoup de choses dont on peut s’inspirer.

La salle de prière virtuelle n’existe plus. Aujourd’hui je m’interroge, je visualise, je rêve d’un autel « public » commun. Un lieu extérieur et fixe, où je puisse déposer des offrandes, lire des prières, et pas que les miennes. Des choses qui viennent de l’Antre, qui viennent de vous. Poster des photos de l’autel selon les saisons ? des vidéos ? Y lire nos textes ? Y déposer des dessins, des perles ?

A méditer.

Publicités

Nouveau cycle de dévotion

Edit : Quel étrange timing… J’avais pré-programmé cet article, je remets les mains dans le cambouis depuis peu…. J’ai vu l’annonce des événements à Nice après coup. Je suis dégoûtée, et peinée, c’est peu de le dire. Pour l’instant je ne me vois pas dire quoique ce soit. Simplement, j’envoie toutes mes pensées envers les victimes et leurs familles, ainsi que tous les habitants de la ville et de la région.

***

C’est décidé, je tente autre chose, encore. Comme je l’ai expliqué il y a quelques temps sur mon blog principal, mon « cheminement » (si c’en est encore un) a pris une drôle de tournure. La distance, le manque d’alignement… tout résiste. Tout est silencieux.

Mais après des questionnements nombreux, déchirés, sans réponse, j’ai essayé de repasser à l’action, de tenter des choses. Rien ne marche jusqu’ici, autant dire que je suis dépitée. J’ai confié mes doutes à quelqu’un qui me renvoie souvent le miroir de la Déesse sans le savoir, que je remercie toujours. Bien que je reste lointaine, brève, je me suis laissée aller à exprimer mon déchirement, voire mon désespoir. Mais comme toujours, je répète aussi que je n’ai pas abandonné. Encore un peu, j’attends, je vais voir. Je vais essayer. Puis, comme c’est également souvent le cas, je toque à la porte de mon confident pour ce genre de choses. J’interroge, je chouine aussi. « Mais quoi c’est possible ? Comment dois-je faire ? Tout va-t-il s’arrêter ? », et lui de dire que non, que c’est passager, que c’est une épreuve. Et moi de chouiner encore plus, que ça va bientôt faire un an, que c’est très long, que je ne supporte plus le vide. Que je me sens terriblement vaine, et indigne ; d’avoir certains rôles, certains « titres ». Que plus rien ne se canalise entre mes mains, que je n’ai plus « de jus » pour faire x ou y. L’inspiration n’est pas là. Rien n’est comme avant. Et puis, bon, je me dis, essayons autre chose encore.

Je voudrais y passer du temps. Pas non plus des heures hein, je veux dire, simplement faire symboliquement de la place dans mon quotidien, plus que ça n’était le cas depuis quelques temps – car malheureusement, pendant plusieurs mois j’étais encore pas mal dans l’espoir que ça roule, offrandes régulières, méditations, etc, mais avec l’absence de résultats, je n’ai pas persévéré. Du coup, j’aimerais reprendre les prières. Au moment des sessions de travail, le soir surtout, peut-être le matin, à voir. Brûler des bougies, reprendre les offrandes « au bol » (soit glisser des choses dans le bol régulièrement, soit commencer par un liquide). Remettre de l’énergie, cette énergie, dans mon environnement. Donner surtout. Montrer que c’est important. Faire sans retour.

Puis, il y a quelque chose qui m’a fait tiquer. Une chose à la con, vraiment, que j’ai laissé de côté pour de multiples raisons rationnelles. Ca ne devrait pas être un secret pour certains qui m’ont suivi ici et là, sur Facebook, sur mon blog créatif, et autres, je suis complètement férue de papier, de crayons, de plumes, d’encres etc. C’est mon dada. Malgré le fait que j’ai effectuée ma « transition technologique », autant au niveau personnel qu’au niveau du travail (j’y étais bien obligée), je garde toujours cette passion des carnets, des journaux et de l’écriture. Un beau papier, une belle texture, l’encre qui s’écoule, le stylo qui glisse, c’est toujours un moment privilégié. Or en rentrant plusieurs fois je suis repassée devant cette boutique-librairie-papeterie qui propose milles carnets, stylos, et, à ma grande surprise, un petit rayon calligraphie. Et les encres m’ont fait chavirer. Je n’ai pas emporter de quoi faire mon encre de chine dans la valise, trop lourd et trop fragile. Je me suis contente d’un stylo plume à réservoir qui m’a été offert. J’ai vu les encres et puis… je ne sais pas. Je suppose que mon amour des couleurs, mon fonctionnement vibratoire, comme quand je dessine, peins, crayonne des mandalas, c’est mis en route. Le plaisir d’écrire avec une belle encre, ah, ça n’a pas de pareil. D’adapter son encre à son but (selon le type de lettre, de carte, de papier, de destinataire…). Puis, j’ai tenté de me raisonner : « tu dois faire attention à ton budget » ; « est-ce que c’est une décompensation financière ? » ; « tu ne vas pas encore accumuler quelque chose » ; « vas-tu vraiment t’en servir ou est-ce qu’au bout d’une semaine ça va rester dans un tiroir pour ne plus en sortir? » ; « les prix des produits de calligraphie ont l’air bien plus chers qu’en France, méfie-toi » ; « regardes-donc le prix avant sur internet, je suis sûre que c’est plus cher parce que produit importé » (bingo, c’est le double!) ; « repars sans, et tu verras si l’impression te reste avec le temps » ; (lors de la deuxième visite) « repars encore sans, teste-toi sur une plus longue durée » ; etc etc…. la liste est longue. J’ai mis du temps, j’ai regardé toutes les couleurs, je me suis demandée, si je ne devais en avoir qu’une seule ? laquelle ? Très difficile de choisir avec moi comme toujours, car je voyais déjà cents utilisations, cents projets… Puis j’ai réduit, progressivement, une en moins à chaque fois. Je me suis arrêtée sur 4 couleurs, chaque pour une raison différente, et je ne pense pas que ça soit absurde. Puis j’ai réduit encore. « Là maintenant, qu’est-ce que tu voudrais faire ? Qu’est-ce que ça t’inspire ? » Et puis…. j’ai osé me formuler cette pensée sous-jacente qui était là depuis le début. « Je veux une couleur de terre… Je veux une couleur qui me rappelle d’où je viens, ce que je suis. Je veux une couleur…. qui me rappelle Elle. »

Alors la troisième fois, je me suis dit, « puisque ça vaut le double, c’est vraiment dommage, c’est quelque chose de spécial que tu t’offres, tu devras en faire bon usage. Tu devras être volontaire, tu devras le mettre à profit ». Et puis, ben, j’ai repensé à la façon dont je fonctionne. L’écriture, toujours. D’où les blogs, les sites. D’où les 3 projets d’ouvrage. Et puis mes journaux personnels. J’aimerais bien essayer de lui écrire de nouveau. Ecrire des lettres peut-être, le soir, pour lui parler, pour prier, à voir selon ce que je ressens, ce que j’imagine. Ecrire, peut-être, pour s’exalter, pour se donner du courage, pour retrouver l’inspiration. Ecrire peut-être les pièces manquantes du recueil à son nom qui est dans un tiroir. Peut-être même juste recopier des prières écrites par le passé, en m’appliquant. Les glisser dans mes livres ? Dans mes poches ? Ou publier de nouvelles choses ici ?

Pour l’instant je n’ai aucune idée de là où ça mènera. Mais je vais essayer ; encore. Je nous dois bien ça. J’aimerais parvenir à remplir ce gouffre qui nous sépare. Le vide et le manque sont trop présents, on verra si ma dévotion peut en combler une partie. Je dois apprendre à redécouvrir d’autres façons de relationner. Je dois trouver un pont.

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer


For All Those Who Wander

Puisque je n’arrive pas à écrire l’article qui est en cours depuis deux semaines et qui me hante, voici une prière à la place. Note : je l’ai envoyée aux USA au Temple dressé par les prêtres du Coru pour la Morrigan. Elle y sera lu accompagnée d’un texte qui comprend notamment un mot pour les croyants français, et les followers de l’Antre (que je peux déjà un peu mieux identifier pour cibler l’énergie). Navrée pour l’anglais une fois de plus, mais c’est ma langue d’écriture sacrée.

For All Those who wander are not lost
We are still waiting for signs on the road
Giving us a sense of where we are
And where we might go

Where is the Queen now?
We don’t know
She’s nowhere to be seen

We may feel like strangers on our own soil
Strangers in our own life
Some of us have changed land
Crossed an ocean
And we feel misplaced, unaligned
In a way different than before

Where are You, O Queen
Whom we adore or fear
But desperately need
Like beacon?

How can we move forward
When we cannot recognize ways
To navigate the dark?

Please, we ask of You for advice
How do we find back some meaning?
How can we know that your aren’t far
When we can’t feel You?

– 12/02/2016. Valiel


It’s Been a Long Time

How have you been my children?
What are you doing?
Scattered to the wind you are
Busy busy lost in the day’s work

How have you been my children?
How much time has it been
Since you last stopped your pace & looked around?
When was the last time
You put your feet
In the mud or dirt or sand?

Do you still hear those murmurs in the wind?
Do you even listen?
Where are my crows
That used to circle around?
Where are the offerings
For the sprites?

I wonder now
Where are your roots?
Where is your center?
Can you still feel your soul?

How have you been my children?

It’s been a long time
It’s time to kindle the embers

 

. Valiel . 29/01/2016


Une nouvelle année… difficile.

Les mots sont extrêmement difficiles à trouver. Toujours une question de recul et de nuances à avoir. Ne pas céder au flux de chaos.

J’enrage car au fond de mes tripes, je souhaiterais être avec vous. J’allais poster, je le voulais, un petit article pour la nouvelle année. Je n’ai pas annoncé l’anniversaire de l’Antre début septembre, j’étais en plein éclatement émotionnel à faire une transition physique et mentale, en pleine émigration. Personne n’y a pensé, personne n’était là pour me le rappeler, et quand je me suis rendue compte que la date était passée, que je n’avais pas eu l’énergie, pas le temps, pas un mot… j’étais triste. Et puis le temps a continué de passer. Et puis nous avons passé la nouvelle année également. Et les énergies de 2015-2016 ? Elles sont clairement « eerie », « weird », « twisted » tous les mots  que je peux trouver pour « étranges » et « tordues ». Si je ne devais retenir qu’une chose, pour l’anniversaire du sanctuaire, en fait, c’est de la gratitude. Vous êtes toujours extrêmement silencieux et parfois je suis triste que nous n’ayons pas plus d’échanges. Le forum n’a pas pris, le groupe FB est relativement discret, les commentaires ici sont rares. Mais nous avons quelques habitués qui osent montrer leur visage et qui commentent régulièrement. J’ai aussi de beaux échanges privés quand vous osez me raconter vos expériences ou me poser des questions. A travers vous je rencontre d’autres facettes de Morrigan, et parfois mêmes vous venez me donner une clé pour mon propre chemin. Ce que j’apprécie de plus en plus sur le sanctuaire, c’est cette multiplicité. J’aimerais sincèrement que l’antre soit plus incarnée, plus peuplée, plus vivante… Mais elle ira à son rythme. De même, j’ai été un peu déçue de n’avoir qu’aussi peu de réponses pour la proposition d’une anthologie pour Morrigan, car je ne peux pas faire un tel livre seule, sinon le terme « d’anthologie » n’a plus de sens… Mais peut-être que vous auriez eu besoin qu’on vous rappelle, relance, qu’on vous pousse. Peut-être qu’il aurait fallu porter le message dans d’autres sphères. Peut-être que le moment n’était pas le bon ? Peut-être que j’ai besoin de plus de temps, oh ça c’est certain, je suis dans un état trop critique. Quoiqu’il en soit, mois après mois, vous êtes toujours là, à poster sur le groupe Facebook, à lire, liker de temps à autre, commenter parfois. Et j’apprécie sincèrement votre présence et les échanges que nous avons.

Aujourd’hui je me rends compte que ces échanges me manquent, et vos présences. Avec ces événements dramatiques, je réalise qu’aujourd’hui, l’état dans lequel je suis, même s’il est très mauvais, fatigué, brisé pour bien d’autres raisons que ces attentats, dans ces circonstances malgré tout la pulsion est forte : j’aurais souhaité pouvoir rencontrer tous les gens qui lisent et commentent ici. Je souhaiterais découvrir ceux qui passent mais qui ne se sont jamais signalés. Je voudrais être avec cette micro-« communauté » qui tourne autour de l’Antre avec le temps, ces gens qui partagent leurs témoignages, leurs textes, leurs trouvailles, qui m’écrivent des mails magnifiques, qui me transmettent aussi des enseignements… Et j’aimerais tendre la main vers d’autres qui dans ces circonstances se sentent touchés par la Terre et la Morrigan. J’aurais aimé être incarnée pour une fois. J’aurais aimé franchir la barrière du physique, me déplacer, vous rencontrer, nous soutenir. Si j’avais été en région parisienne dans ma demeure, j’aurais ouverte les portes de ma maison pour d’autres, je vous aurais emmenés sur la Terre pour sentir, je vous aurais fait écouter et percevoir, et je vous aurais invité à ritualiser avec moi. J’aurais aimé qu’ensemble nous la fassions venir, j’aurais aimé que l’on prie, que l’on chante, que l’on danse, que l’on hurle à la lune. Que l’on réveille nos ventres et nos racines, que l’on appelle les énergies du Guerrier, de la Souveraineté et de la Justice. Mais je ne peux pas. J’ai traversé l’Atlantique, je suis sur une autre Terre, complètement à l’envers dans mon corps et dans mon esprit.

Je ne peux pas… mais je brûle à l’intérieur, et je La sens qui brûle et qui me pousse. Tout ce que je peux faire, c’est tenter de méditer, de prendre du recul, de trouver de la clarté, et tenter de la sentir Elle.

Quelque soit l’aspect que cela prend, la durée, ses multiples formes, le monde est en guerre. Regardons autour de nous. Nous sommes au beau milieu d’une crise environnementale sans précédent, commencée il y a déjà 10 ans, fomentée par des multinationales néo-capitalistes-ultra-libérales qui cherchent à tout prix le profit, en brisant des régions entière (sables bitumineux au Canada, régions forestières et minières ethniques en Inde…), en déchirant la terre, en expulsant voire en exterminant des populations (en détruisant leur terre, leur mode de vie…), en déversant tous ses polluants derrière elles, et puis en changeant de pays comme si de rien n’était sans réparer et sans être responsable. Sans payer le prix. Il est encore temps de limiter les dégâts, mais beaucoup des quotas irréversibles ont été dépassés déjà, la seule solution serait de stopper intégralement l’extraction de certaines ressources du sol (je vous invite à vous renseigner sur les travaux de Naomi Klein, « This Changes Everything », qui est un livre, et pour ceux qui préfèrent l’interactif, à vous procurer le rare documentaire qui en est sorti). Nous sommes en pleine crise politique où nous ne nous retrouvons plus dans la représentation des « partis », où les extrémismes de tout bord montent, où le gouvernement est lié à la finance et aux entreprises, … Nous sommes méfiants, colériques, et nous n’arrivons plus à dialoguer les uns avec les autres ; nous jugeons très vite, sur une apparence extérieure, sur des amalgames etc, en mettant toujours au premier plan la différence comme une barrière infranchissable. Si nous observons une carte du monde les conflits sur partout, avec une technique et une violence extrêmes.

Alors aujourd’hui, ce qui change, c’est que notre pays qu’est la France sent progresser sur son propre territoire ce qui avait toujours été maintenu à l’extérieur. Et le discours grossier des médias renforce les fantasmes au lieu d’éduquer. Aujourd’hui la crise économique stagne, et notre place de « leader » dans cette structure artificielle (terme purement factuel) et fragile qu’est l’Europe (UE) est remise en question. Nous avons vu nos voisins chuter, l’Espagne, la Grèce, nous avons vu les gens migrer pour venir chez nous, travailler, survivre, et puis d’un coup, nous nous sommes demandés si nous aussi nous allions devenir « comme la Grèce ». Il y a toujours eu des migrants, c’est un phénomène mondial et extrêmement ancien, mais les raisons des ces migrations ? Elles ont évolué. Elles sont complexes, multiples, y compris dans ce flot de migrants énorme venu de l’Est, entré en Europe, nous ne savons pas qui est qui. Ca me laisse d’ailleurs bêtement la sensation amère que les journalistes ne font pas leur travail. Qui sont ces gens ? D’où viennent-ils ? Combien étaient-ils ? Hommes ? Femmes ? Enfants ? Quels moyens ? Il y a en réalité de nombreuses tendances qui s’opposent, des gens perdus, qui voulaient juste survivre, et qui se sont arrêtés en Europe de l’Est, d’autres qui veulent aller le plus loin possible, d’autres qui ont eu des comportements violemment choquants (jeter de l’eau et de la nourriture offerte par des populations locales). Mais comme il est difficile de ne pas faire d’amalgames, de ne pas dire que tous sont comme ceci, que tous ont eu tels comportements, que tous ont les mêmes raisons cachées…

Aujourd’hui notre privilège d’occidentaux protégés s’effondre. Il nous arrive effectivement un « petit » « 11 septembre » à la française, et alors tout d’un coup nous sommes glacés. Nous ne voyons plus des tours s’effondrer sur un écran de l’autre côté de l’océan. Nous voyons notre capitale, nos concitoyens, nos amis, des amis des amis, à la télévision, meurtris. Chez nous. Les conflits du Moyen Orient importés à domicile, à la maison. Et nous savons, tous, que ça n’est pas fini. De la même façon que nous savions que les événements de janvier derniers n’étaient que les premiers, qu’ils marquaient une ouverture. C’est ça le monde dans lequel nous vivons, dans lequel vos enfants vivent ou vont vivre.

Ce que je ressens contre toute attente, de la part de Morrigan, de cette ombre dans mes tripes et qui planent sur mes épaules ? Du calme… Alors oui, ça gronde ; je ressens un tremblement sous mes pieds et dans mon être, dans mes fondations, ma structure, comme avant les grands événements. Mais…. il n’y a pas de cris, pas de griffes, de déchaînement, de violence. Seulement une colère immense – et sourde. Je serre les dents et les poings, et je sens dans mon être qu’il s’agit d’attendre. L’impression que j’en ai, c’est cette posture ancrée sur une branche, les griffes serrées, le regard extrêmement acéré. La vision pointue, tranchante, qui transperce l’horizon, les nuages, les distances. Le moment n’est pas venu d’agir encore, d’agir pour résoudre la crise elle-même en tout cas. Mais tous les muscles du corps sont attente, en tension ou pré-tension, chauffés à blanc, pour pouvoir frapper, foudroyer, quand le moment sera venu. Ce que je sens à la place, c’est une oraison, une litanie, un appel au sang froid.  Déchirant dans sa supplique, ce cri pour le rationnel au milieu d’un bain d’émotion… Voir plus grand, plus loin, s’ancrer dans la dignité.

14/11/2015 – 1h30.

« You will not despair
You will not fear
You wil keep a cool head
And you wil look for the signs
Because these are the conditions for actions
The past is done
Only the present remains
And if you wish for a future to exist
You need to cherish it and protect it.

There will and need be a moment for mourning
Expressing grief and anger
So are times for gathering together
But fear & panick & yelling
Will not be useful

It is time for taking a step back & thinking
It is time for finding solutions in the everyday

He or she who starts raging
Who starts rushing
Yelling, shouting, fighting
Will not find the truth in his or her heart
Will not reach the truth of the matter
Will not act where it needs be
Will not act in fairness

Feel for the Earth and the Dirt beneath your feet
For you will need to be balanced and grounded. »

Quelques sensations et idées ? 

Tout ce que j’arrive à grappiller à travers les filtres nombreux sont des sensations floues et éparses. Les choses qui pourraient nous aider, nous faire du bien, sont des pratique qui ancrent.

  • Marcher pieds nus sur la terre, fouler le sol, méditer en marchant ;
  • S’enterrer les pieds nus dans la terre (ou le sable) et méditer ;
  • Travailler avec un arbre, après offrande, s’il l’accepte. S’assoir au pied, s’appuyer contre le tronc, s’aligner avec lui, méditer ;
  • Bouger le corps, prendre des postures, danser, s’oxygéner et être vraiment bien conscient de son schéma corporel, s’ancrer dans le corps ; Ce type de chanson rythmé au thème « primordial » peut être utile ;
  • Dépolluer une forêt ou un parc, ramasser les ordures que nous croisons ;
  • Laisser des offrandes (éthiques) aux carrefours des forêts, dans les sous-bois (en se renseignant bien les matières utilisées, les choses toxiques pour certains oiseaux, animaux etc) ;
  • Cette prière guerrière d’équilibre de Brennos peut-être utile ;
  • Cette prière du jour de Caitlin Darkmoon pourra vous parler ;
  • Aménagez-vous un espace sacré dans le jardin pour vous y pratiquer des méditations et des ancrages avec la Terre ;
  • Si vous n’avez pas de jardin, aménagez-vous un nouvel autel à la Terre ; apportez de la terre d’un lieu qui vous est cher dans un bol ; placez des attributs de la Morrigan et/ou d’autres Dieux de la Terre qui vous sont accessibles ; etc. Recueillez-vous y le matin au lever, le soir au coucher 5 minutes, pour prier, méditer, songer, déposer une offrande ;

Si j’avais été sur place avec mes proches, et avec ceux qui l’auraient voulu, je pense que j’aurais emmené marcher les gens, dans la forêt, sur les collines. Longuement, en silence, et si possible pieds nus. Pour sentir, écouter. Ensuite nous aurions demandé l’accueil sur un lieu pour ouvrir les Portes Sacrées et communier avec les Esprits proches de notre monde et avec la Terre. Nous aurions appelés les ancêtres qui le voulaient pour des conseils. Nous aurions demandé aux Dieux des signes. Nous aurions respiré, crié, chanté, dansé, pour descendre en nous, dans notre Intime, pour s’y connecter et retrouver notre alignement et notre force. Nous aurions communié ensemble, dansé, chanté, prié, nous aurions peint nos visages et nos corps pour marquer ce passage et nous aurions demander quête de vision pour les événements à venir. Nous aurions médité ensemble, raconter les contes d’antan, et cherché des idées pour le quotidien, et les mois à venir. Nous aurions médité sur la paix, la guerre et surtout la Justice. Nous aurions médité sur la Terre. Nous aurions allumé des veilleuses, chanté pour les morts, prié pour leur paix et leur passage, nous aurions dressé un cairn. Et nous aurions réfléchi ensemble à ce que veut dire être humain, et comment agir, soi-même, au quotidien. Qu’est-ce qu’une valeur, et comment respecter sa cohérence, comment l’agir au quotidien.

Faire ce qui est juste est rarement facile. Prendre du recul quand on est bouleversé d’émotion est rarement facile. Mais c’est ce dont nous avons besoin. De reculer, de faire silence, de réfléchir, et de remettre en question. De trouver comment agir. Et pendant ce temps, nourrir les liens profond de solidarité avec nos proches, nos connaissances, nos membres de clan. Réfléchir à l’être ensemble, à construire.

For She breathes heavily over my shoulder, and over the shoulder of every devotee :

« Réveillez-vous ».


Avancer sur la voie spirituelle vs être « avancé » spirituellement

J’ai trouvé une citation qui résume parfaitement les questionnements, doutes, rejets que j’ai eus par le passé au sujet de la prêtrise, de la voie guerrière et du cheminement spirituel il y a quelques années. La raison pour laquelle j’ai longtemps refusé ces signes, ces pistes qui m’étaient envoyés, ces demandes qui m’ont été faites, cette voie naturelle qui se présentait à moi. Probablement aussi à cause d’un système éducatif européen, non pardon, français, qui a longtemps placé l’enseignant sur un piédestal dans l’inconscient collectif (probablement à cause des débuts de la IIIe République). L’enseignant possède un rôle fondamental, mais on en rencontre malheureusement beaucoup « d’anciens » qui sont devenus très sûrs d’eux et rigides, et qui s’adaptent peu aux profils variés des jeunes, qui se remettent peu en question. — Attention, qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit, je ne suis pas ici pour lancer un débat sur les enseignants, qui sont d’ailleurs depuis très mal vus. Peut-être qu’il y en a une minorité de professeurs rigides et bougons, autoritaires. Je parle ici uniquement de la vision qui se trouve inconsciemment dans beaucoup de têtes, et qui fut la mienne étant jeune, que l’enseignant est « au-dessus » et qu’il a probablement toujours raison. Du coup, malgré mes expériences ultérieures qui m’ont fait rencontrer des professeurs forts intéressants, humbles, qui n’avaient pas de honte à dire « je ne sais pas », cette vision s’est facilement étendue à d’autres types d’enseignements, d’ateliers (y compris créatifs…) où la personne qui guide doit nécessairement tout savoir à fond, et ne faire aucune erreur. Etrange reflet de perfection que je sais ne pas exister, mais qui revient toujours à l’assaut de l’esprit quand on n’y prête pas attention ! Je me suis longuement battue contre, pour prendre du recul. Malheureseument, le phénomène de « gouru », bien répandu dans le milieu ésotérique et spirituel, n’a pas aidé. Même si je ne parle pas nécessairement du gouru perverti qui cherche à mettre les gens sous sa dépendance pour l’argent ; non, je parle simplement de la tendance à penser avoir la grande vérité. Tout le monde n’est pas comme ça et heureusement, mais certaines personnes, derrière leur écran ou en face de moi, étaient trop promptes à asséner leurs  « grandes » expériences sur les plus jeunes ou plus débutants (puisque ça n’est pas qu’une question d’âge). On devait rester poser là, écouter, et dire oui à tout parce que l’on n’avait pas l’expérience nécessaire (on était jugé comme tel). Bref.

Quoiqu’il en soit, nous nous battons au quotidien. Contre nous-mêmes. Pour être conscients, lucides, et apprendre le détachement ; juger moins. C’est très difficile. Ce que j’ai appris avec le temps, compris, vraiment observé et intégré, notamment au contact d’amis, d’autres praticiens, de druidisants (qui ont une fonction sacerdotale bien identifiée dans leur tradition cadrée), et autres, c’est que nous devons garder à l’esprit que nous sommes perpétuellement étudiants. Alors oui, elle est évidente cette phrase, on la connaît depuis longtemps en fait. Mais je me suis rendue compte qu’il y avait un décalage énorme entre la connaître et la vivre. C’était le garde-fou que je cherchais, pour clarifier ces histoires de légitimité, d’ego, etc. Intégrer que je peux effectivement avoir prêté un serment, porter un titre, avoir des devoirs, sans pour autant être parfaite, sans pour autant avoir 60 ans, sans pour autant être un imposteur. Parce que je ne prétends rien. Parce que j’ai passé du temps, j’ai vu, testé, appris, mais que je continue de le faire. C’est « juste » un bagage qui se construit, dans des domaines spécifiques, et mis en oeuvre pour moi et autrui dans des buts spécifiques. Il ne s’agit aucunement d’être « avancé » spirituellement. Tant que nous ne reculons pas, nous avançons tous, perpétuellement. Nous ne sommes tous que des cheminants. Avec plus ou moins de volonté d’engagement, d’implication, de serments prêtés, aux hommes, aux Esprits, aux Dieux, de responsabilité, et ainsi de suite.

Voici donc la citation, qui résume tout ça :

« I do not pretend to be enlightened, spiritually advanced, or complete in my learning. I consider myself a determined Warrior and a sassy Goddess, a fabulous work in progress. I’m a woman, like you, learning, growing, laughing, and crying. I make mistakes. I step on people’s toes. I get caught in fear and self-doubt. I still take things personally. Sometimes I feel invicible, sometimes I feel fragile and vulnerable. I honor and cherish all these parts of myself – even the ones I don’t like so much. »

—- Warrior Goddess Training (xxi), Heatherash Amara

Ma traduction en français :

« Je ne prétends pas être plus éclairée, spirituellement avancée, ni avoir achevé mon apprentissage. Je me considère comme une guerrière déterminée, une déesse fougueuse, un fabuleux ouvrage en cours de développement. Je suis une femme, comme vous, qui apprend, grandit, rit, et pleure. Je fais des erreurs. Je marche sur les plates-bandes des autres. Je me fais piéger par la peur et le doute. Je prends encore les choses personnellement. Parfois je me sens invincible, parfois je me sens fragile et vulnérable. J’honore et chéris toutes ses parties de moi, même celles que je n’aime pas trop. «